‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 536 sur 656 · VIII. PROCÉDÉ DK RI. LEROY-d’ÉxIOLLKS · texte numérisé non relu

VIII. PROCÉDÉ DK RI. LEROY-d’ÉxIOLLKS

M. Lcroy-d’ÉtiolIes se sert d’une canule qui contient une tige mobile que l’on peut faire descendre et monter etqui est composée de deux branches dont chacune supporte une petite plaque transversale et légèrement courbée. En s’appliquant , ces deux plaques laissent une petite gorge capable de recevoir l’anse de fil ; et en les faisant glisser l’une sur l’autre, on met à nu la gorge creusée dans la plaque jumelle. L’instrument étant porté au niveau du pharynx, les deux petites plaques , qui forment une espèce d’arc de cercle , sont passées derrière la tumeur; puis on les fait glisser ensuite l'une sur l’autre de maqière à mettre à découvert la gorge qui retient le fil , qui, attiré par la narine , tombe sur le pédicule de la tumeur.

G. appréciation.

Parmi les nombreux moyens conseillés pour la guérison des polypes des fosses nasales , quelques-uns méritent

seuls de fixer notre attention. Ainsi-, que dire de l’exsiccation, sinon que cette méthode peu heureuse ne peut guère être employée , nonobstant les succès qu’assurent en avoir retirés Joseph Dalloway (1), Copeland Hutchinson , Thomas Chevalier (2) , que pour les polypes mous , indolents et non irritables? Il faut en dire autant, selon nous, de la cautérisation. Je sais bien que Callisen a fait mention d’un polype que la faiblesse du sujet ne permettait ni de lier ni d’arracher, et que le fer rouge guérit. Je n’ignore pas non plus que la science possède plusieurs autres faits analogues, et pourtant comment recommander un remède parfois au moins , sinon souvent , suivi non-seulements de mouvements fébriles , mais encore de suppuration abondante et de douleurs des plus vives à la tète, ainsi que nous avons été à même de le constater? Mieux vaudrait presque recourir à l’excision ; il est vrai que cette dernière expose le malade à une hémor- • rhagie plus ou moins copieuse etqu’cllepermet rarement l'enlèvement complet du polype, pour peu qu’il soit volumineux ; ce qui force presque toujours l’opérateur à recourir à l’emploi d’autres moyens , voire même au séton ; et Dieu sait alors le temps qu’il faut pour guérir complètement le malade , indépendamment d’ailleurs des autres inconvénients que peut entraîner une longue suppuration. — Quoique généralement plus usité , l’arrachement est loin pourtant d’être une méthode exempte d’inconvénients : ainsi , le pédicule est- il situé profondément à la partie supérieure des fosses nasales, l’opérateur ne peut l’atteindre que difficilement et est obligé d’aller à plusieurs reprises différentes pour le saisir, et se trouve de la sorte exposé à enlever des lambeaux de membrane muqueuse , des fragments de cornet. Le polype est-il dur et très-résistant , il résiste aux efforts de traction et se brise à sa racine ; • ; et alors, comme dans le cas précédent, ce qui reste de la tumeur peut servir plus tard à une répullulation : aussi, afin d’éviter cet inconvénient , l’opérateur doit -il combiner adroitement la traction avec un mouvement de rotation

(1) Dict. de méd. en 30 vol., t. xxi* p. 103.

(2) Gaz. méd. de Paris, 1834, p. 813.

et de torsion, de façon à enrouler le pédicule sur lui-même et à l’arracher brusquement par une secousse. Si,noniobstant le soin qu’y a apporté l’opérateur, Ile polype échappe, il se trouve dans la nécessité de recommencer, et cela est i pénible et pour le chirurgien et pour le patient. Autrefois les chirurgiens s’inquiétaient beaucoup plus qu’on ne le fait de nos jours de l’hémorrhagie, à laquelle d’ailleurs on remédie soit par ides injections froides et astringentes, soit par l’introduction de boulettes de charpie imprégnées d’une liqueur styptique ou saupoudrées de quelque poudre antihémorrhagique, ou enfin par le tamponnement des fosses nasales. Toutefois, nous le répétons, nonobstant les inconvénients que nous venons de signaler, l’arrachement n’en est pas moins une méthode des plus fréquemment employées pour la guérison des polypes les fosses nasales. — Quant à la ligature , sans doute elle expose moins à 'hémorrhagie ; mais elle exige en général un temps assez long et incommode souvent le malade , à raison du séjour les fils et d’une partie du serre-nœud lans la narine et de l’écoulement puruent qui l’accompagne: aussi est-ce un noycn peu usité, à moins qu’il ne s’agisse de personnes pusillanimes ou de aolypes se prolongeant dans le pharynx.

