LATITUDE
la limite inférieure
moyenne
des
des neiges
de la plaine.
OBSER V ATEUBS.
perpétuelles.
4800 met.
27 d. » centig. |
Bouguer.
La Condaminc.
Humboldt.
Humboldt.
Saussure.
Ramond.
Buch.
Ohlsen.
Vctlafsen.
Hygiène.
130 HYGIENE
M. Humboldt fait remarquer qu’on ne doit pas confondre la limite inférieure des neiges éternelles avec celle de la congélation; que cette limite, au lieu d’être à zéro dans les différentes zones du globe , est à 1 d. 6 au-dessus de zéro dans la zone torride , et qu'elle est au contraire à plusieurs degrés au-dessous , d ans les régions boréales.
2° Dans les zones tempérées ou froides, l’inclinaison des terrains, suivant qu’elle est dirigée vers l’équateur ou vers les pôles, influe sur la température atmosphérique. En effet, on conçoit que, dans le premier cas, les rayons solaires, frappant la terre beaucoup plus obliquement, l’échauffent beaucoup moins que dans le second. C’est par cette raison qu’en Europe les revers septentrionaux des montagnes, et par conséquent tous les pays situés dans des plans très-inclinés au nord, sont, toutes choses égales, plus froids que ceux qui présententtoute autre exposition. Il résulte de là, dans les contrées montagneuses, des différences remarquables de température à de très-faibles distances, comme on l’observe en comparant le froid stérile de la Savoie avec la chaleur fécondante du Piémont.
3° Les vents font varier souvent d’une manière remarquable la température atmosphérique : tels sont le siroco et la tramontane , qui appartiennent à toute la côte de la Méditerranée : le premier est le sud-est, qui porte avec lui une chaleur accablante ; la Iramonlane est le nord-eslf qui amène des froids piquants. Tel est aussi le vent d’est, qui règne pendant presque toute l’année entre les tropiques, et qui est extrêmement chaud en Afrique. La température des côtes occidentales de l’Afrique est plus élevée, sous la même latitude , que celle des côtes orientales, parce que celles-ci reçoivent ce vent immédiatement de la mer, tandis que les côtes occidentales ne l’éprouvent que quand il a traversé une grande étendue de terres. La partie septentrionale de l’Afrique, qui n’est terminée à l’est que par un golfe très étroit et peu capable d’influer sur la nature de ce vent, le reçoit comme immédiatement de l’Arabie, pays vaste, aride et brûlant. Aussi cette portion de l’Afrique est-elle ]a plus chaude et la plus ardente : c’est elle qui contient la Nubie, la Nigritic, le Sarah et le Sénégal.
4° Les pierres et les sables ayant moins de capacité pour le calorique que la terre
végétale , c’est-à-dire en ayant besoin d une moindre quantité pour s’élever à une même température, ils s’échauffent ou se refroidissent plus promptement.
Thomson, dans son Système de Chimie, indique celle circonstance comme contribuant à produire la chaleur violente de l’Arabie et de l’Afrique, et le froid intense de la Terre de Feu.
5° Une autre cause connue de l’inégalité de température des lieux situés sous la même latitude, est le voisinage des volcans; mais la véritable source de celle inégalité échappe quelquefois à nos recherches. Dans le nord de l’Europe , par exemple, la température douce, commune aux côtes occidentales de la Norxvége, aux îles Orcades, aux îles deSclietland et à celles de Ferroé, a été attribuée aux volcans, dont on suppose l’existence sous la mer de celle latitude. Mais s’il en est ainsi, pourquoi cette température ne s’étend-elle pas jusqu’à l’Islande, qui donne issue au volcan de l’Hécla, le seul connu de ces contrées , et qui cependant n’est pas d’un degré plus septentrional que la plus septentrionale des îles de Ferroé ? Atlribuera-t-on cela au voisinage du Groenland et aux glaces flottantes qui s’en détachent? Mais pourquoi la température est-elle si rigoureuse sur la côte méridionale de cette même île, qui se trouve presque dons le même parallèle que les îles de Ferroé, et vers laquelle est situé le volcan del’Hécla? li n’est pas encore de moyen d’expliquer ces phénomènes.
