‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 202 sur 656 · VENT ACCOMPAGNER I.E STRABISME · texte numérisé non relu

VENT ACCOMPAGNER I.E STRABISME

Dans le strabisme simple, une différence plus ou moins grande, mais toujours sensible, existe dans les deux yeux ; l’un de ces orgaues, celui atteint de strabisme, est en effet ordinairement plus faible que l’autre ; il n’est pas rare même de rencontrer cet œil inactif à l’insu i même du sujet : non, toutefois, qu’il faille rapporter cette inaction à une paralysie,, car, le plus souvent, la section du muscle dont la rétraction cause la maladie suffit pour rendre à l’œil sa faculté visuelle ; parfois, cependant, l’amaurose' ayant précédé la déviation, la perte de: la vue persiste.

Maintenant, à quoi attribuer l’am-blyopie (2) dont nous venons de parler ?

(1) Bonnet, ouv. cité, p. G8.

(2) Bonnet, ouv. cité, p. 75. — Bau-

DE MÉDECINE OPERATOIRE.

Faut-il la rapporter à la sensibilité différente de la rétine dans les différents points de son étendue? Les images, eu effet, sont perçues plus aisément, quand c’est, en dehors du nerf optique, dans le prolongement de l’axe antéro-postérieur de l’œil qu’elles arrivent. Ür. comme, dans le strabisme convergent, une partie moins sensible de la membrane nerveuse oculaire se trouve en contact avec les cônes lumineux; rien de plus naturel que les images ne donnent lieu à aucune sensation, puisqu’elles peuvent ne point arriver au cerveau , ou n'y déterminent que des sensations confuses. Or, dans ce dernier cas, il y a, ou trouble de la vision, l'image transmise par l’œil slrabisque étant moins nette que celle de l’œil sain, qui s’est fermé sur un point plus actif de la rétine ; ou diplopie, la condition de la vue simple avec les deux yeux étant que les images se forment sur des points identiques des deux rétines: et, comme chez les strabites les images se forment séparément, il doit y avoir nécessairement vue double « diplopie. » — Dans le cas d’amaurose, rien de plus facileque d’expliquer la non-perception des images ; mais il n’en est pas de même quand il n’y a qu ’amblyopie. Pourquoi, en effet, alors si la rétine et le nerf optique n’ont pas entièrement perdu leurs fonctions, la vue n’est-clle pas toujours confuse ou double chez les strabites ?

La difficulté, on le voit, est réelle , et on est ainsi conduit à admettre que, dans ces circonstances, un effort de la volonté qui néglige l’image transmise par le mauvais œil est l’effort qui prouve, suivant i Le Cat, que « l’œil louche est un parcs- « seux qui reste toujours oisif quand son » collègue agit (1). »

En nous résumant donc sur ce sujet, on reconnaît que le strabisme donne lieu non seulement à une vue confuse, mais s’accompagne souvent aussi de diplopie (2), de myopie (3), d’amaurose et de paralysie apparente ; aussi les individus qui en sont atteints jugent-ils mal des distances, celles-ci s’appréciant par le degré d’ouverture de l’angle optique, au-

-dens. Leçons sur le strabisme, p. 29.

— Phillips, ouv. cité, p. 204. — Dutfrosne-Chassaigne, Du strabisme et du | bégaiement. 1841, p. 17.

D) Traité des sens, p. 24.

(2) Bonnet, ouv. cité, p. 80.

(3; Ibid. p. 77.

trement dit de l’angle formé par la réunion de l’axe des deux yeux sur l’objet.

— Dans le strabisme simple, en effet, un seul œil agissant, il ne saurait y avoir d’angle optique, et on n’a plus dès-lors, pour juger les distances, que le degré d'ouverture de l’angle visuel el les modifications si justement signalées par Muller (1), aussi l’erreur est-elle facile.

— Dans le strabisme double un des yeux" est ordinairement plus .ort, et alors ce dernier agit seul et paraît droiL , l’autrè restant au contraire dévié. — Dans le cas où la force des yeux est égale (cas extrêmement rare), l’un et l’autre se suppléent pour ainsi dire, c’est-à-dire qu’ils servent alternativement à la vision ; et alors celui qui se repose est momentanément dévié. On conçoit, en effet, qu’il est de toute impossibilité que deux yeux qui convergent fonctionnent en même temps, puisque les images tombent sur des points différents de la rétine; et ici encore la volonté est-elle obligée d’intervenir secrètement pour prescrire à la membrane nerveuse un repos et une fatigue alternatifs. — Un autre phénomène curieux a été signalé par M. Phillips (2) et par M. Hélie (3) , il est relatif à la myopie et à la presbytie, dont chacun des yeux se trouve parfois atteint, l’un de ces organes agissant alors pour les objets peu éloignés, l’autre au contraire pour les objets qui le sont davantage— On doit à M. Bonnet l’observation d’une autre particularité morbide, je veux parler de la facilité avec laquelle se fatiguent les yeux des individus atteints de strabisme (4).

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