Et encore remarquez , à notre avis au noins, que ce moyen est loin d’être lussi efficace que paraissent en général lisposés à le penser les auteurs de médecine opératoire. Sans doute, on emirasse d’habitude assez aisément le pélicule des polypes qui naissent au pourour de l’ouverture postérieure des fosses lasales ; mais il s’en faut de beaucoup un en soit de même pour ceux im- ■lantes sur un des côtés du pharynx :

■resque toujours alors le polype échappe la ligature, c’est-à-dire que celle-ci ie le saisit que difficilement, à moins [u il n ait un ped,c,,lc (1>une certî|ine

tendue. Or, il faut bien le rcconnnîre, les polypes du pharynx ont en oéeral un large point d’implantation i^ils ontractent même parfois des adhérenes par un des points de leurs surfaces, f c est là une circonslance qui doit louter encore à la difficulté de l’opéra- °n. La tumeur naît-elle au niveau de apophyse basilaire , le point d’attache l "ouXant :,lors Plus élevé que ne l’est ' P'an «nférieur des fosses nasales , la sature , on le conçoit , agira alors de

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haut en bas , et le fil par conséquent aura une tendance extrême à glisser sur la tumeur et à abandonner le pédicule; et cela aura lieu d’autant plus sûrement que la ligature aura été placée plus loin de la base du polype et par conséquent de son pédicule. Un inconvénient analogue pour le résultat, c’est-à-dire la non-constriclion de la tumeur , a lien assez souvent aussi dans le cas où le polype s’implante à la paroi postérieure du pharynx et à la partie inférieure de cet organe : alors, en effet, la ligature, au lieu de former autour de la tumeur un lien circulaire, ne l’embrasse qu’à la manière d’une anse et l’entraîne en haut en la faisant basculer. Si maintenant nous ajoutons qu’il est parfois assez difficile de bien distinguer le lieu où le polype s’implante et de constater par conséquent l’étendue du pédicule , on verra que nous n’avons pas tout à fait tort en affirmant que la ligature est loin d être un moyen aussi sûr que semblent le dire quelques praticiens. Quant au procédé qu’il convient de préférer alors qu’on se décide à y avoir recours r tout en reconnaissant que les instruments inventés par IVIM.Hatin, Rigaud, Leroy - d’Etiolles rendent l’opération plus facile, nous dirons cependant que nous avons réussi plusieurs fois par les procédés les plus simples , et qu’on ne peut guère avoir recours aux procédés des chirurgiens dont nous venons de parler que pour les polypes qui naissent de la paroi supérieure ou postérieure du pharynx. En faire usage, en effet, pour les polypes implantés au pourtour des narines nous paraîtrait chose difficile ; et pour les cas de cette nature , nous préférerions évidemment avoir recours au procédé de Desault ou à celui de Dubois. — En résumé donc , la cautérisation constitue une méthode exceptionnelle ; la torsion peut être , dans certains cas , combinée avec avantage avec l’arrachement; l’excision offre, outre la difficulté de l’opération, plus de chances peut-etre qu’aucune autre méthode pour la reproduction du mal - et l’arrachement et la ligature sont encore en définitive les deux moyens auxquels il convient d’avoir plus souvent recours : le premier, pour les polypes situes près de 1 ouverture antérieure des fosses nasales; le second, pour ceux qui se prolongent jusque dans le pharynx.

TRAITÉ

l'I. SUITES I)E L’OPÉRATION.

Une fois le polype lié et le serrenœud appliqué, quand on a eu recours à la ligature , il convient d’attendre la chule de la tumeur . et cetle chute survient ordinairement du septième au dixième jour. Malheureusement on a vu parfois apparaître des accidents graves pendant cet intervalle , de la fièvre, du délire, des abcès dans le pharynx, etc. On a même vu le polype tomber dans cette cavité et amener la suffocation par sa chute sur le larynx (Græfe). Aussi , pour éviter un pareil inconvénient , convient-il dé faire pénétrer un fil dans la tumeur, que l’on fixe sur la joue au moment où on pratique la ligature. On conçoit alors, en effet, qu’en surveillant avec soin ce qui se passe dans la tumeur, le chirurgien attirerait le fil au dehors au moment où la tumeur veut se détacher, et qu’il épargnerait au blessé l’accident grave et quelquefois mortel dont nous venons de parler.

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