‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 2)Chapitre 9 sur 58 · DE LA VIE CONSIDEREE DANS LES DIFFERENTS AGES · texte numérisé non relu

DE LA VIE CONSIDEREE DANS LES DIFFERENTS AGES

Le fœtus était plongé dans les eaux de lamnios lorsqu’il vivait dans le sein de sa mère. A sa naissance , il passe dans un milieu bien différent, oit il est frappé par 1 air et la lumière. Ces fluides , par leur action sur l'a peau et les autres organes des sens externes , déterminent sympathiquement la contraction du diaphragme, des muscles de la respiration , et de ceux qui obéissent à la volonté; il s’établit dès-lors, avec la respiration , qui ne cesse qu’à la mort , un nouvel ordre dans les voies de la circulation • les viscères abdominaux sont comprimés et réagissent alternativement, et les excréments sont chassés pour la première fois des intestins , et les urines de la vessie. La plupart des animaux viennent au monde les yeux fermés , et restent dans cet état quelques jours après leur naissance. L’enfant naît les yeux ouverts ; mais ils sont fixes et ternes, et ne s arrêtent sur aucun objet; la cornée est ridée , et le nouveau- né ne distingue icn dans les premiers temps : néanmoins

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complètes. Le toucher , qui est le régulateur et la mesure des'autres sens , est encore imparfait dans l’enfant qui vient de naître. Il donne, à la vérité , des signes de douleur par ses vagissements , mais ils ne sont point accompagnés de larmes; il n’a encore aucune expression qui marque le plaisir, et ce n’est qu’au bout de quarante jours qu’il commence à pleurer, à voir et à entendre.

La longueur ordinaire d’un enfant à terme est de dix-huit à vingt pouces, et les deux extrêmes de seize à vingt-deux ct même vingt-trois pouces. Le poids de son corps est ordinairement de six à sept livres et demie , on en a vu néanmoins de dix , de douze et de treize livres. Son accroissement a été prodigieux durant le temps qu’il a passé dans le ventre de sa mère , car il n’était dans le piincipe qu’une bulle presque imperceptible. Sa tête est plus volumineuse que les autres parties, et cette disproportion ne disparaît qu’après la première enfance. — La peau de l’cnlant qui vient de naître est rougeâtre; elle est assez transparente pour laisser apercevoir une faible nuance de la couleur du sang. La forme du corçs et des membres n’est pas encore prononcée; toutes les parties sont gonflées , et les mamelles contiennent une matière laiteuse qu’on peut exprimer avec les doigts : ce gonflement diminue à mesure que l’accroissement fait des progrès. On voit dans quelques nouveau-nés palpiter le sommet,de la tête à l’endroit de la fontanelle, et ces palpitations coïncident avec les mouvements de la respiration ; on peut sentir dans tous , en y portant la main, le battement des sinus et des artè-

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res du cerveau. — La liqueur de l’amnios dans laquelle «Stuit contenu l’enfant laisse sur la peau une humeur visqueuse et blanchâtre , qu’on enlève par des lotions d’eau adoucies. Ues nations entières, particulièrement celles du Nord , sont dans l’usage de plonger dans l’eau glacée les enfants immédiatement après leur naissance : cet usage a ses avantages dans les pays froids; peut-être que dans les régions chaudes il ne serait pas sans danger.

Le premier lait de la mère , appelé colostrum , purge l’enfant , et lui fait rendre le méconium , qui est un excrément noir, visqueux et ressemblant à la poix. Il rejette aussi par la bouche une humeur glaireuse dont sont tapissés l’estomac et l’œsophage , et qui est la même que celle de l’amnios. — Les enfants du premier âge n’ont besoin que d’une petite quantité de nourriture ; mais elle doit être répétée fréquemment : on l'augmente insensiblement à mesure qu’ils croissent. Leur sommeil est long , mais souvent interrompu par des cris , qui sont l’expression du besoin, et d’autres fois de la douleur. — La première pousse des dents commence ordinairement au septième mois , et la première dentition est complète à l’âge de deux ou trois ans. Les premières dents , appelées dents de lait, au nombre de vingt, huit incisives, quatre canines et huit molaires, tombent, et sont remplacées par d’aulres vers l’âge de sept ans. Les huit incisives et les quatre canines sont succédées par un nombre égal , et la première et la seconde molaire le sont chacune par deux ; ce qui fait vingt-huit dents au lieu de vingt. Cette chute des premières dents et leur remplacement s’achèvent durant les sept premières années; quelquefois la dentition est plus tardive , et n’a lieu qu’à neuf ou même onze ans. — Les dents incisives sortent les premières de la mâchoire inférieure; puis les canines, et enfin les molaires. Il y a deux époques très-remarquables dans le travail de la dentition : les dents se développent dans la première , et leur sortie hors de la gencive a lieu dans la seconde. — Les enfants commencent à bégayer à douze ou quinze mois ; dans toutes les langues et chez tous les peuples, ils commencent par prononcer baua, mama, tapa ; ce sont les sons les plus faciles à articuler, parce qu’ils ne demandent que peu d’action de la part des organes vocaux. On croit avoir observé que les enfants qui ne

