SECTION DES TENDONS DK L’AISSELLE
Il a paru à M. Velpeau (4) que danr c plusieurs circonstances l'abaissemeni 4 permanent du bras était dû à la rétrac: >
(1) Méd. opér., t. i, p. 536.
(2j Archives générales de médecine i t. vu, p. 234.
(5) Ilaller, Mémoire sur l’irritabilité t. m, p. 33.
(4) Ouvr. cité, 1. 1, p. 556.
DE MÉDECINE OPERATOIRE.
tion «les muscles grand et petit pectoral, grand dorsal et grand rond et à une partie du muscle deltoïde. Il assuré même avoir vu ces muscles ou leurs tendons se présenter sous forme de cordes dures, inélastiques , et presque indolentes , et il n’hésite pas à conseiller de recourir en pareil cas à la ténotomie.
A. Ainsi, pour le grand pectoral ou le bord antérieur du deltoïde: le bistouri doit être glissé sur la face cutanée ou sous la face profonde du muscler qui serait divisé ensuite de la lace profonde vers les parties superficielles ou de ces derniè'-es vers les parties profondes.
B. Pour Je petit prctor. 1 , la pointe du ténotome devrait être enfoncée jusqu’au bord inférieur de l’organe afin de pouvoir le disposer ensuite, par un mouvement de bascule , de bas en haut et d’arrière en avant.
C. Pour le grand dorsal ou le grand rond, ou le bord postérieur du deltoïde: il conviendrait de les attaquer par li ur face antérieure ou postérieure. — Bien entendu que le membre , une lois l'opération terminée, devrait être soulevé presque a angle droit et maintenu par quelque machine ou bandage appropriés. Ces opérations n’ont, jusqu’à présent, guère été pratiquées; cependant M. Dieffetibacb a divisé les muscles sous et sus-épineux et le grand dorsal dans l’intention de réduire une luxation qui datait de deux ans; une autrefois, le chirurgien de Berlin a agi sur le biceps pour remédier à une contracture de cet organe. — Aux membres inférieurs les sections ont été plus nombreuses : c’est ainsi que AI. Guérin a été conduit à diviser presque tous les muscles qui environnent l’articulation coxo - fémorale dans I intention de favoriser la réduction des luxations congénitales.
MM. Micbaelis, Stromeyer , DiefTeubacli et Duvul ont aussi eu recours à la section des tendons des muscles biceps, deuii-tendineux, demi-membraneux et couturier. — Il n’est pas jusqu'au quadrieeps fprnoral qu'on ait, dans ces derniers temps, conseillé de diviser pour remédier aux fractures de 1a rotule. Uri auteur moderne a même été jusqu’à alfir- ■ mer qu’il est des cas oii le ligament rotulien doit être lui-même divisé! — Enfin, la section des muscles du tronc a été aussi préconisée dans ces derniers temps; et l'on a vu M. Stromeyer di- ^|ser . le bord antérieur du trapèze, i M. Dieffeubach le muscle droit du cou,
le rhomboïde et le grand dorsal, et l’on sait que Al. Guérin, renchérissant sur tous ses prédécesseurs, n’a pas craint de diviser les muscles des gouttières vertébrales dans les cas de déviation de l’épine : déviation qu’il considère comme le résultat de la contracture de ces organes. — Pour notre part, nous l’avouerons sans crainte , nous croyons qu’en cette circonstance, ainsi qu’il arrive malheureusement trop souvent en pareiL cas, on s’est laissé éblouir par quelques succès inattendus, et que, séduit par ces triomphes inespérés, on n’a pas craint alors d’entreprendre des opération* hasardeuses pour ne pas dire plus. — Le moment de la réaclion n’est peutêtre pas éloigné, du reste, et peut-être alors aussi ira-t-on trop loin en proscrivant pour ainsi dire des opérations qui, dans certains cas, peuvent rendre les services les plus grands et ajouter puissamment à la considéraiion des hommes de l’art.