D. SÉTON
On a quelquefois traversé le polype avec un séton dans le but d’obtenir sa fonte et sa suppuration, et on s’est servi à cet effet des moyens suivants : 1° de la ficelle garnie de nœuds , ainsi que paraissent l’avoir fait R hases, Avicenne, Brunn, qui s’en servaient pour scier le polype. Malheureusement ce moyen devait souvent porter son action sur la membrane de Schneider , et par cela même être parfois funeste. — 2° Levret avait conseillé pour les cas semblables un fil d’argent entouré d’une spirale en carton et supporté par deux manches, l'un fixe, l’autre amovible ; mais il n’en est plus question aujourd'hui que pour mémoire. — 3° Ledran , qui a eu deux fois recours nu séton , et avec succès , s’y est pris de la manière suivante : il a fait passer le séton en tenant un de ses chefs noué lâchement sur l’extrémité de la main gauche, introduite derrière le voile du palais. Cela fait, il en saisit ensuite le nœud avec une pince passée dans la narine et en fixa les deux extrémités au-devant de la narine et de
la bouche. Il continua ensuite à faire passer chaque jour dans le nez un bourdonnet de charpie sèche destiné a enlever les matières hétérogènes ; puis il lui substitua successivement des bourdonnets chargés d’onguent digestif et calhéré tique , qui ne tardèrent pas à faire tomber la plus grande partie de la masse morbide et à mondifier la plaie. — 4° Goulard s’est aussi occupé du traitement des polypes des fosses nasales à l’aide du moyeu dont nous parlons; mais, au lieu de simplifier le procédé de Ledran, il n’a fait que le compliquer davantage. Son crochet contourné à l’instar des fosses nasales , ainsi que la fourche dont il se servait pour porter le séton derrière le voile du palais, sont des moyens justement oubliés ; et mieux vaudrait sans contredit, en pareil cas, recourir à la sonde de Belloc et se conduire comme s’il s’agissait d’un tamponnement des fosses nasales.