‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 2)Chapitre 10 sur 58 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

nu SEXE.

Quelques philosophes , ennemis nés des grâces et de la beauté , austères et sauvages par tempérament , ont avancé que le sexe féminin n’était que le produit du développement imparfait du germe humain. Ainsi, en accusant de faiblesse la nature , ils ont calomnié le plus beau de ses ouvrages. Cette opinion, aussi absurde que ridicule, n’a besoin pour être réfutée que de la simple considération des qualités propres à l’homme et à la femme : on ne trouve en effet rien d’absolu ; tout est relatif, tout est arrangé de la manière la plus avantageuse pour leur réunion ; ils sont deux moitiés d’un même tout, que leur organisation particulière, de douces sympathies, une sorte d’attraction morale , font sans cesse tendre l’une vers l’autre pour la propagation de l’espèce et pour leur félicité mutuelle, et dont l’une a la force et l’austérité en partage , et l’autre la faiblesse et la douceur. — La femme est plus petite, moins forte et moins capable des longs travaux du corps et de l'esprit que l'homme. Ses os ont moins de volume et de dureté; les différences les plus remarquables qu’ils présentent se trouvent dans ceux qui composent la partie inférieure du tronc , et dans les clavicules qui en terminent la partie supérieure.

Parmi les premiers , ceux appelés innomines, et qui forment le bassin conjointement [avec le sacrum et le coccyx , sont , dans la femme , plus convexes en dehors , et contribuent , par une plus grande courbure, à donner à cette cavité plus de capacité. Les os du pubis , qui en forment la partie antérieure , se touchent par un moindre nombre de points, et fuient obliquement en dehors, pour agrandir l’espace qui est entre eux et le coccyx.

La convexité des os innommes fait que les os des cuisses sont plus éloignés l’un de l’autre ; ce qui augmente la largeur des hanches. 11 en résulte que les muscles qui appuient sur ces os se trouvent par là moins comprimés par leur contact réciproque , et peuvent s’étendre plus librement : ainsi, toutes choses d’ailleurs étant égales , les cuisses des

hommes sont plus grêles que celles des femmes. — Les clavicules sont plus droites et moins courbes dans les femmes , de manière que la poitrine est moins large et moins évasée, et le sternum plus court. — Les parties molles ont aussi moins de consistance et plus de flaccidité dans la femme que dans l'homme; les chairs sont moins fermes et moins compactes, et le sang plus séreux; les parties sont généralement plus grêles, plus petites, plus déliées et plus souples; les membres sont plus arrondis, les formes plus élégantes, les traits plus adoucis , les mouvements plus légers et les sensations plus vives. On voit donc que l’organisation de l’homme diffère sensiblement de celle de la femme , et que les organes de celle-ci sont, pour ainsi dire, des organes de plaisir. Telles sont en général les qualités physiques qui caractérisent le sexe aimable que la nature a destiné à être le dépositaire du genre humain , et de qui Thomas a dit avec raison que « sans lui les deux ex- » trémités de la vie seraient sans secours,

» et le milieu sans plaisirs. »

La sensibilité vive dont jouissent les femmes est le principe de leurs qualités morales; la faiblesse, la mobilité et l’inconstance de ce sexe, duquel La Bruyère a dit que « le caprice était tout proche » de la beauté , pour être son eonlre- » poison » , tiennent à celle vive sensibilité , qui est due elle-même à la mollesse du tissu cellulaire : celle-ci rend la fibre nerveuse plus mobile sous l’action des stimulus physiques et moraux.

On observe encore que le tissu des viscères et des muscles dans la femme est plus lâche et plus expansible; et c’est pourquoi ses mouvements sont plus vifs et plus prompts , mais moins durables.

Dans l’homme, au contraire, la substance cellulaire est plus ferme et moins spongieuse ; ses couches sont plus denses et plus compactes ; les libres nerveuses et musculaires moins souples et moins flexibles ; c’est pourquoi il faut de plus, i fortes irritations pour les ébranler; mais aussi elles se meuvent plus fortement et plus long-temps. On voit, d’après cela, que l’homme est bien moins disposé que la femme aux affections spasmodiques * j à moins que, par des mœurs semblables, j et par un renversement de l’ordre nalu- j rcl, il ne contracte la constitution de ce î! sexe. L’expérience montre combien le défaut d’exercice , l’oisiveté et la mollessc conservent au tissu cellulaire sa

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laxilé primitive , et aux fibres nerveuses la sensibilité île l’enfance. Les gens île lettres , et les autres hommes que leur genre île vie assujettit à une multitude de maux île nerfs , en sont un exemple frappant.

