D. JAMBE
Nous l’avons déjà dit : le tibia offre de grandes difficultés pour la résection , à cause des artères tibiale postérieure et péronière. C’est d’ailleurs par sa face antéro-interne qu’il faut commencer ,
mais l’isolement des muscles en arrière et en dehors est laborieux; car il faut raser autant que possible la surface postérieure, afin d’éviter la tibiale postérieure.
En haut une seule incision oblique pourrait peut-être suffire , si elle était pratiquée de haut en bas et d'avant en arrière.
Au péroné : c’est entre les muscles péroniers latéraux et les extenseurs qu’il faut inciser, en se comportant d’ailleurs comme nous l’avons indiqué au chapitre précédent.
E. FEMUR.
Ici encore les préceptes varient suivant la hauteur où se trouve l’état morbide. Toutefois on peut établir comme règle générale , que, à partir du grand trochanter , jusque près de la région fémoro-tibiale , il convient de procéder à la mise à nu de l’os par le côté antérieur et externe , en intéressant ainsi successivement la peau, le fascia souscutané , le fascia-lata et le muscle triceps. Reste ensuite à faire fléchir le membre en dedans et en arrière, à faire écarter les lèvres de la pluie par un aide, de manière à arriver sur la surface malade. Le chirurgien, arrivé à ce temps de l’opération , isole les fragments, ensuite les parties molles avec l’instrument tranchant, place l’attelle qui doit protéger les parties avoisinantes, et résèque les surfaces osseuses.
§ VIII. Des moyens contentifs connus
sous le nom de brassards et clc cuis-
sarls.
j Quand les malades atteints de pseudarthroses ne veulent pas consentir à 1 opération , ou bien encore lorsque 1 homme de l’art ne juge pas convenable de la pratiquer, ia science n’est pas réduite pour cela à l’impuissance , elle emploie alors en effet avec plus ou moins d’avantages et quelque fois même îvec succès divers bandages dont quel- ]ues-uns sont vraiment remarquables ;ous le rapport de leur construction :
•émoin celui que l’on doit à M. Charnfion (1); témoin encore celui dont il est ii souvent fait usage en Allemagne , mus voulons parler de l’appareil de
(1) Thèse citée, n° 11, 1815, p. 52.
Bailly (l); témoin enfin celui décrit par Briot (2) ; et il importe de rappeler à ce sujet qu’à l’aide de ces machines, quelques blessés ont pu marcher aisément avec une canne. — M. Seutin (3) a eu l'occasion de voir un hoinmeatteint d’une fausse articulation à la partie supérieure de la cuisse et qui n’en marchait pas moins assez aisément, bien que la partie pourtant ne fut maintenue que par une machine mal construite. Boyer (l) parle aussi d’individus chez lesquels la marche était rendue assez facile à l’aide de cuissarts. Enfin , qui ne connaît l’histoire rapportée par Sue (5) ; de cet individu qui marchait avec le seul secours d’une canne, nonobstant une pseudarthrose du fémur !