§ II. P roprie'le conductrice du calorique, considérée dans l'air. — L’air a été regardé, pendant long-teinps, comme présentant à un très-haut degré la faculté de transmettre le calorique d’un corps à un autre. M. le comte de Rumford a prouvé que celte faculté n’existe dans l’air qu’en raison de la grande mobilité de scs particules ; que celles-ci , au lieu de se communiquer le calorique les unes aux autres pour le transmettre, par voie de contiguilé, au corps qu’elles doivent échauffer, viennent isolément, et chacune à leur tour, à la surface de ce corps, et lui cèdent une partie de leur calorique. L’expérience par laquelle M. de Rumford élablit ce fait consiste à saturer l’humidité de l’air chaud contenu dans un vase de verre cylindrique, et à plonger cc vase, après l’avoir bien bouché, dans de l’eau a zéro; on voit la vapeur qui saturait l’air chaud se déposer successivement du haut en bas des
nïGlÈNE.1 J 31
parois du vase, et non pas en même temps sur tous les points de ces parois, comme ou l’observerait si la transmission du calorique avait lieu d’une particule de l’air à l’autre. Voici donc ce qui arrive dans celle expérience : à mesure que les particules d’air, immédiatement en contact avec les parois du vase , se refroidissent, clics deviennent spécifiquement plus pesantes, et prennent la place de celles qui occupaient le fond; cellesci gagnent successivement la partie supérieure , où elles se refroidissent à leur tour, et ce mouvement continuera jusqu’au rétablissement complet de l’équilibre.
Ce qui prouve encore que l’air doit sa faculté conductrice du calorique à la grande mobilité de ses particules , c’est que lorsqu’il est dans une stagnation , pour ainsi dire absolue , il est un des plus mauvais conducteurs du calorique.
C’est oc qu’on observe, ainsi que l’a démontré M. de Rumford, quand l’air se trouvé disséminé dans les interstices de certains tissus très-porreux et trèslégers , tels que la soie écrue , l’ouate , l'édredon. Il paraît, en effet, que ces substances contractent avec les particules de l'air une espèce d’adhésion qui, les empêchant de se mouvoir librement les unes sur les autres, enlève à ce fluide sa faculté conductrice. Pour procéder à ces expériences, M. de Rumfort suspendait un thermomètre dans le centre d’un tube de verre, terminé par un globe , dont le milieu était occupé par la boule du thermomètre. L’espace compris entre la surface interne du globe et la surface externe de la boule du thermomètre contenait de l’air, tantôt libre, tantôt mêlé avec un des tissus que nous venons de citer. — On conçoit que l’air, même dans l’état de stagnation la plus parfaite, n’est mauvais conducteur du calorique qu’autant qu’il est sec. L’eau, tant à l’état liquide qu’à celui de vapeurs, transmettant très-bien le calorique, augmente la propriété conductrice de l’air qu’elle imprègne. Ainsi, l’air chargé d'humidité transmet très-bien son calorique aux autres corps, ou leur enlève ce fluide, suivant que sa température est plus ou moins élevée que celle de ccs corps.
ARTICLE II. — DR l’hüMIDITÉ ET I)E LA SÉ- CHERESSE DE L’AIR.
Les masses d eau , tant stagnantes que courantes, qui recouvrent diverses par-
ties du globe terrestre, subissent une évaporation continuelle sur tous les points de leur surface, et la vapeur qui en résulte s'élève dans l’atmosphère, qui en devient comme le réservoir, et qui la dissout comme un gaz dissout un autre gaz. Celle évaporation a lieu dans les temps froids comme dans les temps chauds; mais elle est en proportion de la température atmosphérique ; et l’art, pour satisfaire les besoins de l’homme, l’accélère tous les jours, dans des espaces plus oil moins circonscrits, soit par l’action de la chaleur, soit en multipliant les points de contact du liquide avec l’air. — L’évaporation qui a lieu à la température de l’atmosphère se fait d’une manière insensible, et ne devient manifeste à nos yeux que par la diminution du liquide.
Celle qui s’opère par l’action du feu produisant, dans un temps donné, une quantité de vapeur plus considérable que celle que l’air ambiant peut contenir à l’état de fluide élastique, la partie qui est en excès subit un refroidissement qui la condense et la rend visible ; mais cette condensation n’étant pas suffisante pour rendre la vapeur plus pesanle que l’air, elle continue à s’élever dans les couches supérieures de l’atmosphère, où elle disparaît entièrement.
