‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 224 sur 656 · VUE · texte numérisé non relu

VUE

Quelques individus sont assez malheureux pour ne pouvoir travailler longtemps sans voir aussitôt s’affaiblir l’organe de la vue, au point de n’apercevoir plus qu’imparfaitement les objets, et sans éprouver une douleur plus ou moins ■ vive dans l'organe, douleur qui se propage parfois à toute la tète. — C’est cette incommodité que M. Petrequin a proposé d’appeler ko pin pic ou ophthalmokopie, . et que M. Bonnet préfère designersous le nom de disposition à 'la fatigue des yeuxt et au trouble de la vue (5); infirmité observée d’ailleurs par un grand nombre dei chirurgiens et dont personne ne paraît!

s’être occupé sous le point de vue thérapeutique.— M. Bonnet avoue lui-mèmei ne s’in être préoccupé qu’après avoir vu quelques slrabites ou quelques myopes écrire ou lire beaucoup plus longtemps qu'ils ne le faisaient avant d’avoir été opérés (6) , alors seulement il lui vint ; l’esprit que la fatigue des yeux ne se ma-

(t) Ibid., p. 258.

(2) Ibid., p. 254.

(5) Ibid., p. 256.

(4) Ibid., p. 257.

DE MÉDECINE

nifeste que lorsqu’on s’applique à regarder les objets d'un petit volume; c’està-dire, alors que l’œil se trouve comprimé, il serait possible que la section d’un ou de plusieurs muscles pût remédier à cette disposition fâcheuse etl’observation a justifié ses prévisions (1). — A. Dieu ne plaise toutefois que M. Bonnet n’admette qu’un seul élément, je veux dire la compression de l’œil pour expliquer l’état morbide dont nous parlons, attendu qu’il faut bien qu’il y ait quelque autre chose pour rendre la compression douloureuse; soit une irritation ou un excès de sensibilité de l’œil, etc., aussi, a-t-il eu soin de traiter dans autant de paragraphes distincts : — 1° De la fatigue des yeux dépendant d’une inflammation de l’œil (2). — 2° De celle due à une maladie des paupières, l’œil paraissant sain (3). — 3° De celle qui existe avec le strabisme (4). — 4° De celle enfin qu’aucune lésion appréciable n’accompagne, et où il est impossible de découvrir la moindre trace de déviation (5).

Or on conçoit que, quand l’infirmité dont nous parlons dépend d’une phlegmasie oculaire, on ne saurait dans ce cas songer à une opération, et ce qu’il y a de mieux à faire alors, est le repos de l’organe joint à l’ensemble des moyens proposés pour les inflammations profondes dont l’œil peut être atteint. — Quant à celle qui dépend d’une maladie despaupières, peut-être, à moins decomplications dans l’état général, serait-on assez heureux pour en obtenir la guérison par l’arrachement des cils, et la cautérisation du bord libie ou des follicules ulcérés des paupières avec le nitrate d’argent. — Inutile de dire , je pense , que celle qui coexiste avec le strabisme, peut guérir par l’opération destinée à remédier à celte dernière infirmité^ nous ajoutons même que ce fait ne contredit en aucune façon ce qui a été signalé par quelques auteurs, comme un des accilents de l’opération du strabisme : nous voulons parler de la facilité avec laquelle ie fatiguent parfois les yeux des individus opérés du strabisme, celte indispoi ution elant due presque toujours alors à me inflammation chronique de l’organe

H) Bonnet, ouv. cité, p. 29G.

(2) Ouv. cité, 283.

13) Ibid., p. 2,84.

(* 4) llj‘d., p. 289.

1 (5) Ibid., p. 290.

survenue à la suite de l’opération. — - Ce n’est donc que quand la disposition à la fatigue des yeux ne s’accompagne d’aucune altération appréciable de l’œil qu’il faut songera diviser les muscles qui déterminent la compression, et M. Bonnet a conseillé à cet effet la section du muscle petit oblique ; à l’en croire, sur sept (l) malades qu’il a opérés il n’a échoué qa une fois , mais sur les six aulres cinq étaient myopes ; un seul avait donc la portée de vue ordinaire, et, suivant le praticien de Lyon, ces succès sont on ne peut plus encourageants. — Nous serons, on le concevra aisément, plus réservé que M. Bonnet dans l’opération du moyen thérapeutique qu’il propose, car il s’agirait de savoir combien de temps a duré l’amélioration obtenue par ses opérés et surtout de mettre les revers à côté des succès.

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