A. MÉTHODE A LAMBEAUX
a. Amputation du deuxième métacarpien. Celte amputation est évidemment la plus difficile de toutes celles qui se pratiquent sur les os du métacarpe, à raison du nombre des surfaces articulaires de son extrémité postérieure et de la variété de leurs directions. Les données suivantes peuvent jusqu’à un certain point rendre son exécution plus facile. En suivant le bord externe et postérieur de l’os, on rencontre aisément, d’avant en arrière, une saillie formée par l’extrémité carpienne de l’indicateur; l’articulation est immédiatement derrière : sa direction d’ailleurs est la même que celle de l’articulation du pouce, elle se trouve par conséquent à deux décimètres cinq ou huit millimètres au-devant de l’apophyse styloïde radiale. En dehors est situé le trapèze, dont l’articulation est très-oblique d’avant en arrière, et de dehors en dedans, suivant une ligne qui se rendrait à l’extrémité inférieure du cubitus : en dedans une autre surface oblique de dehors en dedans , mais à un degré moindre , existe et sert à unir le second au troisième métacarpien ; en arrière enfin se trouve une troisième surface articulaire, concave transversalement et antérieurement, et terminée par deux extrémités latérales : l’interne, plus saillante, est unie au trapézoïde et se prolonge de dehors en dedans et d’arrière en avant de façon à donner lieu à un autre lien articulaire avec le grand os, et de deux millimètres d’étendue environ. — Toutes ces surfaces sont unies entre elles à l’aide de plusieurs ligaments. 11 y a,
de plus , un ligament interosseux qui maintient intimement les deux métacarpiens correspondants; mais celui qu’il importe le plus de bien connaître est sans contredit le ligament antérieur destiné à assujettir l’apophyse antérieure interne formée par le second métacarpien et situé entre le grand os et le trapézoïde. Une fois ce ligament divisé, la désarticulation est facile ; dans le cas contraire on pourrait pour ainsi dire s’épuiser en vains efforts et sans résultats.
b. Manuel opératoire. On pratique une incision, à plein tranchant, sur l’un des côtés de l’os , à partir de la commissure digitale ; celte incision se prolonge jusque sur l’articulation et s’étend en avant et en arrière dans l’étendue de un centimètre quatre millimètres environ , de façon à détruire les ligaments : puis , une fois l’os séparé des surfaces articulaires auxquelles il est uni, on ramène l’instrument en rasant la tête de l’os jusqu’à la commissure opposée, de manière à diviser le métacarpe dans toute sa longueur et dans toute son épaisseur par une perte de substance en forme de Y.