‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 465 sur 656 · C. DES KYSTES ET POLYPES · texte numérisé non relu

C. DES KYSTES ET POLYPES

J.-L. Petit, Pellier, Boyer, etc., ont eu occasion de rencontrer sur des points des conduits lacrymaux, des espèces de kystes qu’ils ont traités avec succès par des applications résolutives, mais qu’on pourrait au besoin cautériser après les avoir ouverts. Nous avons rencontré récemment sur le point lacrymal d’une jeune Maure un petit fongus qui ressemblait à celui que Demours a décrit (2), seulement il existait dans le cas que nous avons observé au point lacrymal supérieur. Il a du reste parfaitement guéri par l’excision et la cautérisation. Il paraîtrait que des espèces de polypes ont aussi été rencontrés sous forme de végétations aux points lacrymaux, mais ces cas néanmoins sont extrêmement rares.

D. TUMEUR et FISTULE LACRYMALES.

La tumeur lacrymale a son siéce au grand angle de l’œil; elle est circou-

0) Méd. opér., t. m, p. 3

î?1?1'.011 30vo,-> <• xvn, p. 373.

(-) i recis des mal. des veux. 1821.

TRAITÉ

sente sans changement de couleur de la peau, et d’un petit volume : à part même un peu de gêne dans les mouvements des paupières et du globe de l'œil, elle n’occasionne aucune incommodité. Comprimée avec le doigt, elle se vide ou par les points lacrymaux ou par le canal nasal ou par les deux organes en même temps : on reconnaît du reste qu’elle se vide par la dernière cavité à l’humeur qui y était contenue et qui s’échappe alors par la narine, humeur de couleur limpide et quelquefois pourtant de consistance du blanc d'œuf ou de couleur blanche et comme purulente , reconnaissant presque toujours pour cause l’ obstruction du canal nasal occasionnée elle-même par l’épaississement de ses parois, ou la consistance plus grande de l’humeur lacrymale , ou bien encore par une cause fréquente, il est vrai, mais qui n’avait échappé ni à Anel ni à J.-L. Petit, nous voulons parler du cas dans lequel l’obstacle semble naître d’une obstruction du canal déterminée par l’amas d’humeur qui suinte des parois lacrymales et du canal nasal, ainsi qu’il doit arriver dans les cas où il existe une inflammation chronique des parois du sac ou du canal lui-même. Quoi qu’il en soit , la tumeur lacrymale , alors qu’elle ne s’accompagne d'aucun larmoiement abondant ou de rougeur aux paupières, ne nous paraît réclamer aucun traitement particulier et n’exiger d’autres soins que d’être vidée de temps en temps, dans le but de s’opposer à l’ oblitération de l’humeur qu’elle renferme et de prévenir par conséquent ainsi la trop grande distension du sac lacrymal, et la phlegmasie ou la rupture de ses parois. Lorsque au contraire la tumeur acquiert un volume plus considérable et que les larmes s’échappent continuellement, en même temps que les paupières s’enflamment , alors il convient d’avoir recours à quelques-uns des moyens connus. De ce nombre se trouve le bandage de Fabrice d’Aqua— pendente, composé de deux bandes d’acier qui se croisent à leur partie moyenne, et dont la courbure répond à la convexité de la partie supérieure de la tête, et porte antérieurement une branche mobile qui se joint à la branche fixée par une charnière et qui s’abaisse à volonté, au moyen d’une vis qui traverse un écrou dont la branche fixe est percée à son extrémité; au bout de celte bran-

che mobile , courbée de telle façqn quelle peut.êlre appliquée sur le front et portée par en bas sur le grand angle de l’œil, se trouve une petite plaque que l’opérateur garnit d’une pelote couverte d’un morceau de peau de chamois très-fin, et qui doit appuyer sur la tumeur lacrymale. Quant au reste du bandage, il est couvert d’élofife et les trois autres bandes sont terminées inférieurement par des rubans au moyen desquels on le fixe sur la tête du malade. Quelques praticiens préfèrent, il est vrai, le construire avec un cercle d’acier ovale, qu’ils couvrent de taffetas, qui sert à le cacher sous les cheveux. Le milieu de ce cercle porte sur la partie supérieure du coronal, tandis que ses deux extrémités, et dont l’une est garnie d’un bouton et l’autre de trois ou quatre trous rangés sur une même ligne, se fixent sur l’occipital en faisant entrer le bouton de l’une dans un des trous de l’autre. Une branche d’argent courbée et garnie d’une plaque destinée à appuyer sur le grand angle de l’œil, à l’aide d’un ressort d'acier long de 54 millimètres' descend de la partie antérieure et moyenne de cet instrument, et le ressort d’acrcr s’y fixe supérieurement et son autre bout appuie sur la partie antérieure de cette branche. Toutefois, il faut se hâter de le reconnaître, quelque bien fait que soit ce bandage, il est rare que la tumeur ne se remplisse pas, et cela malgré ce qui a été fait pour s’y opposer. Et pourlant, il faut le dire aussi, quelques praticiens se sont bien trouvés de ce bandage, et nous-même l’avons employé avec succès récemment chez un officier d’administration des subsistances militaires. D’autres moyens ont été recommandés; nous ne parlonsde remèdes spécifiques que pour rappeler la nécessité où on se trouverait:

