C. CAUSTIQUES
a. Un grand nombre de procédés ont été conseillés , et nous nous garderons bien de les rapporter tous. Ils trouveront d’ailleurs leur place dans la bibliographie. Et pourtant peu de moyens ont été l’objet de plus de réprobation.
J. Frank avoue qu’il ne comprend pas qu’on revienne à l’emploi de pareils moyens. Suivant Boyer, la cautérisation donne lieu à des douleurs atroces, filon honorable maître, fil. Bégin, la consi-
DE MEDECINE
dère comme propre seulement à hâter le développement de l’état cancéreux.
J’en dis autant de M. YVedelius, de M. Velpeau , etc. Il est vrai que Callisen , Hodgson , Guthrie , Weller , Wardrop, Lawrence, Lee, Langstaff, Houx , liiggimbollom disent en avoir retiré de bons résultats ; mais l'autorité de ces noms ne saurait nous empêcher de déclarer que c'est un moyen qui nous parait peu propre à la guérison des tumeurs érectiles.— La cautérisation peut du reste être employée de différentes manières , soit disséminée , soit en nappe , etc. , ainsi que nous allons le dire.
b. Cautérisation en nappe. — L’opérateur , après avoir , au préalable , humecté la surface qu’il* veut cautériser, y applique un fragment de potasse , qu il tient avec des pinces ou un porte-caustique, etc., et avec lequel il frotte toutes les saillies , toutes les anfractuosités de la plaque ou de la tumeur, en prenant garde de rien laisser tomber du caustique sur la peau non malade. — [Le chirurgien laisse ensuite tomber la croûte , ce qui arrive ordinairement du quatrième au dixième jour ; puis , une fois les parties à nu , il recommence de nouveau, et ainsi de suite jusqu’à parfaite guérison; et, à supposer que la cicatrisation ne se soit pas formée pendant ce temps au-dessous , le pansement auquel il conviendrait alors d’avoir recours ne serait autre que celui dont on se sert journellement pour les plaies simples.
c. Cautérisation disséminée. — Le chirurgien , s’il veut se servir de ce moyen, place un nombre indéterminé de grains de potasse à une certaine distance les uns des autres et simultanément ou successivement , de manière à former un nombre indéterminé de petits cautères , qu’il laisse suppurer d'abord et guérir ensuite. Et la guérison a lieu quelquefois sans reproduction du tissu érectile , du moins si l’on en croit MM. Laugier (1), Allier (2), etc.
d. Cautérisation par le nitrate d'argent.— MM. Græfe (8) et Guthrie préfèrent se servir de nitrate d’argent pour les tumeurs érectiles superficielles et peu épaisses.
(t) Tarral, op. clt., p. 200-205.
(2) Journ. des conn. rnéd.-chir., p. 88, 1838. 1
(2) Tarral, ibid., p. 211.
e. Cautérisation avec l acide nitrique.
— Quelques chirurgiens ont conseillé, pour des tumeurs volumineuses , une injection composée d’eau et d’acide nitrique, dans la proportion de 4 grammes d’eau pour 3 à 6 goutles d’acide, qu on. introduit dans la tumeur à l’aide de la seringue d’Anel.
f. Cautérisation avec le caustique cle:
Vienne. — < M. A. Bérardaime mieux se servir, pour les tumeurs superficielles ou de nature capillaire, du caustique de Vienne , qu’il étend d’abord sur elles , et qu’il enlève ensuite au bout de cinq à dix minutes, sauf à le réappliquer plus tard dans le cas où la première application ne suffirait pas. Il est vrai que , dans le cas où les tumeurs sont profondes et de nature veineuse, au lieu de les traiter par le caustique de Vienne, il se sert, au contraire , de dix à douze épingles qu’il enfonce dans la tumeur, et qu’il relire au bout de cinq à six jours pour injecter dans les divers orifices qu’elles ont faits un peu de nitrale acide de mercure, moyen qui, à coup sûr, est loin d’être innocent , et que nous sommes loin de conseiller.
g. Procédé de Wardrop. — L’opérateur dont nous parlons ne se sert pas de potasse dans le but de détruire la partie, mais seulement dans l’intention de faire naître une ulcération propre à s’étendre à toute la masse. — A cet effet, il place sur un point de celte dernière un emplâtre de diachylon percé d’un trou , afin de diminuer l’action du caustique; puis, la main armée d'un crayon de potasse , il en frictionne la peau de manière à obtenir une eschare ; et , dans le cas où elle serait trop superficielle , il a recours à une seconde ou en établit, au besoin , une nouvelle sur un autre point de la tumeur. — One fois , du reste , l’eschare formée , l’opérateur n’y touche plus, et laisse la partie s’ulcérer au-dessous , s’estimant très - heureux quand il voit disparaître peu à peu la tumeur sans que l’ulcération s’étende au delà des parties malades.