TRAITEMENT DE LA DIVISION DES TENDONS ET DES MUSCLES DE LA CUISSE
Le traitement à opposer aux lésions tendineuses ou musculaires de cette région, se borne au repos et à l’immobilité , une fois les bords de la solution de continuité mis en contact, et la guérison ne se fait pas attendre, à en juger du moins par deux faits que j’ai eu récemment occasion d’obseiver en Afrique r un Maure s’est présenté récemment k moi avec une solution de continuité au muscle couturier et au muscle premier adducteur, et la guérison a été promptement obtenue à t’aide des moyens indiqués, grâce à une intersection cellulofibreuse; depuis, un autre Arabe est venu réclamer mes soins pour une rupture de 1 extrémité inférieure du fascia iliaca, et la guérison a été non moins prompte et non moins heureuse.
DE LA TENOTOMIE APPLIQUEE AU TRAITE- MENT DES LUXATIONS ET DES FRACTURES.
Quelques chirurgienssesont demandé, si l’on ne retirerait pas, dans certains cas, un avantage extrême à mettre a contribution l’opération dont nous parlons, pour remédier «à certaines fractures ou pour réduire certaines luxations, entre autres celles de l’articulation lihio— tarsienne. On conçoit, en effet, que dans certaines solutions de continuité des os de la jambe, ou dans quelques déplacements de l’articulation du pied , la section du tendon d’Achille ou celle de certains ligaments articulaires puisse être d’un grand secours : aussi des hommes recommandables se sont-ils empres-és de la. mettre à contribution. De ce nombre sont
DE MÉDECINE OPERATOIRE.
MM. Laugier (l), A. Bérard (2), Delavaclieric (-1) mais les succès plus que douteux obtenus par ces praticiens ne nous paraissent pas propres à encourager les hommes de l'art dans cette voie : qui de nous, en effet, n’hésiterait pas à les imiter. en songeant que sur les quatre opérés de M Bérard deux sont morts?. . A-t-on assez bien, d’ailleurs, établi et mis hors de doute l’avantage réel qu’en ont obtenu ceux qu’on prétend avoir guéris, pour qu’on se trouve, pour ainsi dire, justitié d'avoir recours à la ténotomie dans des circon- tances semblables?
Aussi, jusqu'à ce que de nouveaux faits aient établi d’une manière positive les avantages que cette nouvelle application de la ténotomie peut procurer, nous croyons qu’il est sage de s’en abstenir.
DE LA MYOTOMIE RACHIDIENNE.
Dans l’état où se trouve actuellement la question de la section des muscles du rachis, et jusqu’à ce que soit vidé le grand débat soumis maintenant au jugement de l’Académie des sciences et de l’Académie de médecine, nous croyons qu’il serait imprudent de se prononcer d’une manière quelconque sur la valeur de la myotomie rachidienne appliquée à certaines difformités de l’épine, aussi nous bornerons-nous à signaler à nos lecteurs les différents écrits dans lesquels ils pourront se former une opinion sur l’effi :acité d’une opération à laquelle nous n’avons, pour notre part, jamais voulu croire, au moins comme efficacité absolue. — Le temps et l’expérience amèneront sans doute bientôt la solution d’une question qui a suscite de si déplorables déliais Ü!
Guérin. — Mémoire sur l'étiologie générale des déviations latérales de l’épine par rétraction musculaire, in-8°, 1839, 20 janvier 1810. — Letire à l’Académie des sciences, 13 août 1840. — Lettre à l’Académie des sciences, 1844.
Phillips. — Ténotomie sous-èutanée, p. là 18.
Malgaicnk. — Journal de chirurgie, mars 1844, avril 1844, p. 37. — Mémoire lu a l'Académie de médecine, 2 avril 1814. — Bull, de l’Académie de médecine.
(D Journal de chirurgie, 1. 1, p. 295,
! octobre 1843.
^ 'k'/L, p. 341, novembre 1843.
(o) Ibid., i. n( p. i ig, avril 1844.
Henroz. — L’Expérience, 1 84 3.
Vidai, dr Cassis. — Annales de chirurgie française et étrangère, 1843.
STRABISME
L’une des plus belles conquêtes de la chirurgie moderne, l’opération du strabisme a suscité naguère plus d’une prétention parmi ceux qui l’avaient d’abord dédaignée : croirait-on, en effet, si on n’en avait été témoin, que les hommes les plusdistinguésde l’époque, api ès en avoir parlé avec un ton d’indifférence, s’en sont ensuite déclarés les plus ch iuds partisans, et s’en sont crus les inventeurs! — Mais, à quoi bon rappeler toutes ces turpitudes ! bornons-nous simplement à décrire tout ce qu’il y a d’important relativement à cette opération ; — et, avant tout, commençons par dire que le strabisme a été défini : une disposition vicieuse des yeux, par suite de laquelle ces organes ne se dirigent pas eu même temps vers le même objet. — On sait, en effet, que, dans l’état normal, les deux yeux, mus par des muscles particuliers, se portent simultanément sur les mêmes objets, et que, quand le contraire a lieu, c’est-à-dire quand il y a défaut d’harmonie entre ces deux organes, on dit que l’individu louche, ou, en d’autres termes, qu'il est atteint de strabisme. — Bien que connu des écrivains des siècles passés, le vice de conformation dont nous parlons aurait néanmoins peu fixé l'attention des praticiens; aussi ne possédaient-ils contre lui que des remèdes fort impuissants. De nos jours, au contraire, il est peu de questions qui aient élé plus étudiées, et nos lecteurs nous pardonneront , sans doute, les détails dans lesquels nous entrerons à cet égard à cause de la nouveauté du sujet.