TABLEAU N
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Moyens employés.
Guérisons. Insuccès.
Morts.
Cures partielles.
46 Séton
38 Résection
36 Compression. . . .
8 Caustique
1 1 Frottement
3 Iode
1 Injections
1 Erysipèle spontané.
1 Fer chaud
5 Amputations. . . .
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Si maintenant nous voulions déduire de ce tableau les conclusions qui semblent en découler, nous serions conduit à déclarer que le meilleur moyen pour la guérison des pseudarlhroses est précisément celui contre lequel nous avons le plus de préventions; c’est à-dire , le frottement des fragments. En effet, à s en rapporter au tableau ci-dessus, on y aurait eu recours onze fois, et onze fois avec succès; mais cet exemple est une nouvelle preuve de l’abus qu’on peut faire de la statistique. Remarquonsle bien : tous les individus soumis au frottement ont réellement guéri , mais on a oublié seulement de dire que, parmi ceux guéris par le séton, huit avaient été auparavant soumis inutilement à la guérison par le frottement, et qu’il en a été de meme pour cinq autres individus qui ont ensuite été traités avec succès par la résection.
Aussi faut-il bien se garder de placer le frottement au nombre des meilleurs moyens de guérison des pseudarlhroses.
de 1 aveu même de M. Norris, c’est u abord , comme nous l'avons dit , 1° /e repos, 1 immobilité, la compression : le Irotlcment pour ce praticien ne vient qu en troisième ligne. La résection pour lut ne doit être pratiquée qu’après l’em-
ploi du séton et des applications caustiques ; moyens sur la valeur desquels nous sommes loin, on l’a vu, de partager 1 opinion de notre confrère d’Amérique, dont le travail du reste mérite d'être lu et médité.
Qu il nous soit permis pourtant de faire remarquer en terminant qu’on ne saurait accorder une valeur si absolue aux proportions qui y sont formulées, et qu’il est malheureusement vrai de dire que les succès sont loin d’être d’habitude en aussi grande proportion. Cela tient a celte tendance de l’esprit humain par suite de laquelle on est toujours plus, disposé à publier les réussites que les^ insuccès : aussi est-il vrai de dire qu’on ne saurait en définitive juger, à l’aide des statistiques, de la valeur absolue de (elle ou telle méthode thérapeutique.
Au résumé, cependant, le travail de M. Norris confirme en grande partie la plupart des opinions qu’on s’était formées, pour ainsi dire a priori , sur la plupart des questions qui se rattachent aux 1 raclures compliquées ; de ce nombre sont: 1° la plus grande fréquence de leur non-reunion, après 1rs fractures de cuisses et déliras ; 2» ia p[u3 ffranje mortalité suivant le volume du membre et sa proximité du tronc, ainsi qu’il arrive à la
TRAITE
suite des amputations; 3° enfin la plus grande fréquence des insuccès à 1’liumérus, que partout ailleurs.
Quant à la supériorité du séton , sur les caustiques et la résection , et aux avantages qu’il y a à ne pas pratiquer d’incision préalable, quand on y a recours ; peut-être est-il prudent d’attendre de nouveaux faits, avant de se prononcer d’une manière définitive à ce sujet. Nous en disons autant relativement au temps qu’il convient de laisser séjourner dans les parties , le séton luimême ; nous sommes d’avis, du reste, qu’il doit réussir moins bien à la cuisse et au bras qu’aux autres parties. (Voyez, du reste, pour plus de détails, l’intéressant mémoire de M. Norris (the Americ.
journ. of tbe med. sciences. Journal trimestriel, janvier 1842. Voyez aussi Journ. med. et cbir. de Boston, juill. 1838).
MANUEL OPERATOIRE.
§ VIL Des résections pratiquées à la suite des pseudarlhroses.
A. avant-bras.
Nous l’avons déjà dit, dans le chapitre précédent , il faudrait se garder de désosser les surfaces osseuses, si un seul os était malade ; mais quand le cubitus et le radius sont affectés, il convient d’inciser sur l’endroit où les os sont à nu sous la peau : ainsi la partie interne et postérieure pour l’os cubital, et le côté externe et aussi un peu postérieur pour le radial. L’important pour ces incisions , qui doivent avoir de cinq à sept centimètres, est de correspondre au point où existe la brisure ; à moins qu’il n’y ail déjà des fistules, auquel cas il est de précepte de les faire porter sur ces dernières. Reste ensuie à détacher avec précaution toutes les parties molles, et à faire fléchir l’avant-bras avant de pratiquer la résection, une fois les surfaces osseuses amenées au-dchors, et enfin à prendre toutes les précautions nécessaires pour ne léser aucune des parties avoisinantes.