Nous devons au célèbre Leroi , de Montpellier, des expériences très-intéressantes relativement aux différents états de l’eau atmosphérique : mais l’air ne dissout pas l’eau, comme le croyait ce savant, de la même manière et avec les mêmes circonstances que l’eau dissout les sels; car, s’il en était ainsi, la faculté dissolvante de l’air augmenterait avec sa densité , et il est prouvé par les expériences de Saussure que, dans un espace et à un degré de température déterminés, il se toime constamment la meme quantité de vapeurs, soit que cet espace se trouve occupé par un air plus ou moins dense ou par un gaz quelconque, soit qu’on y ait fait le vide. La vapeur qui résulte de l’ébullition de l’eau à l'air libre ne diffère nullement de celle qui se forme à une température inférieure ; toujours elle est le résultat de la forcé expansible du calorique : c’est de l’eau réduite à l’état gazeux par sa combinaison avec ce principe. Mais nous croyons devoir admettre dans l’air, avec M. Rerthollet et plusieurs autres chimistes la faculté de dissoudre une plus ou moins grande quantité de cette eau gazeuse. La théorie de Leroi aiusi modifiée, rappelons
HYGIÈNE
les principaux faits connus relativement aux différents étals de l’euu atmosphérique, surtout depuis les expériences de Leroi et de Saussure. — La faculté dissolvante de l’air augmente avec sa température; elle augmente aussi par le mouvement de ce fluide. —L’humidité de l’air étant la présence sensible de l’eau dans ce fluide, l’air peut contenir une assez grande quantité d’eau sans être humide.
En effet, ce n’est point la quantité d’eau qu’un air contient , mais seulement la proportion de cette quantité avec la faculté dissolvante de l’air qui le constitue humide ou sec. Ainsi, un air chaud, dont la faculté dissolvante surpasse le degré de saturation, ou le degré de chaleur nécessaire à la dissolution de l’eau qu’il renferme , marque la sécheresse à l’hygromètre, quoiqu’il contienne plus d’eau qu’un air moins élevé en température. — Tant que l’eau atmosphérique n’excède pas la capacité de saturation de l’air, elle n’est pas visible; mais si , par la diminution de la température, ou quelque autre cause inconnue, la quantité de vapeur vient à surpasser la capacité de saturation de l’air, ces vapeurs se condensent, et, suivant leur degré de condensation, elles reprennent l’état liquide, et se précipitent, ou restent suspendues dans l'air sous la forme de brouillards ou de nuages. — L’observation journalière, d’accord avec ce qui précède, démontre trois modifications remarquables de l’air atmosphérique, relativement à sa sécheresse et à son humidité :
1° Souvent, par un temps très-sec à l’hygromètre, dans une température ou douce ou chaude, par un ciel serein, on voit des nuages errants dans l’air à une grande hauteur : si on les fixe , ou les voit diminuer, s’amincir et disparaître ; en mêtné temps l’évaporation des liquides est forte et rapide, et l’air se charge en conséquence d’une grande quantité d’eau. Si cette constitution est durable, elle règne à la fois dans une grande étendue de pays. Dans les contrées où elle persiste une grande partie de l’année, comme eu Italie , en Espagne, et dans nosclimats pendant les années constamment chaudes et sèches, la masse d'eau que l’évaporation fournit à l’air est telle, que le froid de la nuit en précipite une abondante rosée. De là la fraîcheur et l’humidité des nuits qu’on observe dans les pays chauds. L’air est donc alors chargé d’une grande quantité d’eau. Cependant il reste sec, et le thermomètre
annonce une grande pesanteur atmosphérique.
2° Supposons que la constitution sèche cesse, ce qui arrive par quelque changement de température, au moins dans la partie supérieure de l’atmosphère, et quelquefois sans qu’il y ait eu dans l’air aucun mouvement considérable, ce dont on juge par la tranquillité des nuages ; alors tout change; l’air devient humide et en même temps léger au baromètre; l’évaporation des liquides est moins rapide, et si l’air est très-humide, elle est presque nulle. Cependant si la constitution sèche précédente n’a été ni trop longue ni trop extrême ; si le changement du sec à l’humide ne s’est pas fait trop rapidement; si le changement du chaud au froid n’a été ni trop subit ni trop grand , le ciel peut rester serein. Dans cet état donc l’air conserve sa transparence, et cependant il a peu de force dissolvante ; il est humide à l’hygromètre, et léger au baromètre.
