‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 1 sur 656 · HUE SERVAIS DOM · texte numérisé non relu

HUE SERVAIS DOM

TRAITE

DE

MÉDECINE OPÉRATOIRE

PAR P.-N.-F. MALLE, d.-m.,

Professeur d’anatomie et de physiologie à l’Hôpital d’instruction de Strasbourg, professeur agrégé à la Faculté de médecine de la même ville, membre correspondant de l’Académie royale de médecine de Paris, secrétaire-général de la Société des sciences du Bas-nhin , etc.

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Les conquêtes récentes dont la médecine opératoire s’est enrichie ont fait promptement vieillir les traités les plus nouveaux; nous n’en voulons pour preuve que le supplément que vient de faire paraître M. Velpeau (1). M. Vidal , de son côté, l’a si bien senti qu’il a joint à son dernier volume, qui s’achève à peine, un appendice destiné à combler en partie les lacunes que nous signalons (2) ; mais ce travail est loin de répondre à l’importance qu’ont acquise les opérations du strabisme et du bégaiement. Inutile d’ajouter, ce me semble, qu’on n’en trouve aucune trace dans l’ouvrage qu’a commencé à publier M. Ch. Sédillot (5), et qu’il n’en est point fait mention dans l’œuvre si digne d’estime de M. Bégin (4), dont la publication d’ailleurs remonte à 1858.

Sous ce rapport donc, la publication des Nouveaux Éléments de médecine opératoire aurait quelque opportunité pour les médecins jaloux de posséder un livre entièrement au niveau des connaissances actuelles, et dans lequel on trouverait décrites toutes les opérations régulières que l’homme de l’art peut être appelé à pratiquer. Mais un autre motif a donné le jour au traité que nous publions, h1 Encyclopédie des Sciences médicales comprenant la chirurgie opératoire comme les autres branches de l’art de guérir, j’ai été désigné pour rédiger ce traité. Je viens faite connaître 1 esprit dans lequel j’ai conçu cet ouvrage.

La médecine opératoire a pris, de nos jours, une telle extension, qu’on ne saurait, à moins de faire un livre exclusivement destiné aux manœuvres de l’amphithéâtre, espérer faire connaître toiTt ce qui s’y rattache d’important, et pour ainsi dire d 'essentiel, dans moins de trois ou quatre volumes : aussi notre intention est-elle de publier trois ou quatre livraisons, de manière à nous étendre au besoin sur quelques points historiques encore mal connus : de ce nombre se trouve la question relative à l'ordre suivi par Sabatier, auquel n’aurait point échappé malgré ce que répètent depuis trente ans tous les écrivains, l’avantage que peut présenter la classi beat ion adoptée de nos jours ; et cela est si vrai que l’auteur s’était exprimé de la sorte, en la prenant pour base de la distribution des matières de sa première édition : « J aurais pu disposer les opérations dans un ordre plus méthodique » que celui sous lequel je les présente. - Par exemple, après avoir parlé de celles

” lr0n T ] 3UX ? eS e" gén6,'a1’ faUrais P" c°n'i™er par celles qui sont » applicables aux plaies de la tête , et à celles de la poitrine et du ventre ‘ Quelques autres erreurs historiques relatives à la méthode ovalaire et à quelques procédés en particulier seront également signalées chemin faisant, de manière à

proqver le soin que nous avons mis à vérifier les faits reproduits par les écrivains qui nous ont précédé.

valeur rl “rr eff01(1 de n°"S Prononccr d’line manière positive sur la possible r ? Un pr0Cedes decrits l)ar les auteurs, et, autant qu’il nous a été ‘T, ’ CS T0"8 Cn généraI laissés parler eux-mêmes , rien n’étant d’haln- Ude pIus incompréhensible que les descriptions qu’on leur emprunte

nrtdLKpébr£i%.Par A’ VClpCaUi in'8°">uillet 18'12- supplément aux Nouveaux Éléments de 'n-8% îüft'n ÜC Pallmlogie externe et de médecine opératoire, tom. 5 , pag. 943; 5 vol

8) Nml^ ?ip^rhi°ire’i ban<iafîcs et appareil», in-8”, 1839.

ents de chirurgie et de médecine opératoire, in 8", 1838.

