‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 206 sur 656 · DE L’OPÉRATION DU STRABISME · texte numérisé non relu

DE L’OPÉRATION DU STRABISME

Le temps n’est pas éloigné encore où, pour guérir la difformité dont nous parlons, on conseillait d'avoir recours au masque, aux hémisphères concaves, aux tubes noircis, aux miroirs en lorme de besicles ; Verduc avait même fait construire, à cet effet, pour le strabisme convergent, un appareil en forme de besicles, composé de deux petits miroirs inclinés à angle droit et soutenus par une lige transversale ; ces derniers ayant d'ailleurs pour but de réfléchir la lumière sur l’œil malade et de produire une sensation douloureuse qui forçât le malade à diriger l’organe de la vue en d< hors : mais ces moyens, il faut en convenir, n'étaient guère mis en usage, à raison même de leur infidélité, lorsqu’enfin Stromeyer eut l'idée de guérir cette difformité par la section d'un des muscles de l’œil. Ce fut en 18(8 que ce chirurgien distingué, doot nous venons de parler, publia ses travaux sur ce sujet, et certes il ne se rappelait guère alors qu’un charlatan du dernier siècle, nommé Taylor , s’était vanté de guérir les louches au moyen d’un fil qui étreignait le muscle correspondant à la déviation.

— A Dieffenbacl», du reste, appartient l’honneur d’avoir le premier pratiqué l’opération conseillée par Stromeyer, et d’avoir réussi dans la section des muscles de l’œil, ainsi que vient de le reconnaître l’Académie des sciences dans la distribution de ses grands prix de chirurgie (1), Académie à laquelle Diellenbach avait fait part , au mois d octobre. 1840, des résultats heureux qu il avait obtenus. On se rappelle et

(1) Bulletin de I Acad, des sciences de Paris, séance du 26 février 1844.

TRAITÉ

l'étonnement que provoqua celte communication et les résultats négatifs obtenus par MMi Roux, Velpeau et mon honorable ami M. Sédillot, et les écrits de certains publicistes qui ne craignirent pas d’accuser la véracité du chirurgien de Berlin. Dieffenbach ne tarda pas, du reste, a en etre honorablement vengé; car M. Phillips, l’élève et l’ami de Dieffenbach , n’eut pas plutôt fait connaître que les insuccès des chirurgiens français devaient êlre attribués au peu d’étendue de leurs sections, que tout a coup la scène changea, et qu’on vit les inventeurs se multiplier, et les procédés se succéder, et les journaux médicaux et politiques s’occuper à l’envi de strabisme Heureusement qu’au milieu

des- égarements de celte époque des hommes honorables tels que MM. Velpeau, Bonnet, etc., etc., se sont rencontrés à discuter consciencieusement les faits avances par le charlatanisme et établir la valeur réelle de l’opération.

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