‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 312 sur 656 · RT. II. — KYSTES HÉMATIQUES EX I-ARTI- CULIER · texte numérisé non relu

RT. II. — KYSTES HÉMATIQUES EX I-ARTI- CULIER

Ainsi que nous l’avons fait pour les i.dadies chirurgicales précédentes, nous enlnuons dans aucun détail touchant s différents points du corps où peuent se rencontrer les kystes hématiues, nous nous bornerons à cet égard à

une simple indication bibliographique ; mais une chose dont nous ne pouvons nous dispenser de parler ici a trait au siège qu’occupe la matière épanchée , c’est-à-dire que le sang pouvant s’accumuler dans le tissu cellulaire en dehors des bourses muqueuses ou dans ces bourses elles-mêmes, il faut nécessairement que nous consacrions un chapitre aux kystes hématiques celluleux, aux kystes synoviaux , bien que le traitement de ces affections soit pour ainsi dire le même que celui des tumeurs dont nous venons de parler.

KYSTES HÉMATIQUES CELLULEUX.

Se développant en dehors des bourses muqueuses, ces tumeurs, par cela même qu’elles se trouvent à leur début entourées de peu de tissu, doivent nécessairement céder plus facilement aux topiques résolutifs, au massage, à l'écrasement et aux vésicatoires volants; aussi est-il d’usage de n’y jamais toucher avant un certain temps, six semaines ou deux mois : on conçoit, en effet, qu’en pénétrant plus tôt dans leur intérieur , on s expose à y faire naître une plilegmasie susceptible de prendre alors d’autant plus d’extension qu’elle ne se trouve arrêtée pour ainsi dire par aucun tissu d'une nature différente, tandis qu’il n’en est pas de même alors que le produit a été enveloppé par des lames organiques dont le rapprochement a constitué le kyste. Alors, en effet, la nature de la tumeur étant pour ainsi dire la même que celle deskystes primitivemcntétablis dans les bourses muqueuses, l’incision pratiquée sur un point déclive a plus de chances de réussite; le séton , les injections irritantes ne pouvant convenir alors, à raison de l’épaisseur de l’enveloppe. 3

ART. 111. KYSTES HÉMATIQUES SYNOVIAUX.

Tci, nous l’avons déjà dit, l’épanchement de sang existe tout d’abord; au milieu de ces tissus à lames plus ou moins concentriques, les topiques résolutifs, le massage et les autres moyeffs dont nous

avons parlé réussissent rarement alors même qu’on les emploie dès le début Aussi, bien qu’il n’y ait aucun inconvénient reel a commencer par les moyens les plus simples, nous n’osons cependant en conseiller l’usage que pendant peu de, 'emps, a. cause du peu de succès quon en obtient, et mieux vaut, selon

TRAITE

nous, quand on a l’intention bien arrêtée de guérir le malade, de recourir tout d’abord à l’incision , à l’évacuation du liquide et à la suppuration du kyste.

ART. IV. KVSTES SEREUX.

Nous appelons ainsi les tumeurs qui contiennent dans leur intérieur un liquide plus ou moins abondant, diaphane et très-fluide, niais qui se sont développés , sinon loin des cavités muqueuses ou synoviales normales , au moins en dehors de ces cavités.

Les kystes peuvent donc se rencontrer sur les différentes parties du corps. Au crâne , ils ont été vus sur les régions frontale, temporale, pariétale, auriculaire, par Ileister (1), Velpeau , Champion de Bar-le-Duc (2) ; à la l'ace, aux lèvres supérieure et inférieure, par Ph. Portai (3), Jourdain (4); au cou, à la partie antérieure et postérieure , par MAI. Champion et Velpeau (5) ; au Ihorax, par Rudolphi (6); au dos , par Heister (7), Velpeau (8); aux parois abdominales, par Basletla (9) et M’Farlane

(10) ; à la fesse , par Bécamier (1 1) ; à l’aine (12) , à la cuisse (13), à la jambe, par Paroisse (l 4) ; au bras, à l’avantbras, à la main et au pied (15). Ils peuvent d’ailleurs y acquérir un volume énorme , ainsi que le disent Percy (IG) et Powel (17) ; mais en général iis ne dépassent guère le volume d’un œuf de poule. Il faut se garder, du reste, de considérer dans tous ces cas ces kystes comme sans gravité aucune : les exeni-

(1) Thèse de Haller, t. v, p. 241.

(2) Velpeau, Médec. opérât., t. ni, p.

(3) Clin, cliir., t. 2, p. 239.

(4) Dictionn. des sc. médic., t. xxvu,

(5) Ouvr. cité, p. 172.

