‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 320 sur 656 · CRÉPITANTS · texte numérisé non relu

CRÉPITANTS

La thérapeutique de ces ganglions nous paraît si importante que nous avons cru devoir leur consacrer un chapitre spécial. La facilité avec laquelle, en effet, s’enflamment et suppurent les toiles synoviales de la paume de la main et celles de l’avant-bras exclut naturellement du traitement de ces kystes l’emploi des caustiques , des moxas , de la ponction et des injections irritantes. Le séton lui-même semble peu convenable, puisqu’il ne peut réussir qu’en faisant naître dans la tumeur une inflammation; nous en dirons autant de l’incision. Restent donc les topiques salins , les pommades résolutives , les vésicatoires volants, la compression, l’acupuncture, les ponctions sous-cutanées : en persévérant dans d'emploi de ces moyens et en les combinant entre eux, on parvient quelquefois à faire disparaître la tumeur , ainsi qu’il nous est arrivé récemment sur un sous-officier des chasseurs d’Afrique et un maréchal-des-logis-chef du train des équipages ; chez ce dernier même il nous a été facile de nous convaincre qu’il n’élaitpas nécessaire, pour obtenir la guérison de ces tumeurs, de faire sortir les concrétions granuleuses que renferment souvent ces tumeurs.

Nous les avons vues en effet, chez notre

malade, s’agglomérer , se confondre entre elles, et ne plus former que des plaques indurées à peine perceptibles. On ne saurait se dissimuler du reste que les incisions sous cutanées , appliquées aux tumeurs dont nous parlons, ne peuvent que difficilement donner issue aux concrétions h ydati formes, et ne remédier par conséquent qu’à une partie du mal.

Il est vrai qu’à l’aide d’un fer de lance il est si facile de vider le kyste du fluide synovial qu’il contient et de déchirer ensuite les parois eu divers sens , que nous concevons que ce moyen conserve quelques partisans.

Avant tout, ce qu’il importe de ne jamais oublier dans le traitement des kystes dont nous parlons , c’est de ne recourir à l’incision qu’à la dernière extrémité, c’est-à-dire que quand la tumeur ne peut plus être supportée par le malade, encore convient-il dans ces cas de toujours prévenir ses parents ou ses amis que l’opération, quoique très-simple en elle-même , peut être suivie cependant des plus grands dangers et même de la mort. C’est surtout quand les kystes siègent à la région palmaire que ce dernier accident est à craiudre ; aussi devrait-on s’abstenir d’y avoir recours dans le cas où on aurait lieu de supposer que le kyste se continue avec la capsule synovial En pareille circonstance, mieux vaudraient encore le séton ou les petits sétons.

Page 1