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DES OPERATIONS SIMPLES

Il est, avons-nous dit, des opérations qui s’exécutent à l’aide d’un instrument unique et qui, eu égard à la facilité de leur exécution , sont dites opérations simples ; le nom à’ opérations complexes a été réservé pour celles qui réclament un plus ou moins grand nombre d'instruments et des manœuvres diverses. Ces opérations complexes se composent ellesmêmes d’ailleurs presque toujours de divers temps simples dans lesquels l’incision joue, sans contredit, le plus grand rôle. L’incision est donc le moyen thérapeutique dont il est le plus souvent fait usage eu médecine opératoire. Elle se pratique avec un instrument non moins usité et qu'on appelle bistouri, dont la forme varie à l’inlini, mais qui à lui seul peut, dans des mains habiles, remplacer l’arsenal aujourd’hui si compliqué du chirurgien. Quiconque veut acquérir une dextérité incontestable dans l’art des opérations, doit donc commencer par se familiariser avec les opérations les plus simples de celte branche de l’art.

ARTICLE 1er. DES DIVISIONS. INSTRUMENTS TRANCHANTS.

§ Ier. Des diff éventes manières de tenir le bistouri.

Rigoureusement parlant , il n’existe que deux manières de tenir le bistouri :

DE MÉDECINE

dans l’une, l'instrument est dirigé de façon que le tranchant soit dirigé en bas, le dos appuyant sur la paume de la main, et étant plus ou moins solidement fixé par eux; dans l’autre, au contraire, le tranchant est tourné en sens opposé et dirigé en haut. A ces deux manières d’agir différentes se rapportent des positions intermédiaires plus ou moins nombreuses, mais qu’on a fixées en général aux cinq suivantes.

§ II. Première position. Bistouri tenu comme un couteau , le tranchant eu bas.

Le bistouri est tenu comme un couteau, c’est-à-dire la lame maintenue entre le pouce et le doigt du milieu , l’indicateur reposant sur le dos de l’instrument, tandis que les trois autres doigts appuient sur ce dernier fixé dans la paume de la main. Daus cette position l’instrument est tenu d une manière solide, et on peut le faire agir avec une grande force : celle-ci d’ailleurs se trouverait accrue au besoin si , au lieu de fixer le bistouri comme nous l’avons dit, l’opérateur le prenait à pleine main , en ramenaut le médius et l’indicateur au devant de l’annulaire et du petit doigt déjà placé sur le bord du manche.

§111. Deuxième position. Bistouri tenu comme un couteau , le tranchant en haut ,

Le tranchant de l’instrument est dirigé dans un sens entièrement différent, le ventre appuie contre la paume de la main , les deux derniers doigts soutiennent le dos du manche, l’indicateur repose sur celui de la lame, le pouce et le médius sont, comme dans la position précédente situés sur chaque côté de l’union du tranchant avec le manche. Cette position, dont on fait plus volontiers usage dans les incisions qui se pratiquent de dedans en dehors, permet à l’opérateur d’agir avec force dans certaines circonstances. Elle convient plus spécialement aux incisions de bas en haut, ou pour celles que l’on pratique de droite à gauche.

§ IV. Troisième position. Bistouri tenu comme une plume à écrire , le tranchant en bas.

L instrument dans ce cas est fixé dans

la main comme le sont d’habitude les plumes dont nous faisons journellement usage. Il repose entre le pouce, le médius et le doigt indicateur ; l’auriculaire et le petit doigt étant destinés à prendre un point d’appui sur les parties voisines pour donner plus de solidité à la main.

§ V. Quatrième position. Bistouri tenu

comme une' plume, le tranchant eu

haut.

En renversant l’instrument et en dirigeant son tranchant en haut, de façon que les doigts conservent les mêmes rapporls, on a la quatrième’posilion décrite par les auteurs, et réservée plus volontiers ainsi que la troisième pour les cas d 'incision par ponction.

§ YI. Cinquième position. Bistouri tenu comme un archet.

Le tranchant de l’instrument est tourné en bas , mais le manche s’éloigne de la paume de la main ; les trois derniers doigts reposent sur une des faces du manche, l’indicateur et au besoin le médius appuient sur le côté correspondant de la lame, et le pouce du côté opposé. De là le nom donné à cette position qui ressemble à celle que prennent les joueurs de violon et de violoncelle quand ils s’emparent de l’archet dont ils ont besoin pour tirer des sons.

Favorable à la dissection de certaines tumeurs, cette position se modifie d’ailleurs, suivant les cas, de manière à permettre au chirurgien d’agir directement sur les tissus, d’y pratiquer des incisions superficielles, de les atteindre horizontalement comme dans les hernies étranglées, et enfin de les disséquer à grands coups en pénétrant obliquement dans les parties, le tranchant au lieu de regarder en bas étant dirigé en sens contraire.

Quelques auteurs ont décrit sous le nom de quatrième position celle dans laquelle l’instrument étant tenu comme une plume à écrire, le tranchant en bas , la pointe de l’instrument, grâce à une position particulière du médius, est dirigée bien plus encore vers la paume de la main et le poignet que vers les tissus. Cette position, qui , comme on le voit, n’est qu’une modification de la troisième, est surtout préférée pour les cas oii il s’agit d’inciser profondément des parties profondes vers l’intérieur.

TRAITÉ

Maiscelie position doit elle réellement prendre rang parmi celles que l’on a considérées comme fondamentales en médecine opératoire? Tel n’est pas notre avis ; car nous ne voyons pas pourquoi on ne ferait pas autant de positions distinctes de la cinquième , suivant que l’instrument, tenu comme un archet, est destiné à agir directement sur les tissus, ou horizontalement , ou obliquement.

Bien plus, dans notre opinion, la cinquième position elle-même ne mériterait pas de litre spécial. Il importe de remarquer en effet que l’instrument dans ce cas divise les tissus, le tranchant en bas. Aussi n’est-ce que pour éviter aux élèves les incertitudes d’une classification nouvelle que nous avons adopté les anciennes. Au point de vue où nous nous plaçons, la troisième et la cinquième position devraient suivre immédiatement la première et prendre le titre de deuxième et de troisième , le tranchant étant dans les unes et les autres dirigé en bas; la deuxième et la q uatrième deviendraient dans ce cas la quatrième et la cinquième, exclusivement consacrées alors aux positions dans lesquelles le tranchant est dirigé en haut.

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