(6) Journ. anal., n° 7, p. 105.

(7) Ouvr. cité, p. 272.

(8) Ouvr. ci lé, p. 172.

(9) Bull, de Fèrussac, t. x, p. 95.

(10) Encycl-, p. 55. 4S3ü.^

(11) Gaz. méd., t. î, n° 55, p- 519.

(12) Velpeau, ouvr. cité, p. 175.

(15) Thèse de Slrasbourg, p. 14-18-20.

(14) Journ. géh. de méd., p. 15.

(15) Velpeau, ouv. cité, p. 175.

(10) Diciionn. dessc. médic., t. xxvu, p. 50.

(17) London med. Journ., t. il, p. 144.

pies malheureux que l’on trouve dans la science, quoique rares, n’en démontrent en effet pas moins que, dans cerlains cas, ces tumeurs constituent une maladie sérieuse et peuvent donner lieu aux accidenls les plus graves.

TRAITEMENT

Le traitement propre aux kystes séreux n’est autre que celui dont il a été question pour les kystes hématiques ; toutefois nous en exceptons les topiques résolutifs et les caustiques , la compression et les vésicatoires, ces moyeus n’offrant aucune chance de succès. L’écrasement et la ponction à l’aide d’une aiguille ne doivent même être que rarement essayés , car ils rie nous paraissent pas de nature à réussir souvent.

Nous n’en dirons pas autant des injec tions irritantes avec la teinture d’iode, car elles réussissent fortsouvent. On peu recourir du reste à l’incision de la tu meur, celte incision pouvant suffire pou: en déterminer l’inflammation et la suppuration ; on pourrait aussi fendre L tumeur et la traverser avec de petit, sétons. Quant k l’extirpation, il ne faut k notre avis, y avoir recours que dan:

des cas exceptionnels. — Le traitemen vurierail, on le conçoit , si Ton avait at faire k des kystes multiloculaires o:

hydatiques : dans ce cas, en effet, il con viendrait de fendre la tumeur en difft rents points, afin d’enlever sûrement le parties qui ia constituent, ainsi que l’or: fait avec succès MAI. M’Farlane (i) « Colson (2) le premier , pour un kysl situé dans la région iliaque; le seconc pour une tumeur analogue qui exista entre la vessie et le rectum , ainsi qu nous le dirons au sujet des kystes sync viaux et des kystes en bissac.

ART. V. — KYSTES SYNOVIAUX.

Désignés autrefois sous les noms c ganglions, de nodus, et connus des gen du monde sous ceux de nerfs foulc\ tordus ou noues, les kystes synoviaux : développent ou dans le voisinage d articulations, ou sur le trajet des tci dons. Un nom particulier a été léser à chacun d’eux : les premiers portent, <

(1) faicyckigrapli. des sc. méd., p. 5

(2) Rev. méd,, t. rv, p. 53. 1827.

DK MÉDECINE OPERATOIRE.

effet, le nom de kystes synoviaux articulaires; les seconds, celui de kystes synoviaux tendineux. Ils ne dépassent ^uère du reste d’habitude le volume d’un œuf ou d’une noix, et ils semblent dus à une espèce de hernie ou d’appendice des cavités synoviales. Leur existence est d’ailleurs fort étrange : quelques-uns disparaissent sous l'influence de causes diverses , la grossesse (l), le printemps (2j ; d’autres, au contraire, résistent aux divers moyens chirurgicaux dirigés contre eux : aussi est-il d’usage de ne s’en occuper qu’autant qu’ils acquièrent pour ainsi dire un volume anormal, ou qu’ils incommodent le sujet qui en est atteint. Ils n’ont pas tous les mêmes caractères physiques; témoin ceux dits kystes crépitants , et qu’on rencontre habituellement à la face palmaire du corps : ^ceux-ci sont , en effet , à concrétions mobiles. On rencontre assez souvent aussi à cette région les tumeurs en bissac qui avaient fixé, on le sait , l’attention de Dupuytren , et qui semblent réclamer, pour ainsi dire, une thérapeutique spéciale, ainsi que nous le dirons après nous être au préalable occupé du traitement des kystes synoviaux proprement dits.

TRAITEMENT

Le traitement des kystes synoviaux ne diffère pas de celui que nous avons déjà examiné pour les kystes hématiques et les autres tumeurs du même genre. Ici encore, en effet, nous allons retrouver : 1° les topiques résolutifs, 2° les vésicaoires volants, 3° les moxas, 4° les causiques, à» la compression , 6» l’éerasenent, 7° la ponction sous-cutanée, 8° le éton, 9° les injections irritantes, 1 0°l’intision, et 11° l'extirpation.

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