Peut-être trouvera-t-on que nous n’avons pas toujours assez tenu compte de l’opinion des hommes qui font autorité dans la science : nous avons hâte d’ajouter à cet égard que personne plus que nous ne professe de respect pour la parole des maîtres; mais en fait de science, et surtout de science pour ainsi dire expérimentale, c’est quelque chose aussi que le résultat, et, autant que nous avons pu, nous ne nous sommes pas contenté pour asseoir notre opinion d’expérimentations cadavériques, nous avons eu recours encore aux faits cliniques, en tenant compte des succès obtenus et des revers essuyés par les praticiens de bonne foi...

A ce sujet comment ne pas dire un mot du travail intéressant que vient de publier M. Malgaignc! Non toutefois que nous partagions l'opinion de ceux qui paraissent y attacher une grande importance; car, dans le même numéro des Archives où se trouve la statistique douloureuse de M. Malgaignc, figure celle plus consolante de M. le docteur John Philippe Potter de Londres, qui dément en quelque sorte, à chaque instant, la plupart des conclusions de la première, du moins celles relatives à la mortalité {/lrch. gên. de méd ., avril 1842, p. 496, 497). M. Lawrie, du reste , avait également fait insérer (1841) dans un des journaux de Londres une statistique bien plus favorable encore, en n’omettant aucune des circonstances relatives à l’âge, au sexe des individus, et en indiquant, avec non moins de précision, les causes traumatiques et pathologiques qui y avaient donné naissance ainsi que l’époque à laquelle l’opération avait eu lieu ; d’où l’on voit qu'il ne faut accepter les données fournies par la statistique qu’avec une grande réserve, nonobstant le vernis d’exactitude dont on cherche à les entourer: à qui d’ailleurs M. Malgaigne pourra-t-il jamais persuader que le printemps est la plus mauvaise saison de l’année pour opérer, et que l’hiver est l’époque la plus salubre, ou du moins la plus avantageuse? Sous ce rapport, la puissance des chiffres, quelque artistement groupés qu’ils soient, pourra-t-elle jamais aller jusqu’à convaincre les gens habitués à mûrir une opinion que c’est au régime incendiaire dont on a fait usage qu’on a dû de ne perdre, en 1814, qu’un malade sur 25 ? — Voyez d’ailleurs à quelles contradictions se trouve involontairement conduit M. Malgaigne. Aux succès remarquables obtenus par Percy et parFercôe, il n’oppose que le doute le plus insultant; car à ses yeux ne perdre que 6 malades sur 92, plus de 6 sur 100, de 1 sur 20, est un acte de vantardise , qu’on s’afflige de trouver sous la plume d’hommes aussi éminents... et quelques pages plus loin on le voit accueillir presque comme vérité d’évangile que les Russes n’ont perdu qu’un malade sur 26, par suite du

régime substantiel et alcoolique auquel ils étaient soumis Voilà pourtant où la

statistique, appliquée d’une manière trop absolue, peut conduire les hommes les plus distingués, les intelligences les plus remarquables

Les matières ont été divisées dans cet ouvrage ainsi qu'on a l'habitude de le faire depuis la publication du Traité de Boyer; c'est-à-dire qu’après avoir parlé d’abord des opérations générales, nous sommes arrivé à la description de celles dites spéciales, en parcourant successivement les différentes régions du tronc, de la tête au bassin.

Qu’il nous soit permis de répéter en terminant ce que nous avons déjà dit ailleurs , savoir : que , n’étant mu que par le désir de faire une œuvre utile, nous, nous sommes efforcé de ne juger jamais que les opinions... C’est au public médical à décider si nous sommes resté fidèle à cette règle de conduite. Puisse-t-il accueillir cet ouvrage avec la même indulgence qu'il a montrée pour les divers travaux qui l’ont précédé.

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MÉDECINE OPÉRATOIRE

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