‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 331 sur 656 · C. TATOUAGE · texte numérisé non relu

C. TATOUAGE

Ce procédé, recommandé par Pauli, paraît emprunté à l’armée. On sait, en effet, que nos soldats se tatouent volontiers les bras et la poitrine , et s’y font graver, outre les noms qui leur sont chers, des figures que les lotions et les vésicatoires ne peuvent enlever : eh bien , le chirurgien allemand a pensé qu'eu substituant la couleur blanche à la couleur bleue ou rouge on obtiendrait de bons résultats, et, à l’en croire, il en aurait déjà oblenu. Ainsi , au lieu d’imiter nos soldats, qui commencent par écrire avec de la craie rouge les caractères qu’ils veulent tracer sur la peau, qu’ils couvrent de vermillon ou d'indigo , pour y enfoncer ensuite obliquement les pointes de trois épingles qu’ils ont fixé dans un bouchon, et qu’ils enfoncent jusqu’à ce qu’il sorte une gouttelette de sang , se réservant de frictionner ensuite la partie, en terminant, avec la couleur qu’ils ont primitivement choisie, M. Pauli propose de recourir au procédé suivant : La partie doit être d’abord lavée avec de l’eau de savon, puis frottée , afin de faire pénétrer le sang dans les mailles les plus déliées du tissu érectile. La peau est ensuite tendue et recouverte d'une couche de couleur analogue à celle de la peau saine, et composée de blanc de céruse et de vermillon; cela fait, on la pique avec trois épingles que l’on a soin détremper de temps en temps dans la couleur. Et dans le cas où la tumeur est très-étendue, il convient, afin d’éviter un gonflement trop considérable, de n’agir que sur une petite partie de la tumeur. A en croire TVI . Pauli, le choix de la couleur peut: être con>idéré à bon droit comme le point le plus difficile du procédé : car , pour en bien juger, il faut avoir pour ainsi dire l’œil exercé d’un peintre. En

DE MÉDECINE

tout cas, il convient de se rappeler que la teinte doit en être plus claire que celle qu’on désire obtenir, et de prendre une couleur d’autant plus rosée qu’on s’approche des pommettes.

D. SETON ET SÉTONS MULTirLES.

M. Fawdington passe pour avoir le premier appliqué ce moyen à la guérison des tumeurs érectiles, MM. Lawrence , Macilwam Langstaff paraissent y avoir eu recours aussi avec succès. M. Velpeau dit également avoir eu à se louer de l’application de plusieurs sétons : ainsi , armant sa main d’une aiguille simple et droite, ou d’une aiguille en fer de lance courbée près de la pointe , M. Velpeau passe trois, six, dix, quinze ou vingt fils dans toutes les directions, de manière à en cribler la tumeur sur tous les points , en ayant soin que chacun des points du fil représente une grande anse libre qu’il coupe ensuite par le milieu; puis, les deux bouts une fois liés en autant de cercles faciles à tourner dans la tumeur, il en sépare le lendemain la portion libre de tous les anneaux qu’il a fixés par en haut au moyen d’une plaque de diacliylon, et il leur imprime un mouvement dé va-etvient qui les fait glisser chacun dans |e point de la tumeur qu’il a traversé. La même manœuvre se reproduit jusqu’à ce que l’inflammation s’empare de la tumeur : alors tous les fils sont enlevés; puis viennent les émollients, les résolutifs, et la diminution successive delà tumeur, qu’on soumet de nouveau au même traitement en cas d’insuccès. — M. A. Bérard se sert surtout de ce moyen pour les tumeurs érectiles veineuses étendues et profondes; seulement il a modifié le procédé de la manière suivante : c’est-à-dire qu’après s’être servi pendant cinq à six jours de sétons, il en passe chaque extrémité au travers des boules d’ivoire du serre nœud de Roderic pour les serrer , et étrangler en quelque sorte à demi la tumeur.

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