3° Pour peu que cela dure', on voit bienlôt des nuages ; et si on les examine dans leur formation, et que l’air soit assez tranquille, on les voit grossir; on en voit se former où il n’y en avait pas ; ils deviennent de plus en plus volumineux, et se prennent en masse ; le temps se couvre, ou bien il arrive un effet encore plus remarquable. L’air étant venu à ce point humide à l’hygromètre, léger au baromètre , d’une transparence moins nette, le soleil se levant sans nuages , et annonçant en apparence un beau jour; quelques heures après sou lever la transparence de l'air diminue sensiblement , et toul-à-coup le ciel se trouve couvert dans toute son étendue, sans qu'aucun vent ait pu contribuer à ce changement.
On voit ici bien clairement l’effet d’une vraie précipitation de l'eau atmosphérique que l’air ne peut plus dissoudre, et celte précipitalidn se fait à la fois dans toute l’étendue de l'atmosphère. Il est a remarquer que , dans cette révolution subite, les degrés de l’hygromètre n’augmentent pas toujours d’une manière sensible. Souvent aussi, le baromètre ne baisse pas plus qu'il n’avait fait jusqu’à ce moment. Ce fait répond bien à l’expérience de Saussure, qui constate que, quand l’air a atteint une fois le degré extrême de son humidité, l’addition d’une nouvelle quantité d’eau, et même la suspension d’eau en vapeurs ne fait pas marquer un degré de plus à l’hygromètre. Voilà donc un troisième étal de l’atmo-
IIVGIKNE.
sphère, où l’air déjà humide et léger, sans devenir plus humide, sans devenir plus léger, devient nébuleux et perd sa transparence.
L’air charge d’une même quantité d'eau peut donc, suivant sa faculté dissolvante, se présenter sous trois états différents. 11 peut être sec et pesant; il peut être humide et léger, sans perdre sa transparence ; enfin il peut être non-seulement humide et léger, mais encore nébuleux.
L’observation de ces trois états établit la liaison des phénomènes de la pesanteur de l’air avec ceux de son humidité, et prouve, ce que les variations du baromètre nous démontrent tous les jours, que, toutes choses égales d’ailleurs, l’air est d’autantplus pesant qu’il est plussec, et d’autant plus léger qu’il est plus humide. — La faculté dissolvante de l’air étant proportionnée à sa température, il en résulte que l’air froid et sec à l’hygromètre est celui qui contient le moins d’eau. Il est aussi le plus dense et celui qui pèse le plus sur le baromètre , tant à cause de sa condensation par le froid, qu’à cause de sa sécheresse. L’évaporation des liquides y est d'autant moins forte que le froid est plus grand ; elle s’y fait cependant en quelque degré , à raison de sa sécheresse , pomme plusieurs observations l’ont constaté. Cet air est celui dans lequel les corps putrescibles se conservent le mieux. — Il résulte encore de 1’iniluencc de la chaleur sur la force dissolvante de l'air, que l’air froid et humide , encore qu’il contienne plus d’eau que l’air froid et sec, peut n’en contenir qu’une petite quantité, parce que sa force dissolvante étant très-faible, presque toute l'eau qu’il contient y esta l'étut libre. Cet air n’est jamais excessivement froid, parce que le froid excessif ne permettrait pas à l’eau qui le rend humide d’y rester. Cet air pèse peu sur le baromètre en raison de l’élat de l’eau qu’il contient; et l’évaporation des liquides, déjà retardée par le froid, y est encore d’autant moindre que l'humidité de cct air est plus grande.
