‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 199 sur 656 · TRAITEMENT DE LA DIVISION DU TENDON · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LA DIVISION DU TENDON

d’aciiille.

On sait de quelle importance est pour la marche l'intégrité du tendon d'Acliille , aussi les chirurgiens de toutes les époques s’en sont-ils beaucoup préoccupés ; pendant long temps même, ils furent divisés à l'ellet de savoir si les divisions incomplètes de cet organe n’étaient pas plus graves que les blessures complètes : ainsi que le démontrent les fait qu’on trouve dans Desports (I), lleister (2) et les Mémoires de l’Académie de Bologne (3). — De nos jours, toutefois , on se garderait bien de conseiller, d’une manière générale au moins, d’achever une section incomplète : bien plus on hésiterait même, à mettre en usage la suture; à moins cependant qu’il

(1) Traité des plaies par armes à feu , p. 166.

(21 Ouvr. cité, p. 135.

ne s’agît d’une plaie récente et encore dépourvue d’inflammation, et dont les extrémités du tendon seraient facilement maintenues en contact. — Il conviendrait, du reste, si on se décidaità recourir à ce moyen, de se servir d'aiguilles bien tranchantes et d’une certaine force, et de les appliquer ainsi que nous l’avons dit à l’occasion des tendons des doigts, puis de se comporter ensuite, suivant les cas, de manière à se passer autant que possible des bandages de J -L.

Petit (i) ou de Monro (2), et se contenter de l’appareil le plus simple, la bande dextrinée et la plaque de carton mouillée. Du reste, les cas de guérison à la suite du bandage et de la position sont assez nombreux, ainsi que le prouvent les faits consignés dans les ouvrages (3), et il est vrai de dire que la science compte aussi plusieurs succès obtenus à la suite de la suture (4).

traitement de la division des tendons

DE LA RÉGION FEMORO-TIBIALE.

Les tendons du jarret et ceux du genou, alors qu'ils ont été divisés, réclament, sans contredit, les secours de l’art; car on comprend que, si on laissait sans réunion le tendons du biceps, du couturier, du grêle interne, du demi-tendineux ou du crural antérieur, il pourrait en résulter de fâcheux inconvénients, et pourtant, il faut le dire, l’observation ne confirme pas complètement les prévisions théoriques à cet égard. Les exemples, en effet, dans lesquels les individus, à la suite de lésions de ces organes , ont recouvré la plus grande partie des mouvements auxquels la nature les a destinés, sont assez nombreux, et cela aussi bien pour les tendons du jarret (5) que

(1) Bibl. de Planque, t. x, p. 852.

(2) Journal de chirurgie de Desault , t. u, p. 52.

(3) Gaz. sanit., 4 déc., 1766, n. 49. — Journ. de méd., 1er mars 1760. — Méd.

éclairée par les sciences physiques, t. n.

— Bibl. de Planque, t. x. in-4°, p. 870.

— Journal de chirurgie de Desault, t. n, p. 50, 60, 61, 62.

(4) Coste, Traité d’opôr., de Garengeot, t. m, p. 26. — Bibl. de Planque, t. x, in-4°, p. 864. — Journ. de chir. de Desault, t. u, p. 54.

(5) Mém. de l’Acad. royale de chir., t. u, p. 205, in-8°, 1819. — Ambr. Paré, Œuvres compl., p. 775, 1653, in-folio.

TRAITÉ

pour ceux du genou (I). M. Velpeau, entre autres, semble croire que les fractures de la rotule restées avec un écartement étendu des fragments, ne nuisent en rien à la puissance et à l’agilité du membre (2), et qu i! en est de même relativement aux lésions des ligaments supérieurs et inférieurs de cet os (3) A Dieu ne plaise que nous mettions en doute les résultats obtenus par l’illustre professeur, mais nous devons déclarer avoir été moins heureux naguère dans des affections de même nature et tout récemment encore chez deux sous-ofliciers du train des équipages, entrés à l’hôpital de Mustapha-Pacha, pour une fracture transversale de la rotule. G.âce à un traitement bien entendu, et à la bonne volonté des malades, la solution de continuité osseuse avait guéri sms beaucoup d’écartement, et cependant les mouvements étaient loin d’avoir la puissance et l'agilité dont parie M. Velpeau. Quoi qu’il en soit, pour les lésions du genre dont nous nous occupons comme pour les précédentes l’homme de l’art a également a sa disposition : l°la position et le bandage; 2° la suture, et l'un et l’àutre ont été rnis plus d’une fois à contribution avec succès. — Ainsi qu’il résulte des faits rapp rtés par Boucher (4) et par Paré (5) : l’un touchant les fléchisseurs de la jambe divisés a la suite d’une plaie par arme à feu, l’autre relatif également à l’incision totale de deux des tendons fléchisseurs de la jambe recousus bout à bout. — La suture, toutefois, ne doit être tentée au jarret qu’autant qu'il est facilede réunirexactement les deux extrémités du tendon, et il convient, lorsqu’on y a recours, de ne pas s’effrayer de la résistance à laquelle doit nécessairement donner lieu la tendance de ces organes à se rétracter du côté de la cuisse. Au genou, pour le tendon du droit antérieur de la cuisse, peut-être, comme le dit M. Velpeau, y aurait- il quelque avantage a commencer d’abord par l’application du bandage ,

(1) Velpeau, ouvr. cité, t. i, p. 532, 555. — Chelius, ouvr. cité. — Vidal de Cassis. — Phillips.

Ç2) Ouvr. cité, t. i, p. 550.

(5) Ibid., t. i, p. 531 .

(4) Mémoires de l’Académie de chir., in-8», t. ii, p. 205.

(5) Œuvres compl., p. 773, in-folio.

et à n’avoir recours à la suture que secondairement, eu ayantsoin de s’ai laquer d’abord au bout fémoral à raison de sa tendance à se rétracter. Au ligament rotulien, il conviendrait également de commencer par l'extrémité d i bout supérieur. — Dans l’un et l’autre cas il convient d’appliquer un appareil inamovible en ayant soin, comme nous l’avons déjà dit si souvent, de laisser a nu la partie qui correspond à la lésion, afin de pouvoir y appliquer, suivant les circonstances, soitdes sang-ues ou toute autre substance antiphlogistique, soit toute autre substance médicamenteuse.

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