‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 529 sur 656 · E. ARRACHEMENT · texte numérisé non relu

E. ARRACHEMENT

Indiqué par Thessalus et Dracon , à s’en rapporter au moins aux livres que Sprengel leur attribue, ce moyen a été employé par Ambroise Paré , Fabrice d’Acquapendente, Guillaume de Salicct, Morand , Thedeu , etc. , rtc. , et par la plupart des chirurgiens qui ont eu à traiter des polypes du nez ; et presque tous ceux qui s’en sont servis en ont fait l’éloge. — Pour l'exécuter, l’opérateur doit être muni de pinces à polype droites ou courbes et de force variable ; les cuillers doivent être légèrement excavées et les faces couvertes d’aspérités , afin de s’emparer plus facilement du polype ; les bords n’en seront ni tranchants ni trop minces, afm de ne pas s’exposer «à couper le polype , et les branches auront une longueur convenable. Ajoutons qu'il est parfois convenable que les deux branches puissent se séparer, afin de pouvoir les introduire séparément si le polype avait un volume extrême. Du reste , l’opérateur, avant de commencer , a soin d'examiner le point oii existe le pédicule afin de s’assurer de sou étendue : et à cet effet il introduit un stylet à baleine, qu’il promène en différents seus autour du polype après avoir fait placer sou malade de façon que la lumière tombe en plein dans les fosses nasales; puis il introduit ensuite son doigt indicateur gauche dans l’arrièrc-bouche, cii arrière du voile du

DE MÉDECINE

palais. Malheureusement il n’obtient souvent de cet examen qu’un résultat incomplet, à raison de l’irrégularité de la surface du polype et des saillies nombreuses que présentent assez souvent les parois distendues de l’organe. — Quoi qu’il en soit, le malade, une fois assis en face de la lumière et sur une chaise proportionnée pour la hauteur à la taille de l’opérateur, ce dernier confie la tète du patient à un aide, puis cherche à dégager autant que possible le polype avec un stylet, dans le cas où ce polype ne serait pas parfaitement libre. Fermant ensuite la narine saine , il recommande au malade de souffler par celle qui correspond au polype, afin de diriger celui-ci en avant; puis , saisissant la pince à polype avec le pouce et l’indicateur de la main droite passée dans les anneaux , il s’efforce de faire pénétrer le polype entre les mors. Le malade souille alors de nouveau; et si le polype s’engage et pénètre plus avant dans la pince, l’opérateur s’empresse de diriger l’instrument plus vers la partie supérieure afin d’arriver au pédicule.

Y est-il parvenu , il ferme aussitôt la pince , l’embrasse fortement avec les doigts et lui imprime un mouvement de rotation autour de son axe, pendant que l’on exerce sur elle des tractions jusqu’à ce que le polype ait cédé. Si l’on est assez heureux pour que la racine cède à une première introduction , le nez étant devenu libre , l’opération est terminée; mais s’il en est autrement, ou s’il existe plusieurs polypes, l’opérateur réintroduit les pinces et s’efforce de faire disparaître tout ce qui peut rester encore.

Dans le cas où le polype serait assez volumineux non-seulement pour faire saillie par la narine, mais encore pour l’obturer complètement , l’opérateur pourrait se trouver réduit à s’emparer de la portion saillante avec une pince de Museux tenue de la main gauche , afin de l’attirer plus en avant et d’augmenter ainsi l’espace qui doit livrer passage aux instruments. Dans le cas où 1 implantation du polype aurait lieu principalement en arrière et où le polype serait dirigé vers le pharynx , il vaut mieux alors en tenter l’extraction par la bouche. A cet effet , l’opérateur introduirait dans le fond de la gorge une pince à polype courbe pour contourner le voile du palais ; puis il saisirait aussi haut qu’il le pourrait le corps

qu’il veut extraire et qu’il ferait sortir ainsi par la bouche. Kcsle-t-il ^encore quelque portion , 1 extraction s en fait parle nez : et pour cela, la pince est dirigée par le nez jusque dans 1 arrieie— bouche; le doigt, au contraire, est introduit dans la bouche et pousse la portion entre les branches de la pince. — Dans le cas, enfin , où le polype se dirigerait vers ces deux ouvertures , l’opérateur aurait recours alors à l’extraction parla partie antérieure, c’est-à-dire par les fosses nasales , et à celle par la partie postérieure , c’est-à-dire par le pharynx. — Il est rare que l’arracheinent ne soit pas suivi d’une hémorrhagie , qui souvent sans doute dure peu, mais qui dans certaines circonstances, au contraire, est très-abondante. Le pédicule du polype a-t-il été arraché, elle cesse d’habitude promptement ; est-il, au contraire , resté intact , l’écoulement alors peut se prolonger , et un des moyens les plus propres à le faire disparaître est d’en tenter de nouveau l’extirpalion.

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