d’y recourir dans le cas où le sujet serait atteint de syphilis, de scrofules, de scorbut : bien entendu que si la maladie s’était développée à la suite d'une:

maladie cutanée de la face, et notamment du nez et de la lèvre supérieure, il faudrait alors avoir recours à une médication particulière. M. Velpeau dit: s’être bien trouvé en cas d’eczéma de la lèvre supérieure et de l’état ci'oùleui' de l’orifice des fosses nasales d’une pont-made composée de 4 grammes de précipité blanc pour 30 grammes d’nxonge, ou d’une autre contenant 4 décigratnmes de nitrate d’argent sur 30 grammes

DE MÉDECINE

: graisse : en s’en frottant les parties alades matin et soir, quelques malades it fini par guérir. Mais une médica- >n dont on fait bien plus souvent usage qui, au dire de quelques-uns, guérait huit fois sur dix, est la médi- :tion antiphlogistique; cette médicaan, qui- se compose pour quelques-uns,

: Mackensie entre autres, de saignées inérales, de sangsues, d’un régime sé- ;re et de Peau en topiques, est loin du stç d’être aussi récente que l’ont réité quelques écrivains qui s’en sont ■us les inventeurs. Non-seulement, en fet, cette méthode était celle suivie ir Dem^urs fils, mais encore celle de in père; et quant aux fumigations par nez et aux autres moyens généraux , ’anget écrivait en 1 G 9 3 qu'ils réussisient très bien contre la fistule lacryale : Heister , qui comparait les inadies des voies lacrymales à celles du nal de l’urètre, les traitait aussi par s saignées, les injections, le régime et vésicatoire.

Quoi qu'il en soit, s’il n’est malheumsement pas vrai de dire qu’on guérit lit malades sur dix à l’aide de ce traiment, on ne saurait méconnaître ceendant les avantages qu’on en retire,

; pour notre part, nous nous reprocheons de recourir à une des opérations réconisées pour la cure de la tumeur et e la fistule lacrymale, sans avoir au réalable employé des applications réi— irées de sangsues sur le trajet du canal asal et du sac lacrymal, ou aux tempes i derrière les oreilles, et sans avoir is au besoin en usage les autres topiues émollients ou les fumigations de langet ou de Louis. Les frictions sur tumeur, ainsi qu’on le faisait déjà du ;mps de Rhazès, la pommade merculelle ou celle d’bydriodale de potasse u d’iodure de mercure mises en contact vec la tumeur, ont réussi quelquefois t il peut être prudent d’y recourir, ions en disons autant des vésicatoires olants et de quelques collyres au sulite de zinc, à l’eau de chaux, au nitrate 'argent, etc., versés dans le sac lacryîal. Non que leur usage soit constumîent suivi de succès, mais comme les léthodes opératoires elles-mêmes sont ain d’être toujours efficaces, on com- 'rend l'intérêt qu’il faut attacher aux Jivers moyens thérapeutiques à l’aide lesquels o.n peut parfois être assez lieueux pour obtenir la guérison des états norbides dont nous parlons. Quant aux

OPÉRATOIRE. oad

méthodes opératoires proposées pour la cure de ces affections , on sait qu’elles sont de nature variée: les unes, comme celle d’Anel, ayant pour but la désobstruction du canal , les autres , comme celles de Lecat , de J. -L. Petit, etc., ayant en vue la dilatation ; quelques-unes mettant surtout en usage les caustiques, et les autres au contraire établissant une route nouvelle. Nous 'allons du reste nous occuper de chacune d’elles en particulier , en commençant par celle que l’on considère comme ayant été proposée d’abord par AneL

Page 1