‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 281 sur 656 · SECTION VIL · texte numérisé non relu

SECTION VIL

OPÉRATIONS AUXQUELLES DONNENT LIEU LES DIFFORMITÉS PRODUITES PAR LES MALADIES DE LA PEAU ET DU TISSU CELLULAIRE.

DES CICATRICES V1CIEÜSES.

Produit d’un travail que les uns ont considéré comme une nuance d’inflammation , que les autres au contraire Ont pensé être un acte de la plasticité inhérente à l’organisme , la cicatrice est un tissu de nouvelle formation toujours identique (1). Les différents aspects qu'elle présente sont, en effet, toujours en rapport avec le degré de son organisation. Ainsi, dans les adhérences de nature récente, elle est formée par une trame purement celluleuse, mais qui peut devenir successivement fibreuse, cartilagineuse et quelquefois même constituer des plastrons ossiformes , ainsi que M. Delpech l’a signalé pour quelquesunes de celles qui viennent au-dessous des côtes (2). C’est surtout à la suite des brûlures que se forment les cicatrices à tissu dense, élastique et rétractile, et par suite duquel les parties ont une tendance extrême à se rétracter, et donnent lieu même parfois au renversement des parties, à celui, par exemple, des orteils sur le dos du métatarse ou vers la plante du pied, etc.; à la rétraction du mollet sur la cuisse et de celle-ci vers le tronc, à la rétraction des doigts , à celle de l’avant-bras et du bras, etc.; aussi cou- ■vient-il de nous occuper maintenant de ce nouveau genre de difformités, si tant est qu’on puisse appeler de ce nom les états morbides dont nous parlons et qui peuvent être rapportés, au point de vue de la médecine opératoire, aux cinq cheis suivants : 1° difformités produites par des cicatrices saillantes , 2° par des tu-

(1) Halle, Histoire médico-légale des cicatrices . ouvrage couronné, 1840, t. i, p. 408, 409.

(2) Velpeau, Méd. opérât.

meurs verruqueuses , 3° par des cicatrices trop étroites ou brides , 4° par des: adhérences , et 5° enfin par des oblitérations anormales.

§ Ier. Cicatrices saillantes.

L’art n’a pas toujours recours aux-, mêmes moyens pour guérir les cicatrice?' vicieuses : ainsi, quand elles sont légères., il suffilsouvent pour les détruire de quell ques applications de nitrate d’argent ; dans te cas contraire , il faut avoir recours à des moyens plus puissants, c’està-dire à l’excision.

A. EXCISION

Lorsque la cicatrice est forte il convient d’introduire un couteau mince à.< deux tranchants sous sa partie moyenne, puis de faire courir l’instrument en rasant la peau jusque sous les extrémitésds manière à ne rien laisser de ce qui sti trouve au delà du niveau cutané; resUt ensuite à penser à plat, à tenir les bords! écartés, et à toucher de temps à autre la; surface, pour l’empêcher de proéminet de nouveau.

§ II. Des tumeurs verruqueuses.

C’est ainsi que M. Hawkins appelle des tumeurs qui prennent naissance sut les cicatrices, se présentent d’abord sous la forme de verrues , puis revêtent plus tard celle d’un fongus, saignant au premier attouchement et finissant par s’ulcérer et se gangrener en même temps qu’il se développe tout autour de nous velles tumeurs. La cautérisation a été mise en usage pour les guérir.

A. La cautérisation a été conseillée, comme nous venons de le dire , contre celte affection , mais elle échoue bien souvent ; aussi est-on presque toujours !

DE MÉDECINE OPERATOIRE.

obligé de recourir à l’excision, ainsi que l’a fait avec succès M. Lisfranc pour une tumeur du volume du poing survenue à la suite de l’amputation du second orteil et sur la cicatrice même qui avait succédé à l’opération.

§ III. Des cicatrices trop étroites ou brides.

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