Par la même raison, l’air chaud et sec contient beaucoup d’eau, dont lu totalité est combinée ; et c'est parce que sa capacité de saturation surpasse encore la quantité d’eau qu’il contient, qu’il s’empare de celle de l’hygromètre , et fait marcher cet instrument aux degrés de 1 échelle qui indiquent la sécheresse. Cet air, quoique î.tréfié par la chaleur, pèse beaucoup sur le baromètre, tant à cause
de sa sécheresse qu’à cause de l’étal de combinaison intime dans laquelle se trouve l’eau qu’il contient. L’évaporation des liquides s’y fait avec plus de rapidité que dans toute autre, en raison composée de sa sécheresse et de sa chaleur. — Enfin , par une suite des observations précédentes, l’air chaud et humide à l’hygromètre est celui qui contient au total le plus d’eau. En effet, il en contient au -delà de sa capacité de saturation, qui cependant est très-considérable en raison de sa chaleur. Il semble qu’il devrait être celui de tous qui, toutes choses égales, pèse le moins sur le baromètre, tant à cause de sa raréfaction qu'à cause de la quantité d’eau non combinée qu’il contient. Cependant le baromètre est plus généralement bas par les temps humides de l’hiver, que par les temps humides et chauds de l’été. L’évaporation des liquides se fait dans l’air chaud et humide, en raison de la chaleur; mais ils y forment aisément des nuages ou des vapeurs sensibles. Cet air est celui dans lequel la putréfaction des corps est la plus prompte, parce que les deux principales conditions de celte décomposition s’y trouvent réunies, l’humidité et la chaleur. — Les différents états de l'eau conlenue dans l'air peuvent être à la fois différents, à différentes hauteurs de l’atmosphère, quoique dans les mêmes lieux ; en sorte qu’il arrive souvent que l'air est couvert de nuages, et même pluvieux, sans que l’hygromètre parvienne au degré de l’extrême humidité, et sans que le baromètre soit fort abaissé. C’est ce que l’on comprendra aisément si l’on considère que le refroidissement subit de l’eau à certaines élévations est tel, que non-sculcmcnt l’eau s.e précipite lout-à-coup, mais encore, tout en se précipitant , se congèle en glaçons d’un volume souvent considérable qui forment la grêle, tandis que dans les régions inférieures la chaleur est souvent très-forte et très-accablante.
atiTiclk in. — électricité atmosphérique.
§ Ier. Principes généraux. — Nous croyons devoir d’abord rappeler : 1° que le fluide électrique est répandu dans tous les corps, et qu'ils en contiennent des quantités variables, suivant leur nature ; 2° que le globe terrestre est une source inépuisable de ce fluide, et qu’il est en conséquence désigné sous le nom de réservoir commun, toutes les fois qu’on le
1IVGIÈNE.
fait intervenir clans les phénomènes électriques; 3° cj ne le fluide électrique, d’après la théorie de Symmcr, qui est la plus propre à l’explication de ces phénomènes, est composé de deux fluides, que l’on distingue par les noms de fluide vitre et de fluide résineux , parce que le frottement développe le premier fluide sur les substances vitreuses, et le dernier sur les résines; 4° que ces deux fluides se neutralisent réciproquement, tant qu’ils restent enchaînés dans les corps ; 5° qu’un corps n’est électrisé, c’est-à-dire dans l’état électrique, qu’aulant que son électricité naturelle est décomposée, ou qu’il a reçu d’ailleurs une quantité surabondante de fluide électrique, soit vitré, soit résineux ; G0 que les molécules de chacun des fluides se repoussent naturellement, et qu’elles attirent les molécules de l’autre fluide; de sorte que , si l’on met en contact deux corps animés chacun d’une même quantité d’élec- Irieilé hétérogène , l’équilibre se rétablit ; 7° que l’action de la chaleur favorise le développement de l’électricité ; 8° qu’un corps électrisé, mis en contact avec un autre corps, supposé dans son étal naturel,, lui communique une portion de son électricité ; mais que le temps de ce partage est très-variable , suivant la nature des corps ; 'J° qu’il existe des corps, tels que les métaux , beaucoup de substances animales, tous les liquides , excepté l’huile, qui transmettent facilement l’électricité, et qui ont été appelés bons conducteurs, par opposition à ceux qui, présentant une propriété contraire, ont reçu le nom de mauvais conducteurs, ou de non-conducteurs : tels sont le verre, les résines, la soie, etc; 10° que les non-conducteurs, étant élcctrisables par frottement, ont aussi été appelés idio ■ électriques, c’est-à-dire électriques -par eux-mêmes ; que les conducteurs, n’étant susceptibles de passer à l’état électrique que par communication , ont été appelés anélectriqucs ; 11° qu’un
corps électrisé est dit isolé quand il n’a aucune communication directe avec un corps conducteur.
Ces principes généraux bien conçus, appliquons-les aux phénomènes atmosphériques.
La terre est un corps conducteur.
L’air est un corps non conducteur, et il est d’autant moins conducteur, et par conséquent d’autant plus isolant, qu'il est plus pur. L'eau étant un bon conducteur, sa faculté conductrice se commu-
nique à l’atmosphère qu’elle imprègne.