commencent à articuler que tard ne parlaient jamais aussi aisément que les autres, et (fuc ceux qui parlent de bonne heure étaient pour l’ordinaire en étal de lire à l’âge de trois ans.

Le cœur bat chez les enfants bien plus fréquemment que chez l’adulte : ou observe que, généralement, la fréquence des pulsations du cœur et des artères est en raison inverse de la petitesse de l’animal , non-seulement dans les différentes espèces , mais encore dans la même. Le pouls d’un enfant ou d’un homme de petite stature est plus fréquent que celui de l'adulte ou d’une personne d’une taille avantageuse ; le pouls du bœuf est plus lent que celui de l’homme , celui du chien est plus fréquent ; et les battements du cœur d’un animal plus petit, comme d’un moineau, se succèdent si rapidement qu’à peine peut on les compler. — Il est quelque chose de très-remarquable dans l’accroissement du corps humain : le fœtus, encore renfermé dans le sein maternel, en le prenant un mois après sa formation , lorsque toutes les parties sont développées, croît toujours de plus en plus jusqu’au moment de sa naissance ; dès qu’il est né , il croît toujours de moins en moins jusqu’à la puberté , époque à laquelle il s’élance , pour ainsi dire, toutà-coup, et parvient en fort peu de temps à la hauteur qu’il doit avoir pour toujours. — Dans l’enfance , les parties solides sont très-molles, et le sang séreux, les systèmes cellulaires et glanduleux ont une action relative dominante, et le mucus est sécrété abondamment : de là la diathèse muqueuse ou lymphatique qui est propre à cet âge , et qui dispose aux maladies dépendant de celte constitution. Les forces ne s’accumulent et ne se fixent dans aucun point à cette époque de la vie : elles se dirigent particulièrement du centre à la circonférence , et passent avec la plus grande rapidité du dedans au dehors , et du dehors au dedans. L’enfant éprouve beaucoup d’impressions de la part des objets extérieurs, et en conséquence exécute un grand nombre de mouvements , parce que la sensibilité et la mobilité sont très-grandes ; mais ces impressions ne sont ni profondes ni durables , et les mouvements ne sont ni constanls ni réfléchis. A mesure que la vie fait des progrès, le corps s’habitue aux impressions, et cette habitude en émousse le sentiment; la fibre nerveuse , en se recouvrant de la-

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mes cellulaires plus épaisses et plus compactes , acquiert plus de force , mais perd en même temps de sa sensibilité dans la même proportion. — L’estomac surabonde de vie dans l’enfance : sans cesse irrité, il éprouve continuellement le sentiment de la faim : c'est que la force excentrique est la dominante , et que l’estomac a non-seulement à travailler pour l’entretien du corps , mais encore pour son accroissement. Les mouvements se dirigent aussi vers la tète ; néanmoins la vie du cerveau n’a pas encore assez d’activité pour l’exercice des fonctions intellectuelles. On concevra aisément, d’après cela, pourquoi les enfants chez lesquels on détourne de l’estomac les forces nécessaires à la digestion, pour les attirer vers le cerveau par des études prématurées, deviennent infirmes et valétudinaires pour le reste de la vie (t).

