‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 537 sur 656 · I. INFLAMMATION ET SUPPURATION, CARIE ET NÉCROSE DES SINUS FRONTAUX · texte numérisé non relu

I. INFLAMMATION ET SUPPURATION, CARIE ET NÉCROSE DES SINUS FRONTAUX

On voit l'inflammation envahir quelquefois les sinus frontaux , et peut-être est-ce à un état de cette nature qu’il faut rapporter les douleurs vives qui accompagnent toujours le coryza , par suite de la propagation de la phlegmasie dont la membrane pituitaire est alors le siège. S’il n’est pas possible de dire avec Deschamps fils que c’est à la phlogose des sinus dont nous parlons en ce moment qu’il faut rapporter ta migraine, on conçoit cependant la possibilité de voir survenir, par suile de la rétention du mucus, une accumulation de ce dernier dans ces cavités ; on comprend néanmoins que cette espèce d'hydropisie des sinus frontaux doive être un accident fort rare. Assez rares aussi sont les abcès du sinus frontal, nonobstant les observations rapportées par Licutaud et Runge et le mémoire que l’on doit sur ce sujet à Richter. La science est egalement, redevable à M. Dczeimeris il un travail remarquable sur les affections des sinus frontaux ; travail auquel nous ferons, du reste, plus d’un emprunt. Les abcès peuvent résulter, du reste , d une simple inflammation

de la surface interne de ces cavités, ou succéder au contraire à une affection i i

de leurs parois. Si nous ne parlons pas des symptômes auxquels ces abcès peuvent donner lieu , qu'il nous soit permis cependant de rappeler que des accidcnts très-graves peuvent les accompagner. — Maintenant avons-nous besoin d’ajouter que , une fois le pus ac- • cumulé dans les sinus frontaux , ce li- quide peut passer successivement de?

l’une des cavités dans l’autre , soit par l'orifice dont se trouve parfois perfocée la cloison qui les sépare , soit par la destruction de cette cloison ; et s’il enn

est ainsi, on comprend qu’il peut arri-

ver qu’un jour le pus s’écoule par les fosses nasales, et qu’au besoin mèmeel cette évacuation par les voies naturelles' soit suivie de guérison. Les Archive'*!

de Horn (l) en contiennent plusieurs exemples, et Borelli , Bartholin , Boe-i lius, Tulpius, Marcheltis, Chevassière ; d'Audibert en avaient également ob servé plusieurs cas. Malheureusemeni il n’en est pas toujours ainsi, et le puss au lieu de s’écouler par les voies natu relies, perfore la paroi antérieure ou, c> qui est plus à craindre , se fait jour di côté du cerveau , ainsi qu’ont eu occa.l sion de le constater Richter (2) et Cel lier (3) ; et on comprend que, pour éviter de pareils résultats , on ait songé s’adresser à la médecine opératoire.

TRAITEMENT

Le pus étant cause de tous les acc dents qui peuvent accompagner les ail cès des sinus frontaux , il semblerait if premier abord que rien ne dut être phi simple que leur traitement et qu’il de vrait se résumer en ces mots : évac le liquide; malheureusement il n’en ee pas toujours ainsi à raison de la di£< culté du diagnostic. L’individu qui plaint de douleurs aux sinus a-t-il c I cavités gonflées , que faire alors? Pf forer, dira-t-on. Mais qui assure à F « péraleur qu’il y trouvera de la ni a lié «J purulente , et quel désappointeme < n’éprouvera-t-il pas si , au lieu de pu il ne rencontre que de la phlogosc av> tuméfaction ? Y a-t-il, au contraire ,

(1) Arch. de Horn, 1807.

(2) Bibl. cliir. du Nord, p. 242.

(3) Journal do Corvisart, Leroux Boyer, t. xi, p. 516.

DE MÉDECINE OPERATOIRE.

«us tout formé, et ce dernier sort- il par a voie naturelle , ira-l-on imprudemment ouvrir le sinus alors que le gonlement diminue, que les douleurs dis— araissent? Mais en agir ainsi, n’est-ce as fouler aux pieds les lois de l’expéience , l’observation ayant appris que, ans ces cas , la guérison peut se faire aturellemenl ? Le pus sort-il par la ortion antérieure du front , convient-il e le laisser s’échapper? Mais si l’ouerture n’est pas assez grande, n’a t-on usa craindre alors de voir le liquide ig ner la paroi postérieure et la perfo- !r ? D’où il suit que le diagnostic, ainque nous le disions il n'y a qu’un ornent , est loin d’être facile et d’iniquer par conséquent nettement à l.-’oérateur ce qu’il convient de faire, outefois, pour être moins vague à cet fard que ceux qui nous ont précédé , tus dirons que , nonobstant la crainte : ne rien rencontrer , il nous paraît nvenable, alors que tout fait supposer ; il existe du pus dans les sinus , de nner issue à ce liquide si rien ne fait ésnmer qu’il s’échappera par les voies lurelles ; que dans le cas , au contire, où il s’écoule par ces dernières, eux est d attendre, de temporiser pour ir si la guérison ne se fait pas natullemcnt; relativement, enfin, aux cas le pus s est fait jour par la paroi an- ’ieurc, notre avis est qu’il ne faut pas siter a recourir a l’art pour peu que n craigne que l’ouverture ne soit pas fez large. Or l’art, on le conçoit, agit Féremment suivant qu’il y a ou non •foralion. Celle dernière existe-t-elle elfet, le chirurgien, dans la plupart ’ C,:1S ; co,dente d'agrandir l’ouvereà l’aide du couteau lenticulaire ou perforatif ; dans le cas contraire , pérateur peut mettre à contribution le procédé ordinaire , ou celui de aeru

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