L’air perd, en conséquence, sa propriété isolante par L’humidité. Il est d’autant moins isolant qu’il est plus chargé d'humidité, au point que, quand il est trèshumide, les phénomènes électriques ne sont plus ou presque plus apparents, parce que les corps conducteurs ne sont plus isolés. — Il en résulte que, dans les temps de brouillards ou dans les temps pluvieux, aucun corps exposé à l’air libre n’est véritablement isolé; et qu’au contraire l’air sec, même lorsqu’il est chaud, et qu’il exerce en conséquence sur l’eau une grande force dissolvante , conserve sa faculté isolante ou non conductrice.
Cependant l’électricité artificielle, quoique forte en été quand le ciel est serein, l’est bien moins en hiver quand il gèle fort et qu’il n’y a pas de nuages. — Les nuages sont donc des corps conducteurs, et, lorsqu’ils sont suspendus dans une atmosphère fort sèche, ils sont des conducteurs très-isolés. — Ainsi trois principaux corps ont part aux phénomènes électriques de l'atmosphère : la terre et les objets qui y sont attachés, qui sont conducteurs; Y air ou Y atmosphère qui environne la terre, qui est un corps non conducteur isolant, et les nuages, qui sont des corps conducteurs isolés. — La terre et l’atmosphère étant emportés par un mouvement commun extrêmement rapide, et ces deux corps étant d’ailleurs mus l’un sur l’autre par une grande variété de mouvements et dans une infinité de directions, n'est-on pas tenté de comparer la terre au frottoir de l’appareil électrique, et l’atmosphère au corps électrique ; et les nuages ne représentent-ils pas les conducteurs isolés de cetappareil? — Outre cela, une alternative perpétuelle de chaleur et de refroidissement complète l’ensemble des causes qui semblent produire l'électricité naturelle. Cependant les causes génératrices de cette électricité sont encore regardées comme un des mystères de la nature. — Les signes de' cette électricité ont été constatés par des milliers d'observations, depuis que Franklin a démontré, en 1752 , que les phénomènes de la fondre et des éclairs n'étaient autre chose que des phénomènes électriques.
§ IL Etat de l'électricité atmosphérique. — Les deux électricités, la vitrée et la résineuse , ou l'état positif et l’état négatif, suivant le langage de Franklin, se rencontrent dans l'atmosphère. — L’atmosphère éprouvée, soit par le cerf-volant
HYGIÈNE
électrique, soit par tout autre instrument dispose à cet effet, se trouve presque toujours dans un état électrique sensible , soit vitré, soit résineux ; et très-rarement elle est dans l'état neutre, ce que Cavallo a observé une fois par un temps chaud, avec très-peu de mouvement dans l’air ; et ce jour-là, le vent étant venu a s’élever et à passer du nord-ouest au nord-est, l’électricité est devenue vitrée et très-forte.— En général, d’après les observations du même auteur, l'atmosphère , quand le temps est clair et serein, est presque toujours à l’état d’électricité vitrée, surtout à une certaine distance des maisons, des arbres et des mâts des vaisseaux. — L’état électrique de la plupart des nuées, des pluies , de la neige et de la grêle, est le plus souvent vitré; cependant celui des brouillards est presque toujours résineux. — L’approche des nuées diminue presque toujours l’état électrique de l’atmosphère , parce que son électricité est presque toujours opposée à celle de l’atmosphère, c’est-à-dire presque toujours résineuse.
• — Cependant ces nuées sontsouvent trèsélectriques, et l’électricité la plus forte, dans l’état résineux, a communément lieu dans ces temps de nuées orageuses et pendant les pluies qui les accompagnent; la plus forte, au contraire, dans l’état vitré, a lieu dans les temps de gelée et de brouillards, et, toutes choses égales, les signes électriques sont d'autant plus forts et plus sensibles , que l’instrument destiné à en faire l’épreuve est plus élevé dans l’atmosphère. Les vents paraissent aussi influer souvent sur les variations électriques de l’atmosphère, augmenter ou diminuer son électricité, et changer l’état suivant le rhumb duquel ils partent, suivant la force avec laquelle ils souillent et les nuées qu’ils chassent devant eux. C’est ce qui paraît suivre de plusieurs observations de Cavallo, quoique, à cet égard , elles ne présentent rien de constant. — L’électricité atmosphérique ne paraît pas plus faible dans la nuit que dans le jour.