Les enfants sont très-sujets aux convulsions et aux affections spasmodiques, par rapport h la grande mobilité de leurs nerfs , qui s’ébranlent très-aisément , mais avec une certaine faiblesse : aussi , si la sensibilité s’irrite chez eux pour la cause la plus légère , elle s’apaise bientôt par les moyens les plus doux : telle est la raison pour laquelle ils ne sont pas susceptibles de fortes passions. A la vérité , Je centre nerveux est vivement affecté; mais il ne conserve point l’impression , et tout l’effet que produisent les passions de cet âge , telles que la joie , la colère , la frayeur , se borne le plus souvent à favoriser la circulation des forces et à rendre plus facile le jeu des oscillations. — La vie est très-cliancelante jusqu’à l’âge de trois ans; mais dans les deux ou trois années qui suivent , elle s’affermit , et l’enfant de six ou sept ans est plus sûr de vivre qu’on

(1) « La nature, a dit J. -J. Rousseau ' ( Emile) , veut que les enfants soient 1 enfants avant que d’être hommes. Si ■ nous voulons pervertir cet ordre, nous

• produirons des fruits précoces qui ‘ '* * auront ni maturité ni saveur, et ne ’ Jar<Jeront pas à se corrompre; nous ’ au™ns de jeunes docteurs et de vieux « entants. L’enfance a des manières de

• voir, de penser, de sentir, qui lui sont

• propres. Rien n’est moins sensé que >d v vouloir substituer les nôtres; et . j aimerais autant exiger d’un enfant ’ qu il eut cinq pieds de haut que du

• jugement a dix ans. •

ne l’est à tout attire âge (l). D’après les observations faites à Londres, il paraît que d’un certain nombre d’enfants qui naissent en même temps , il eu meurt à peu près la moitié dans les trois premières années de la vie. Dupré de S.-Maur s’est assuré qu’il fallait sept à huit ans pour que la presque moitié des enfants nés dans la même année fût éteinte. Une des causes de celte grande mortalité est la petite-vérole. L’inoculation offre un moyen d’affaiblir et peut-être d’éteindre cette maladie (2). — A l’enfance succède la puberté : celle-ci est le printemps de la vie et la saison des plaisirs. Elle fait disparaître les langueurs du premier âge , diminue la laxité des solides et Yaquosilé des fluides. Jusqu’alors la nature n’avait travaillé qu'à la conservation et à l'accroissement de l’homme •.< maintenant elle multiplie les principes de vie. Il a non-seulement tout ce qu’il lui faut pour être , mais encore de quoi donner l’existence. Cette surabondance de vie s’annonee par des signes non équivoques.

Les premiers symptômes de la puberté sont une sorte d’engourdissement aux aines , une espèce de sensation auparavant inconnue dans les parties sexuelles; il s’y élève de petites protubérances , qui sont les germes des poils qui doivent voiler ces parties ; le son de la voix devient rauque et inégal durant quelque temps, au bout duquel il est plus plein , plus assuré , plus fort et plus grave qu’auparavant. Ce changement est trèssensible dans les garçons ; il l’est moins dans les filles , dont le son de voix est naturellement plus doux. — Les signes (le puberté sont communs aux deux sexes; mais il en est de propres à chacun. L’accroissement du sein et l’éruption des règles chez les filles , et l’émission de la semence et la production de la barbe chez les hommes : cependant il est des nations entières , comme l’observe Buffon , où les hommes sont presque imberbes, et d’autres où les femmes

(1) Suivant les tables dressées par Ituffon sur les probabilités de la vie, l’enfant de six ou sept ans a quarantedeux ans à vivre ; c’est le terme le plus long qui se rencontre dans ces tables (L B.)

(2) Cet heureux résultat était réservé a la vaccine , probablement inconnue à l’auteur. (I. B.)

IIVÜIÈNË.

ne sont, pas soumises au flux menstruel (I); mais il n’y a aucun peuple chez qui la puberté des femmes ne soit marquée par le gonflement des mamelles.

Enfin le sentiment de l'amour et les désirs plus ou moins vifs qui portent les individus des deux sexes à se reproduire, sont un signe certain de la puberté. — Dans tous les pays du monde les femmes parviennent à la puberté plus promptement que les hommes : celle-ci est plus ou moins précoce ou tardive , selon la température du climat et les mœurs des habitants. Elle est plus hâtive chez les peuples instruits et policés, ainsi que le remarque le philosophe de Genève, que chez les peuples ignorants et barbares ; et elle peut être accélérée ou retardée par l’éducation. Dans le midi de l’Europe et dans les villes , la plupart des lillcs sont pubères à douze ans , et les garçons à quatorze. Dans le nord et dans les campagnes , séjour de l’innocence et de la simplicité , les femmes le sont à peine à quinze et les garçons à seize. Dans les climats chauds de l'Asie, de l’Afrique et de l’Amérique , il n’est pas rare de voir des lillcs nubiles à dix et même à neuf ans (2)

