CHAPITRE PREMIER
«SIDERATIONS GÉNÉRALES RELATIVES A
L’iNCIslON DE LA PEAU DANS LES L1GA- . \
rURES ARTERIELLES.
Les divers traités de médecine opérare et d’anuloinie topographique que science possède ne renferment rien particulier, ou du moins bien peu mots, sur la manière dont il convient pratiquer l’incision cutanée , alors ’iî s’agit de placer une ligature sur vaisseau artériel : si nous exceptons, effet , l’incis on obi que recommane par M. Lisfranc dans un manuel jà vieux, c’est en vain qu’on cherchet quelque chose de relatif au sujet nt nous parlons dans les livres les is modernes ; or, cette incision obliî, il laut le reconnaître , est nonlement tout à fait étrangère à la dition et à la position du vaisseau , is encore expose souvent l’opérateur iviser des interstices musculaires qui ivent donner lieu , surtout vers la •lie inférieure de la jambe , à plus ne méprise. Or, quand on jette les îx sur un squelette naturel sur lequel a eu soin de conserver les artères les muscles de. soutien dans le but chercher, et dans le système artériel dans le système osseux , des points permettent d'étaldir quelque chose positif sur les règles à suivre pour tiquer les incisions dans les cas dont 15 parlons, on ne peut s’empêcher tre Irappé, par exemple pour l’artère (raie, de cette circonstance, savoir:
; Je vaisseau, à son origine, se trouve ne égale distance de l’épine iliaque
antéro-supérieure et de l’épine du pubis; et qu’à la partie intérieure de l’artère se trouve également un autre point fixe qui peut servir de guide à l’opérateur, savoir : la face interne du condyle fémoral dans l'endroit correspondant à l’insertion du tendon du grand adducteur. Qu’on incise, en effet, la peau dans la direction d’une ligne qui unirait les deux points dont nous venons de parler (le milieu de l’arcade crurale et Je condyle interne du fémur) , 'et on reconnaîtra qu’une incision pratiquée dans celte direction correspondra dans toute son étendue au vaisseau ; la saphène restant toujours à la partie interne de l'incision , le couturier derrière la ligne en dehors ou en dedans, suivant que la ligature portera à la partie moyenne , dans le triangle inguinal , ou à son passage a travers le troisième adducteur. Bien plus , c'est à la terminaison de la ligne dont nous parlons qu’il faudrait également faire porter l’incision , dans le cas où l’on voudrait lier la poplitée dans sa portion crurale d’après les procédés Jobert et Osmead.
Si de la cuisse nous passons à la jambe , nous trouverons , pour ainsi dire , des règles aussi sûres pour ce qui concerne la ligature de la tibiale antérieure : ainsi , celte artère , née de la poplitée au niveau de l’extrémité supérieure de l’espace inter-osseux, se dirige en avant à travers l’ouverture qui lui est réservée, et qui se Irouve près du péroné, de telle sorte que le cône triangulaire que représente le tibia à sa partie supérieure a son bord externe dirigé obliquement de haut en bas et en de-
TriAITÉ
dans , et touche à la lête du péroné , puisque c’est là que celle dernière vient s’appuyer : aussi, en faisant tomber une ligne de l'articulation péronéo tibiale supérieure à peu près sur le milieu d’une ligne transversale qui unirait en avant les deux malléoles, on aurait la direction exacte de I artère tibiale antérieure. Or , entre cette ligne et la crête du tibia existe un espace triangulaire à large base supérieure , et cet espace est occupé par le jambier antérieur. — Quant à l’artère poplitée, c’est au milieu de l’espace iniercondyloïde qu’on la trouverait. Pour l’artère tibiale postérieure, il faud-ait la chercher dans la direction d’une ligne étendue du milieu de l’espace intercondyloïdieu à 1g malléole interne, à 3 ou 4 lignes (12 millimètres environ) derrière celte apophyse. Il importe de faire remarquer, du reste, que l’indication donnée par les auteurs pour la ligature au gras de la jambe n’est pas un moyen sur; les 3 centimètres (un pouce) , ou le grand travers de doigt , qu’ils conseillent de laisser entre l’incision cutanée et le boni interne du tibia , ne sont souvent pas suffisants : car le vaisseau n’est pas situé directement au fond de la plaie ; mais il se rencontre, au contraire, plus ou moins loin derrière la lèvre externe. On conçoit donc qu'il convient de se régler ici sur le plus ou 1e moins d’embonpoint du sujet , et sur le plus ou le moins de développement du système cellulo-musculaire ; le mollet bien arrondi de l'homme tort et robuste, tout en éloignant les vaisseaux des téguments, laisse cependant deux points fixes : le bord postérieur de l’os et le vaisseau, c’est-à-dire l’artère tibiale postérieure elle-même ; nais il n’en est pas de même du lieu *,<>• lequel l’instrument tranchant doit porter, ce lieu étant susceptible de varier suivant I état (l’embonpoint du sujet, ainsi qu il e>t facile de s’en convaincre en jetant les yeux sur plusieurs sujets d’un embonpoint différent.
Aux membres supérieurs , on peut a,ussi invoquer les secours de 1 anatomie pour indiquer le trajet suivi par les artères. Ainsi , à l'avant bras, une ligne éten lue de la partie antérieure de l'épitrochlée à l’os pisiforme indique la direction de l 'artère cubitale dans les trois quarts inférieurs. Le milieu du pli du bras cl la saillie de l’apophyse styloïdc du radius, mis eu rapport par une
ligne droite, sont les denx points fixes qui serviront à établir le trajet de l’artère rculiate ; seulement ce vaisseau, dans sim liers supérieur, se trouvera séparé de l’incision par le faisceau le plus antérieur du long supinateur. Poun V artère inter osseuse antérieure , let données anatomiques, il faut en couve* nir , ne sont d’àucun secours; aussi; dans ce cas, l’incision oblique de M| Lisfranc peut offrir quelque avantage, en permettant de reconnaître plus aisément les faisceaux du muscle llécbisseui superficiel qu’il convient de jeter ec dehors , le profond devant être dirigé en dedans. Quant à l 'artère humérale f elle se trouve dans le trajet d’une ligm étendue de l’aisselle à l'union du tiers antérieur avec les deux tiers postérieurs de cette région , au milieu du pli du bras.
Maintenant, avons- nous besoin dr dire que les ligues dont nous venons de parler correspondent aux interstice musculaires à travers lesquels l’opéra leur doit aller à la recherche du vais seau ; ainsi qu’il est facile de s’en assurer pour les artères tibiale antérieure radiale , cubitale , etc. , où cette dispo sition est surtout remarquable?