CHAPITRE Ier
ART. l«r TUMEURS CUTANEES.
Il se manifeste quelquefois à la surace du derme des tumeurs auxquelles le mblic donne volontiers le nom de verues , mais qui quelquefois acquièrent m volume égal à celui d’une grosse noix :t meme un volume plus considérable, ■t on conçoit alors qu’on ne saurait s’en ■endre maître à l’aide des caustiques ont on se sert pour détruire habiluelement les verrues ; alors en effet, sui- 'düt que la tumeur est diffuse et non
circonscrite ou au contraire pédiculée et circon sci i te , il faut avoir recours à
des moyens thérapeutiques différents.
Dans le premier cas en effet, les topiques réfrigérants et astringents, la compression et la cautérisation seuls conviennent ; dans le second, c’està la ligatuie, à 1 incision ou a 1 extirpation qu’il faut avoir recours.
§ Ier. Ligature.
Convenable surtout chez les sujets faibles et pusillanimes, et qui sont atteints de tumeurs dont le pédicule a peu de volume, le manuel opératoire en est des plus simples : il suffit en effet d’entourer le pédicule d’un ruban de soie ou de fil, et de serrer de manière à étrangler complètement les vaisseaux et les autres tissus qui Je composent. La constnction un peu forte offre d’ailleurs un autre avantage, celui de diminuer la doueur et de concourir ainsi au succès de 1 operation.
§ II. Incision.
, Avant d’y recourir, l'opérateur doit s assurer de l’état dans lequel se trouve la racine du pédicule; car, si elle n’était pas complètement saine, on s’exposerait, une lois l’operation terminée à voir reparaître la maladie. L’opération est du reste par elle-même on ne peut plus lacile. L’opérateur en effet tenant la tumeur d’une main avec une pince ou une érigne, à moins qu’il n’aime mieux la confier a un aide, en coupe le pédicule avec des ciseaux bien tranchants ou un bon bistouw, puis, s’il est nécessaire cautérisé immédiatement la plaie qui en resu te avec le nitrate d’argent et, quand eschare tombe , la guérison est ordi- D-ement parfaite ou sur le point de
§ III. Extirpation.
L’altération comprend-elle la totalité de l’épaisseur de la peau dans le point qui lui sert de racine, l’opérateur enlève non-seulement la totalité du mal, mais encore une partie des tissus sains : à cet effet, il pratique de chaque côté de la tumeur une incision courbe, afin de circonscrire une ellipse très-allongée dont le centre est représenté par le sommet de la tumeur ; l’instrument s'arrête d’ailleurs à la couche sous-cutanée, aussi l’opération est-elle prompte et facile.
Quant à la plaie à laquelle elle donne lieu, il convient d’y appliquer des bandelettes agglutinatives, à moins qu’on ne préfère recourir à la réunion par la suture : dans le cas où on n’est pas assez heureux pour réussir, un linge criblé est mis sur la plaie et le pansement n’est plus autre que celui des plaies qui suppurent.
§ IV. Appréciation.
La ligature ne doit être réellement employée que chez les personnes qui craignent l’instrument tranchant, car ce moyen ne saurait être comparé à l’incision et à l’extirpation. L’incision lui est sans coutredit préférable, et à plus forte raison l’extirpation. Rien n’empêcherait au reste au besoin de combiner ces divers procédés : ainsi, par exemple, l’excision avec la ligature ; une fois donc le fil appliqué, l’opérateur pourrait recourir ensuite à l’excision de la tumeur.
Un soin qu’il importe de ne pas omettre, est de panser convenablement la plaie et de tâcher d’obtenir la réunion par première intention; sous ce rapport même, la suture nous paraît devoir être employée de préférence. M. Velpeau conseille de traverser d’abord un repli de la peau sous le pédicule de la tumeur, pendant qu’on la soulève au moyen d’un nombre d’épingles suffisant. Ces épingles une fois placées convenablement ne s’opposent du reste en aucune façon ù l’excision. Bien entendu qu’une fois l’opération faite elles donnent ensuite à l’opérateur la facilité de refermer la plaie, rien ne lui étant facile comme de passer autour d’elles une anse de fil qui complète en un instant la suture entortillée. — Il va sans dire que les cataplasmes émollients et les autres antiphlogistiques remplaceraient immédiatement les divers moyens de réunion
immédiate dont nous venons de parler dans le cas où il y aurait tendance m anifeste al erys.pèlc simple et à plus for •
raison a 1 erysipèle phlegmoneux. ,,a!
ART. U. — TUMEURS CORNEES.
Les productions cornées ont été rencontrées sur les différentes parties du corps, on en a même trouvé en plusieurs endroits chez le même individu: tête et tronc, extrémités supérieures et inférieures, aucune partie n’a été épargnée.
Seulement on conçoit que quand elles sont multipliées, c’est à-dire alors qu’elles existent en grand nombre, on ne peut guère espérer les guérir qu’à l’aide de topiques ou de médications générales.
Lorsqu’elles sont peu nombreuses au contraire, on peut en tenter avec beaucoup de chances de succès, soit la ligature, l’incision ou l’extirpation. Toutefois, halons-nous de le dire, la ligature et 1 incision simple doivent être rarement employées seules, car ces tumeurs sont d’habitude fort implantées dans le derme et on serait obligé d'exercer sur elles alors de trop fortes tractions pour pouvoir placer le fil sur les tissus sains, et de plus la plaie qui résulterait de l’action des ciseaux ou de l’instrument tranchant dans ce cas nous paraîtrait moins favorable à la cicatrisation complète que celle à laquelle donnerait lieu l’extirpation. Lors donc qu’on se décide pour cette dernière, il ne faut jamais omettre de faire agir l’instrument sur les tissus sains afin d’être plus sur de se garantir contre la récidive. Ajoutons que ces tumeurs ne dépassent jamais la peau en arrière qu 'exceptionnellement; le manuel opératoire ne varie guère : le crâne et la face semblent seuls de nature à faire exception, à raison de la portion superficielle de certaines artères. Bien entendu que dans le cas où ces tumeurs auraient jeté des racines jusqu'aux muscles ou aux os, il conviendrait de n'y pas toucher. Du reste, les personnes qui seraient jalouses d’avoir plus de détails sur la maladie dont nous parlons, consulteront avec beaucoup de fruit la thèse de M. Dauxais (i), où se trouvent transcrites non seulement les divers exemples de végétations cornées chez l'homme, mais encore sagement appré- I ciées les diverses tentatives faites dans le but d’en obtenir la guérison.
(1) Des cornes. Paris, in-4°, fig. 1S20. '