MÉTHODE PAU INCISION
Section du mtade droit interne.
Pivcédé de M. Stromeyer. — « On n iait fermer l’œil sain et l'on recorn- » mande au malade de porter l’œil affecté » de plus possible en dehors de la direc- » lion vicieuse qu’il occupe ; si le stra- » bisme a lieu en dedans, on enfonce » alors dans le bord interne de la con- » jouctive oeulaiie une érigne fine, que » l’on confie à un aide intelligent, qui » s’en sert pour tirer l’œil en dehors; la » conjonctive ayant été soulevée à l’aide » d'unepince, on la divise au moyen d’un » couteau à cataracte, par une incision » pvaliquée daus l’angle interne ; la trac- » lion en dehors est augmentée jusqu’à » ce qu’apparaisse le muscle droit in- » terne, un stylet fin est passé sous ce » dernier, qui est divisé, à l’aide des ci- » seaux courbes ou avec le couteau qui a > servi à ouvrir la conjonctive. Aussitôt >i après l’opération on fera pratiquer des » fomentations froides, et on adminis- » trera une potiou opiacée. Il faudraavoir » soin de continuer pendant quelque « temps à lenir l’œil bien fermé, afin que » l’exercice ait le temps de rétablir le » mouvement normal de l’œil opéré. — » La pratique orthopédique prouve qu’il » suffit de diviser un muscle pour faire « cesser le spasme dont il était affecté et » le rendre apte à reprendre ses fonc- » lions ; quant à l’opération qui vient » d'être décrite, elle ne saurait être plus u dangereuse que la plupart des extirpa- » lions de tumeur enkystée qui cornpto- » mettent rarement l’œil (1). »
Ce procédé fut mis à exécution par le docteur Pauli, de Landau (2), sur une jeune fille de quatorze ans, atteinte d’un strabisme double; mais, nonobstant la fermeté et le courage de la jeune per-
(1) Bciirage zur aperative chirurgie.
Hanovre, 1838.
(2j Annales pour la médecine étrangère, t, xxiv. 1839.
sonne , il fut impossible à l’opérateur de fixer 1 œil en lejenant par la conjonctive. — Il importe donc avant tout de fixer convenablement l’organe, et à cet effet d'écarter auparavant les paupières.
— Un grand nombre d'instruments a été imaginé dans cette intention. Quelques écrivains ont conseillé de se servir du spéoulum de M. Luz&rdi ; d’autres ont recommandé au cimtraire de l'aire usage de l'élévateur de Pellier. — M. Florent Cunier (1) a imaginé une espèce depince dont les branebus se termiuept par deux valves courbesqui s’écartentouse rapprochent à l’aide d’un ressort; à en croire M. Cu riier,crt instrument serait des plus commodes et permettrait à l’opérateur de se passer de.plusieirrs autres. M JulesGué— rin a aussi voulu faire preuve de bonne volonté^, et a fuit confectionner dans la même intention des crochets mousses qu’il a appelés re/'ouleurs des paufdè— rcs (2) ; pour notre part nous nous sommes toujours servi avec avantage du btcpharostat de M. Cliarrièie, qui offre .davantage très-grand, selon moi, d'écarter les deux paupières et de les maintenir dans cet état sans le secours d’aucun aide. — M. Bonnet a aussi fait construire des dilatateurs ides paupières , dont on trouve le modèle dans les gravures dont il a enrichi son ouvrage (3.)j mais nonobstant ce qu’en a dit ce chirurgien distingué (4), nous préférons pour notre part i l’instrument de AI. Cliarrière (b).
MOYENS PROPRES A 1TXEK LE GLOBE OCULAIRE, i
Divers moyens ont été également préconisés pour 'fixep l’organe de la vue.
Ainsi MM. Dieffenbach , Jules Guérin, Baudens semblent préférer, pour cet; usage, de petites érignes ; fl IM. Amassât, Velpeau et Lucien Boyer, emploient plus volontiers les pinces à dents de rat.
— Suivant M. Bonnet ((5), les premier?
offrent l’avantage de fixer l'œil d’uiu manière très-solide, du moment oit en ;
(1) Myotomie appliquée au tra'itemen * du Strabisme. Paris, 1840.
(2) Mémoire sur la myotomie oculaîr- $ parla méthode sous-conjonctivalc. 181?' * in-8°.
(5) Planche n° d.
(4) >Ouv. cité, p. 4ML
(5) On trouvera dans la Btbliographi | une énumération des principaux instte munis inventés pour ocl objet.
(b) Ouv. cité, p. 98.
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DE MÉDECINE OPERATOIRE.
eu soin de saisir avec leurs dents la conjonctive et le f.tscia sous-conjonctival, et de concourir à former le pli que l’on doit diviser. — En se servant, du reste, d'une pince à ressort, les parties restent fixées sans qu’il soit besoin d’aucun eftort pour maintenir l'instrument en place. On a reproché , il est vrai, aux pinces de mâcher les parties qu’elles embrassent , et, quoi qu’on en puisse dire, le fait n’en est pas moins réel ; mais il faut nous hâter de le dire, toutes ces choses ont au fond peu d'importance, et ne valent pas la peine que nous nous y arrêtions davantage.