§ lit. Ejrjcts de la tendance à l' équilibre dans l' électricité atmosphérique.
— L’air, les nuées, la pluie, ne donnent des signes d’électricité que parce que le globe est lui-même, relativement à l’atmosphère, dans un état électrique. Ces signes ne sont que l’expression sensible de la différence qui existe entre l’électricité du globe et celle des corps atmosphériques. Quand ceux-ci paraissent dans
l’état résineux , on doit en conclure que le globe dont nous faisons partie est luimême , relativement aces corps, dans l’état vitré, et réciproquement; et le cas très-rare où ces corps ne donnent aucun signe d’électricité serait celui oii l'équilibre serait parfait entre le globe et l’atmosphère. — Ainsi l’électricité atmosphérique, de même que l’électricité artificielle, est soumise à la loi universelle de la tendance à l’équilibre, et les phénomènes qui résultent de celte loi doivent être déduits : 1 0 des proportions respectives entre l'étal électrique du globe et celui des corps atmosphériques; 2° de l’intervalle qui les sépare ; 3° de l’état de l’air qui remplit ccl intervalle, et qui , selon les temps, est plus ou moins électrique et plus ou moins isolant. — De deux choses l’une : ou l’isolement persiste, ou l’équilibre se rétablit. Il se rétablit ou insensiblement ou ax ec des phénomènes apparents.
Si l’air est très-isolant, ou si les corps atmosphériques sont à une grande distance du globe , la communication est absolument interceptée , et il ne se manifeste aucun phénomène électrique dans l’atmosphère; à moins qu’on n’attribue à l’électricité de l’air ces feux qui sont connus sous le nom d aurores boréales , de lumière zodiacale, A’ étoiles tombantes, et des phénomènes qui ont lieu surtout lorsque l’air est très-serein et trèssec , et qu’il est, par conséquent, dans l’état d’électricité vitrée. — L’isolement cesse quand il s’établit une communication entre le globe et les corps atmosphériques. Si cette communication est ou immédiate ou fort étendue, l’équilibre s’établit insensiblement et sans phénomènes appurents. C’est ce qui arrive dans les temps très-humides, dans les pluies d’une grande étendue et d’une longue continuité, dans les brouillards , les fortes rosées, et dans les temps couverts uniformément, et non par des masses de nuages isolés. Dans tous ces cas, l’air perd plus ou moins de sa faculté isolante; et il est prouvé par l’expérience, ainsi que nous l’avons dit, que les intermèdes de celte communication sont réellement des conducteurs dans un état électrique.
Si la communication n’est pas assez complète , si elle n’a pas une étendue proportionnée à la charge électrique des corps atmosphériques, alors la décharge ne peut plus être insensible, et l’équilibre ne se rétablit que par de violentes
explosions qui donnent lieu h des phénomènes apparents , tels que les éclairs et le tonnerre. C’est ce qui a lieu lorsque : 1° l*s corps atmosphériques sont très-élcclrisés , c’est-à-dire que la différence entre leur état électrique , soit entre eux, soit relalivement à celui du globe, est très-grande; 2° qu’ils sont en même temps fort volumineux et fort multipliés; 3° qu’ils sont fort rapprochés du globe, rapprochement qui même est un effet nécessaire de la différence qui est entre l’état du globe et le leur; 4° lorsque l’air conserve, malgré cela, une propriété dissolvante suffisante pour l'empêcher d’être conducteur, au moins dans sa région la plus voisine du sol. Alors il y a un état électrique très-énergique, et la communication n’est point en proportion avec la charge ou la différence électrique des corps électrisés. — Ainsi quand après un temps sec, chaud et serein, dans lequel l’airse charge, comme nousl’avons dit, de l’électricité vitrée, il se forme de gros nuages qui s’amoncellent sans se confondre, qui paraissent très-bas et qui sont, en général , par rapport au globe , dans une différence électrique très-remarquable; alors les orages éclatent, les nuages se déchargent, soit les uns sur les autres, suivant leur état respectif, soit sur les parties les plus éminentes du globe , et l’équilibre se rétablit plus ou moins complètement.