C’est durant la puberté et les premières années qui lui succèdent, que le corps achève de prendre son accroissement en hauteur. 11 y a des jeunes gens chez lesquels il est achevé après la quatorzième ou quinzième année ; mais pour l’ordinaire ils croissent jusqu’à vingtdeux ou vingt- trois ans. Les organes sexuels se développent à cct âge , et sortent du sommeil dans lequel ils avaient été plongés durant l’enfance : c’est leur développement qui, en frappant tout le système d’une violente secousse, accélère la crue ; il fait dominer en même temps l’action des poumons et des vaisseaux; ii se produit une plus grande quantité de

(!) Celle dernière assertion me paraît fondée sur de faux rapports, dont l’auteur avait eu connaissance ; il peut y avoir des femmes non réglées; mais je ne crois pas qu’il y ait une seule peuplade oii les femmes, en général , présentent celte particularité d’organisation. (I. B.)

(2) lies voyageurs rapportent avoir vu dans l’Inde et en Afrique des filles mères à huit, même à cinq ou six ans. (Voyez l’arlicle Fkmmb , du Diction, des Srienc. nnédic. § n , ainsi que l arliçlc Pi'DEpTB.) (I.D.)

sang : il est plus abondait! en partie rouge et en fibrine qtl’auparavant , cl la diathèse, qui avait etc jusqu’alors pituiteuse (lymphatique), se convertit en sanguine. Celle révolution guérit souvent les maladies pituiteuses (muqueuses) et spasmodiques du premier âge, comme l’avait déjà observé le père de la médecine : neanmoins elle est quelquefois funeste, et l’on a vu des jeunes gens, à cetle époque, frappés d’une apoplexie mortelle, ou contracter pour la vie l’épilepsie ou d’autres maladies nerveuses incurables. — En même temps que les organes sexuels se développent et que la sensibilité s’y crée un nouveau foyer, le cerveau acquiert aussi une nouvelle vie, et le moral sc perfectionne. Ces deux centres agissent et s’influencent réciproquement; ils sont dans une telle dépendance mutuelle que l’imagination fait entrer en action les organes générateurs, et ceux-ci, à leur tour, éveillent l’imagination et décident des affections morales analogues à la nature de leurs fonctions : aussi toutes les passions de cet âge se rapportent-elles à l’amour, et le moral est dans la dépendance la plus étroite du physique. — L’organe extérieur n’a déjà plus cetle mollesse et ce même degré d’activité dont il jouissait dans l’enfance ; néanmoins les mouvements et l’action se dirigent encore à la circonférence, et la peau continue d’être la voie critique la plus fréquente dans les maladies de cet âge. Mais lorsque l’organe extérieur est dépourvu de son action tonique, ou que, par une cause quelconque, il cesse d’être le terme des efforts de la nature, comme ceux-ci conservent une direction vers les parties supérieures dont ils avaient contracté l’habitude dans le premier âge, les mouvements vont encore s’y fixer et s’y concentrent. Quelquefois celte concentration a lieu dans la poitrine : alors ccrieci reçoit un surcroît considérable d’humeurs dont la nature tente de se débarrasser, et elle devient bientôt un foyer d’irrilalion qui décide des inflammations, des crachements de sang , et souvent après la phthisie pulmonaire. Ces maladies ont lieu ordinairement entre dixhuit et trente- cinq ans.

Le corps a achevé entièrement son accroissement en hauteur à vingt-deux ou vingt-trois ans. Presque tous les individus de cet âge sont ciblés, cl ont une taille svelle; mais peu à peu les membres se moulent et s’arrondissent , et le

