C. NERF TIBIAL ANTERIEUR
Manuel opératoire. — A en croire Ricord, ce nerf pincé entre les fragments d’une fracture des os de la jambe,- aurait occasionné la mort du sujet, en faisant naître les accidents les plus graves; rien donc de plus naturel de concevoir qu’une névralgie soit assez douloureuse pour en réclamer l’excision.
Manuel opératoire. — L’endroit qui nous paraît le plus propre à l’isolement est celui où cet organe, passant au-dessous et en arrière de la tète du péroné, cesse de porter le nom de nerf poplité pour revêtir celui de tibial antérieur.
A cet effet, l’opérateur, une fois le membre un peu fléchi et tourné sur son côté externe , pratique une incision étendue depuis la lin de l’espace poplité jusqu’au commencement de la fosse inler-osseuse antérieure de la jambe , de façon à ne pas quitter la rainure qui sépare le tendon du biceps de la racine du muscle jumeau externe et à croiser la face antérieure et externe du péroné immédiate-
ment au-dessous de la lèle de cel os. — Divisant ensuite successivement la peau, le fascia sous-culané et l’aponévrose , l’opérateur arrive au cordon nerveux en écartant les tissus à l’aide de la sonde , et trouve là le nerf entre le jumeau, situé en bas, en dedans, et le tendon du biceps, qui se trouve au contraire en haut et en dehors avec la tête du péroné et le bord postérieur de ces os ou du muscle long péronier latéral , qui se voit en avant.
Rien n’empêcherait du reste en cas de difficulté d’inciser jusqu’à l’os toute l’épaisseur du muscle péronier lui-même , de manière à être sur de ne pas laisser échapper le nerf; il est difficile de croire en effet qu’on ne rencontre pas cet organe en portant son examen depuis la tête osseuse jusqu’à près de 3 centimètresau-dessous. 1 testerai t ensuite à le soulever avec une sonde cannelée ou à l’aide d’une érigne et à l’exciser, ainsi que l’a pratiqué avec succès M. Yvan (1).
D. NERF TIBIAL POSTERIEUR.
En se rappelant les dispositions anatomiques du nerf tibial postérieur, on ne tarde pas à se convaincre qu’on ne pourrait en pratiquer l’excision sans dangers réels que depuis l’endroit ou le mollet se termine jusqu’à celui de l’entrée de la plante du pied; cl l’endroit le plus convenable nous paraît être derrière la malléole interne.
Manuel opératoire. — Le chirurgien, après avoir mis la jambe dans la demiflexion, et sur son bord externe, pratique, une incision de C centimètres, parallèlement à l’axe du membre, à I centimètre environ du bord postérieur de la malléole interne , et divise ensuite, et comme s il s’agissait de la ligature de l’artère tibiale postérieure, la peau, le fascia sous-cutané et l’aponévrose ; puis il trouve en arrière et eu dehors île l’artère, au milieu d’un tissu cetlulo-graisseux assez lâche, le nerf, qu’il distingue à sa teinte jaunâtre, à son volume, à sa forme et à son absence de battements, qu’il soulève et dont il excise une partie après l’avoir isolé.
ART. vin. NERFS DE LA CUISSE.
A. Nerf sciatique.
Procédé de M. Malagodi. — Le malade doit être couché sur le ventre. Le
(1) Rev. méd., t. r, p. 7 -2.
TRAITE
chirurgien, placé du côté malade, tend avec le pouce et l’indicateur gauches les téguments ; puis coin me rÿce . à quatre travers de doigt au-dessus du creux poplité, une incision, qu'il prolonge de bas en haut dans l'étendue de G à 7 centimètres. Divisant la peau et l’aponévrose il tombe dans l’intervalle des muscles fléchisseurs , les sépare avec le doigt et Je manche du scalpel, puis, mettant le nerf à découvert, il le sépare des vaisseaux, passe au-dessous d’eux l’indicateur et fléchit la jambe afin de rapprocher le nerf de la plaie extérieure; coupant ensuite cet organe avec un bistouri concave et boutonné , il eu excise environ 4 centimètres, réunit la plaie par première intention, et met la jambe dans l’extension (1). Bien que le malade opéré par M. Alalagodi soilguéri de la névralgie dont il était atteint; nous n’oserions cependant conseiller sans motifs puissants une semblable opération. Sans doute c’est beaucoup d'être débarrassé de douleurs né vralgiques; mais n’obtenir un sein blable bienfait qu’à l’aide d'une paralysie de la jambe et du pied, d’un sentiment de pesanteur et de fourmillement et d’uçe sensibilité obtuse de la partie interne de la jambe , n’est-ce pas le cas de se demander si le remède n’est pas pire que le mal ? Et pourtant, qu’on daigne le remarquer, nous ne rejetons pas d’une manière absolue l’opération, seulement nous croyons qu'on ne saurait trop réfléchir aux conséquences avant de se résoudre à la pratiquer.