CHAPITRE Y
DÉS TUMEURS HEMATIQUES.
Il est quelques tumeurs qui reconnaissent pour cause un épanchement de sang et qui, bien que plus fréquentes dans les bourses synoviales, se rencontrent parfois aussi cependant dans le tissu cellulaire; seulement, le liquide qu’elles renferment ne se présente pas toujours dans les mêmes conditions : tantôt en effet c’est à l’état concret qu’il se trouve, tantôt, au contraire, c’est à l’état fluide ou à l’état demi-concret qu’il se rencontre, et, ainsi qu’il est facile de le concevoir, suivant que l’un ou l’autre de ces états existe, la tumeur à laquelle le produit épanché donne naissance varie elle-même de nature, l’une étant en effet solide, l’autre ou les autres, au contraire , présentant un état opposé ou au moins différent. L’une et l’autre vont nous occuper, et nous les examinerons
TRAITÉ
suivant l’ordre dans lequel nous venons de les indiquer.
§ Ier. Tumeurs hépatiques solides.
Plus fréquentes peut-être qu’on n’est généralement disposé à le penser, ces tumeurs, d’habitude indolentes comme les lipomes, résistent, ainsi que ces derniers, aux divers moyens dirigés contre elles, pour peu qu’elles aient une certaine durée ; aussi est-on dans l’usage de n’employer contre elles aucun agent thérapeutique, ou de se servir pour les combattre des caustiques, de la ligature et de l’extirpation.
A. EMPLATRES ET CAUSTIQUES.
Quelques praticiens ont pensé que les applications d’emplâtres fondants ou de tout autre topique résolutif pouvaient être suivies de succès contre les tumeurs dont nous parlons, et en conséquence les ont préconisées; mais, nonobstant les quelques cas heureux qu’on a rapportés, nous pensons que ce moyen est tout aussi équivoque que celui pour lequel feu M. Champion avait une certaine prédilection , nous voulons parler des injections irritantes. Nous en disons autant des caustiques que quelques-uns ont préconisés et qui, dans la plupart des cas, semblent ne devoir agir que sur la peau. A supposer d’ailleurs qu’on fût assez heureux pour réussir, leur emploi exigerait un temps dont la durée suffirait seule pour nous les faire rejeter.