Cet effet est rendu sensible par une expérience frappante de M. Mauduit , qu’on a nommée pour cela expérience de In foudre : on peut en voir les détails dans le Mémoire de ce savant , inséré parmi ceux de la Société royale de médecine, année 177G. — Dans le temps qui précédé un orage, dans ce temps où tous les animaux sont dans un accablement si singulier, où l’électricité aérienne s’anéantit , il paraît que toute celte électricité se porte sur la nue avec une extrême rapidité. Si elle n’est pas assez considérable pour y produire une prompte surcharge, l’orage est différé, et l’on sait que l’espèce d’anéantissement qui précède les détonations orageuses dure souvent très-long- temps et quelquefois plusieurs jours. — Presque toujours l’orage est précédé d’éclairs ou de grondements sans éclat; alors c’est entre les nuées que toute la scène se passe, et il semble que la nue surchargée se décharge sur celles qui le sont moins; et quelques orages se bornent à ces faibles détonations où les nuages semblent seulement s’équilibrer les
uns aux autres. — Mais c’est lorsque la foudre éclate et lond sur le globe qu’on entend ces bruits déchirants dans lesquels le ciel paraît en feu, et le trait qui traverse l’air semble sillonner la nue, et y laisser quelque temps une empreinte embrasée : des Ilots d’eau terminent la scène, et le calme se rétablit. — D'après ce qui précède , on conçoit comment , suivant les variations de la propriété isolante de l’air, suivant le nombre et la disposition des corps atmosphériques, suivant la force de la charge électrique que reçoit le globe avant de la communiquer à ces corps, les phénomènes électriques doivent varier dans les différentes heures du jour, dans les différentes saisons de l’année, dans les différents climats du globe. — On conçoit comment très-peu d’orages ont lieu le matin , depuis une heure avant jusque deux heures après le lever du soleil; qu’au contraire, le très- grand nombre arrive depuis trois ou quatre heures après-midi jusque dans la nuit. Le refroidissement qui a lieu à l’heure du lever, la rosée qui se forme alors, les vapeurs qui s'élèvent ensuite , tant du sol que de la surface des rivières, forment un immense moyen de communication qui ôte à l'air sa propriété isolante. Dans le jour, la faculté isolante de l’air se rétablit, les nuages dilatés et en partie absorbés s’éloignent davantage de la terre; le soir ils se condensent, se précipitent, se rapprochent du sol, et dans ces jours orageux où le serein n’a point lieu, il ne se forme au coucher du soleil aucune communication qui pui-se rétablir insensiblement l’équilibre entre le sol et les corps atmosphériques.- — On conçoit comment les orages les plus violents sont ceux qui surviennent après une saison long-temps sèche, et où l’air, ayant long temps conservé sa propriété isolante, a dù devenir très-électrique, et par conséquent pourquoi , dans nos climats tempérés mais inconstants et variables , les orages, quoique souvent trèsfréquents, sont bien moins violents que dans ces climats où les températures sèches, soit chaudes, soit froides, se soutiennent long-temps; pourquoi nos étés sont orageux, tandis qu’en Italie et en Espagne les orages, beaucoup plus violents que les nôtres, ont principalement lieu dans les mois de l’automne. — On conçoit pourquoi l’on voit des orages considérables dans les contrées très- boréales; dans ces lieux où l’air, long temps sec au milieu des glaces , est en même
HYGIÈNE
temps lumineux pendant ces longues nuits où les aurores boréales remplacent la clarté du soleil ; pourquoi on en voit également dans ces contrées placées sous l’équateur, où l’année se partage en deux grandes saisons, la saison sèche et la saison des pluies ; pourquoi les orages, trèsfréquents et très- multipliés dans le continent américain abreuvé de tant d’éaux, y sont cependant beaucoup moins violents que dans le climat sec, aride et brûlant de l’Afrique.
Section troisième. — Effets que produit l’air atmosphérique sur l'économie animale.
lion que nous existons, et que, sous un autre ordre de choses, nous ne serions pas les mémos.— Celte vérité générale, qu’il était essentiel d’établir, a été sentie par Hippocrate, puisqu’il remarque que les choses mauvaises en apparence deviennent souvent bonnes par un usage constant et uniforme , et qu’on doit être fort réservé à soumettre l’homme à de grands changements, même quand ces changements se font vers le bien ( Aphor ., sect. 11, n° 50, etc.).
ARTICLE 1er. — EFFETS QUE PRODUISENT LES