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corpj île l'homme est, un peu avant l’âge de tccnlo ans , à son point île perfection pour les proportions de la forme. Celui de la femme y parvient plus lot. Le premier , pour être bien fait , doit avoir les muscles durement exprimés, le contour des membres fortement dessiné , et les traits du visage très-prontnîés. Chez les femmes tout est plus arrondi, les formes • plus adoucies , les traits plus fins, et le teint plus éclatant. L’homme a la lorce et la majesté en partage : les grâces touchantes et l’aimable beauté sont l’apanage de l'autre sexe. — Tout annonce dans l’un et l’autre les maîtres de la terre (l); tout marque dans l’homme, même à l’extérieur , sa supériorité : il est droit , élevé , et son attitude est celle du commandement. Sa tête est tournée vers Je ciel, et présente une face auguste qui porte l’empreinte de sa dignité. L’image de l’âme se peint sur sa physionomie ; son port majestueux, sa démarche fièrc, annoncent sa noblesse et son rang; il ne touche à la terre que par les extrémités les plus éloignées ; il ne la voit que de loin , et semble la dédaigner. — Dans l’âge viril, le corps prend de l’embonpoint et augmente île volume ; l’action du cerveau devient de plus en plus forie , et ce foyer île la sensibilité acquiert toute l’énergie dont il est susceptible pour l’exercicc des facultés mentales. L’organe externe perd de plus en plus de cette mollesse qui caractérise dans leur principe les productions de la nature vivante, et les sens de leur activité; l’homme est alors moins distrait par les impressions extérieures. C’est l’époque de la vie oii il est le plus disposé à la réflexion ; c’est aussi celle où le génie brille de tout son éclat, où le carac- : tère se développe, et où l’ame est capable des plus vives émotions et des élans les plus sublimes vers la gloire : Montesquieu crée l’esprit des lois , et César pleure sur la statue d’Alexandre.

Le corps n’a pas plus tôt atteint son point de perfeelion, il n’est pas plus tôt 1 Parvenu au solstice de la vie, qu’il commence à .déchoir. Le dépérissement est ' ù abord insensible ; les solides s’endurcissent peu à peu , et contractent île la

( t) be corps de l'homme suffirait pour lui assurer cette supériorité. Quelle hardiesse dans la charpente de la machine humaine ! quelle élégance dans les forrocs , quelle beauté dans les proportions !

rigidité ; la graisse se consume , la peau se dessèche et se ride, les cheveux blanchissent, les dents tombent, le visage se déforme, et le corps se courbe. Les premières nuances de cet état se iont apercevoir entre quarante-cinq et cinquante ans ; elles augmentent par degrés jusqu’à soixante ; et dès lors la vieillesse fait des progrès rapides jusqu’à soixante-dix , époque à laquelle commence ordinairement la décrépitude, que la mort termine à quatre-vingts , quatre-vingt-dix ou cent ans. — Comme les solides ont naturellement plus de mollesse dans les femmes, ils s’endurcissent plus lentement :

c’est une des causes qui les font vivre plus long-temps que les hommes. On a observé que celles qui ont passé l’âge critique vivaient ensuite Irès-long-temps, et même plus que les hommes. Leur jeunesse est plus courte et plus brillante , mais leur vieillesse est plus longue et plus fâcheuse. — L’âge du dépérissement est l’époque du commencement de la mort : les organes affaiblis ont perdu leur ressort et leur aelivité ; tout s’ossifie en quelque sorte , tout s’affaisse , et les humeurs subissent quelque altération; l’action du système veineux prédomine sensiblement; les veines sont constamment plus remplies de sang que dans les autres âges. L’organe extérieur , ayant acquis une certaine rigidité, s’oppose à l’excrétion de l’humeur perspirable qui est retenue dans l’intérieur; rétention qui tend à produire des affections catarrhales des bronches et d’autres surfaces muqueuses, ou qui les augmente quand elles existent déjà. — La sensibilité n’est presque plus active dans le dernier âge; elle s’exerce à peine dans te cerveau, pour la production de la pensée ; dans l'épigastre et les organes des sens extérieurs , pour les sensations il’une autre nature. Le principe sensitif semble s’être retiré presque entièrement dans les organes de la circulation , de la digestion et des sécrétions : encore s’opèrent-elles avec peine, parce que ces organes n’ont plus la flexibilité et la souplesse nécessaires aux actions organiques. C’est celte rigidité qui, dans la vieillesse, rend les sens obtus , les tondions lentes et pénibles , les maladies embarrassées et les crises difficiles. A celte époque de la vie, les passions n’ont plus d’empire, l’âme est sans jouissances ; et cette dégradation lente, qui conduit l’homme au tombeau, est un effet nécessaire de la vie, qui, ainsi que le soleil , après avoir eu son

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aurore, son midi et son couchant, s’éteint enfui, mais, en apparence, pour aller renaître dans un autre hémisphère.

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