Cet état île mollesse île l’organe cellulaire , la vive sensibilité , l’extrême mobilité, rapprochent la constitution de la femme de celle de l’enfance : ajoutez que, de même que dans le premier âge , les forces sont, dans le sexe, peu susceptibles de concentration, et circulent avec la plus grande rapidité du dehors au dedans et du dedans au dehors; les impressions physiques et morales frappent vivement les organes épigastriques, les resserrent et en. gênent le jeu ; mais ils ne retiennent pas long-temps l’action , et ils la réfléchissent bientôt aux autres parties. Il s’établit, à l’âge de la puberté, chez la femme, un nouvel ordre de fonctions qui ont la plus grande influence sur la machine, et qui changent entièrement son état physique et moral. La matrice , qui jusqu’alors avait été sans action , devient un nouveau foyer de sensibilité, un nouveau centre d’action, qui irradie vers le cerveau , et y décide des passions analogues à la nature de ses fonctions ; elle s’imbibe d’un sang surabondant, se gonfle, le laisse échapper, et il s’établit un flux périodique qui continue jusqu’au moment où la grossesse ou l’âge le supprime. Dans la première circonstance, l'effort se partage pntre la matrice et les mamelles , vers lesquelles afflue l’humeur laiteuse ; et comme les règles se rétablissent quand 1 allaitement est fini, pour se supprimer dans les grossesses suivantes et se rétablir ensuite de nouveau, on voit que ce n’est qu’en marchant de révolutions en révolutions que les femmes parviennent à cette dernière, non moins dangereuse, qui, dès qu’elle est entièrement achevée, leur assure une vie longue et tranquille. On voit , d’après cette légère esquisse des vicissitudes de la vie du sexe fémim,b que rien ne pouvait les lui faciliter et en diminuer les dangers qu’une constitution plus sensible et moins forte que celle de l'homme (l).

^ être faible est nécessairement » timide, parce qu'il se voit exposé à des * dangers qu il ne peut éviier par ra ré- » sistance , et sa timidité augmente en- » core sa fatblcssc. L’effet physique de

L’extrême sensibilité dont jouit la femme , et qui l’expose à une multitude d’impressions vives , mais de peu de durée, explique pourquoi leur imagination est vive et non forte , et pourquoi leurs écrits, plus brillants que profonds, sont rarement marqués au coin du génie : c’est que leur cerveau est impressionné vivement , mais non fortement.

— Mais si la nature, ô femmes ! vous a refusé le génie, combien n’en êtes- vous pas amplement dédommagées par les agréments du corps et île l’esprit ! IN’avez-vous pas les droits les plus beaux et les plus légitimes à notre amour et à notre reconnaissance, et ne régnez-vous pas en souveraines sur nos cœurs ? Le charme que vous répandez sur notre vie, les douces illusions que vous fuites naître dans nos âmes , toutes les sensations délicieuses , et la perfection de la faculté de les sentir, voilà votre ouvrage, et c’est là le moindre de vos titres à nos hommages ; nous vous devons encore les vertus. Sans vous , nous n’aurions souvent de notre caractère que l’à prêté sans l’énergie; l’humanité serait foulée aux pieds ; la pitié trouverait nos cœurs cuirassés d’un triple airain. — La mollesse du tissu cellulaire, et la vive sensibilité qui en est le résullat, diminuent avec l’âge ; les organes perdent insensiblement leur souplesse et acquièrent plus de dureté , et les forces se détournent vers l’épigastre. Dès que les règles sont une fois cessées , une portion de ces forces, qui se dirigeait vers la matrice, se concentre dans l’intérieur, aux dépens de cet organe , qui n’a plus de vie propre. Ainsi la grande mobilité des fibres

* la peur étant d’attirer les forces au » dedans , elle empêche qu’il n’en reste » assez au dehors pour repousser lu causo

* qui l’a fait naître : aussi les femmes » sont - elles saisies d’émotions vives, » tombent-elles en défaillance, au moin- » dre péril qui les menace. Ileureuse- » ment que la même constitution des » fibres qui dispose leur âme à la crainte,

* dispose leur esprit à la finesse ou à la

* dissimulation, qui n’est que l’art de » cacher cette crainte. Celle qualité naît » en elles du sentiment de leurs besoins » uni à celui de leur faiblesse; elle sup- » plée au courage d’organisation qui ne > leur a pas été donné, et les fait échap- » per par l’adresse à l'action des causes » offensives que nous évitons par la for- » cc. » (Desîze, pages 223 et 224.)

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diminue , les mouvements sont moins h’équents, mais plus forts, et ils ne sont plus réfléchis avec autant de facilité du dedans au dehors qu’auparuvant. Mais comme l'endurcissement des solides se fait plus lentement chez les femmes que chez les hommes , les progrès de la dégradation lente qui amène le terme fatal sont aussi bien moins prompts et moins rapides, et elles parviennent à un plus grand Age.

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