‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 466 sur 656 · I. CATnÉTÉRISllE ET INJECTIONS · texte numérisé non relu

I. CATnÉTÉRISllE ET INJECTIONS

Procédé d’ Anel'.

Anel a pour la première fois décrit sa méthode en 17iG, mais il paraît que déjà antérieurement on aurait pratiqué le cathétérisme des voies lacrymales.

Quoi qu’il en soit, la sonde dont se servait Anel pour déboucher les voies lacrymales. était mince à l’une de ses extrémités, et se terminait par un bouton de forme olivaire et devenait ensuite de plus en plus épaisse par l’autre, de manière à être assez forte pour ne pas se replier sur elle-même. La seringue dont il faisait usage était petite et garnie d’un siphon à calibre proportionné à la petitesse des poinLs et des conduits lacrymaux. Pour s’en servir, Anel faisait asseoir le malade sur un siège fort bas; puis, après lui avoir renversé la tête en arrière, il ouvrait les paupières en les tirant légèrement vers la sonde : seulement il avait soin, foules les fois qu’il se servait de cette dernière, de l’introduire dans le point lacrymal supérieur et de choisir au contraire l’inférieur pour les injections, la direction transversale de ce dernier rendant leur transmission plus facile, et le moindre degré de mobilité de la paupière inférieure y concourant aussi :

ajoutons encore que la main du chirurgien trouve un point d’appui sur la joue du malade qui permet au siphon de se maintenir plus aisément. Yeul-on introduire 'le siphon ou la sonde , il convient de se rappeler la disposition que nous avons signalée en rappelant les principaux points d’anatomie de la région, c’est-à-dire que les points lacrymaux se coudant après avoir parcouru le bord interne des paupières, le supérieur de haut en bas et l’inférieur de

TRAITE

bas en haut, la sonde doit être poussée presque perpendiculairement de bas en haut, et dirigée ensuite obliquement de dehors en dedans et de haut en bas, et le siphon introduit perpendiculairement de haut en bas, et tourné de dehors en dedans et de bas en haut : seulement, une fois la sonde engagée dans le conduit lacrymal supérieur, l’opérateur cessera de tirer, afin de relâcher les parois de ce conduit, puis, tournant légèrement l’instrument entre les doigts, il le fera pénétrer dans le conduit lacrymal , qu’il traversera obliquement de haut en bas et de dehors en dedans, et il le poussera avec ménagement jusqu’à ce qu’il soit parvenu dans le canal, ce qu’il recohnaîtra à un léger chatouillement éprouvé par le malade dans les narines.

Il se conduira de la même façon pour le conduit lacrymal inférieur, c'est-àdire qu’il cessera également de tirer la paupière inférieure une fois le siphon de la seringue introduit; puis, s’il s'aperçoit que le liquide s’écoule facilement et soit près de tomber dans le nez, il en conclura que l’obstruction est légère et fera aussitôt pencher la tête du malade en avant, afin d’empêcher la liqueur de couler dans la gorge. Quant à la nature des injections, elle a peu varié; Monro se servait d’eau de chaux dans laquelle il faisait délayer un peu de miel, auquel il ajoutait sur la fin du traitement un peu d’eau-de-vie, de vin ou d’eau ferrugineuse. Quelques-uns préfèrent l’eau de roses animée de quelques gouttes d'alcool camphré ou d’orge miellée, avec quelques gouttes de collyre de Lanfranc, une légère infusion d'iris de Florence ou d'aristoloche. Enfin il en est qui se contentent, dans les cas simples, d’instiller entre les paupières quelques gouttes d’une solution de 4 grammes d’huile camphrée dans un demi-litre d’eau chaude ; on sait que Ledran recommandait les eaux de Balaruc.

Procédé de Laforest.

Convaincu de l’impuissance du moyen proposé par Anel pour guérir la tumeur lacrymale , du moins dans un grand nombre de cas, Laforest en essaya publiquement un en 1739, dont Bianchi avait déjà parlé en 1715, dans une lettre insérée par Manget dans son Histoire naturelle. Ce procédé, du reste, n'exige

gu un petit nombre d’instruments pour son exécution : ainsi, quelques sondes pleines, Je différentes grosseurs, et proportionnées au diamètre du canal ; une sonde percée d’un œil à son extrémité, à la manière des aiguilles ; des sondes ou algalies courbées , quelques sondes pleines, enfin une seringue terminée par un siphon court , courbé et garni d’une espèce de bourrelet.

Quant au manuel opératoire, avant tout le chirurgien doit se rappeler que si l’altération du canal était de nature à s’opposer à l’introduction d’uue sonde peu solide, il doit se servir exclusivement d’une sonde pleine, qu’il laisserait pendant quatre ou cinq jours pour y mettre ensuite une algalie. Le malade doit être assis, pour l’introduction de cette dernière, sur une chaise médiocrement élevée. Quant à l'opérateur , il sera assis sur un siège plus haut et visà-vis du malade; puis, s’emparant de la sonde par une de ses extrémités, il portera aussitôt l’autre dans la narine, de façon à l’introduire au-dessous du méat inférieur, et une fois qu’elle y sera parvenue, il la retournera de manière à faire glisser le bout inférieur de la sonde de bas en haut et de dehors en dedans, et à porter en bas et un peu en dehors son bout extérieur. Reste ensuite à l’enfoncer par un mouvement de bascule dans la direction qu’on lui a donnée jusqu’à ce qu’elle ait parcouru tout le canal et pénétré dans l’orbite. Une fois introduite, l’algalie doit rester en place, de manière à permettre plusieurs (ois pat jour les injections. Bien entendu que dans les cas où le canal n’est pas obstrué, l’introduction de la sonde pleine est inutile; une sonde creuse suffirait pour recourir aux injections et pour guérir le malade. Lorsque au contraire il existe en même temps que la tumeur lacrymale une altération des parois du sac lacrymal, de celles du canal nasal, Laforest conseille de commencer par placer un séton. A cet effet, on introduit dans le canal nasal une sonde terminée eu manière d’aiguille et, après l’avoir fait arriver jusqu'à l’orbite, on y passe un ou plusieurs brins de fit qu’on fait descendre et qu'on tire de haut en bar avec la sonde; mais comme chez le malade chez lequel il avait placé ses brins de fil la guérison se faisait attendre, Laforest les remplaça par le séton, et fut assez heureux pour voir s’exfoliei les portions atteintes de carie et voir

DE MÉDECINE OPÉlUTOIIlE.

b cicatriser ensuite les surfaces morides.

Toutefois , "nonobstant les succès obrnus par Laforest et les modifications pportées à ces sondes 1° par M. Genoul, qui leur a donné beaucoup plus e longueur et les a moulées sur le caal nasal lui-même, et 2° par M. Pirondi, ui a fait construire les siennes en méil aux deux extrémités, laissant le miieu seul en gomme élastique, et 3° par I. Serre, dont l’instrument ne diffère uère'de celui de M. Gensoul ; nono"btant, dis-je, ces modifications et les sucés obtenus par Laforest, ce procédé a lé peu suivi. M. Davat vient, il est rai, de le remettre, sinon en honneur, u moins de rappeler les avantages u’il peut présenter en y apportant, il st vrai, quelques modifications.

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