‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 651 sur 656 · AORTE ABDOMINALE · texte numérisé non relu

AORTE ABDOMINALE

Anatomie.

Côtoyée par la veine-cave à droite et enveloppée par une gaine cellulofibreuse, l'aorte abdominale se trouve placée sur le devant et un peu à gauche du corps des vertèbres : en arrière elle se trouve croisée par les veines lombaires, et en avant par le pancréas, le duodénum, la veine splénique ou le tronc de la veine-porte et la veine rénale gauche; elle est de plus entourée de vaisseaux et de ganglions lymphatiques , devant elle l’estomac, le mésocolon transverse et la racine du mésentère, et fournit jusqu’à sa bifurcation un assez grand nombre de vaisseaux ; ainsi elle donne successivement, depuis son passage' à travers les piliers du diaphragme jusqu’à sa bifurcation au-devant de l'angle sacro-vertébral, les artères cœliaque, Vc'niulgente, la grande mésentérique , qui toutes trois naissent de sa moitié supérieure, au-dessus ou dans la portion méso-colique du mésentère, et se trouvent par conséquent séparées par un intervalle assez grand de la mésentérique inférieure, qui naît de l’aorte, à 4 centimètres et demi et même quelquefoisà 6 centimètres au dessus des iliaques primitives. Quant aux artères lombaires, on sait qu’elles croisent le corps des vertèbres pour s’engager ensuite dans de petites arcades fibreuses

TRAITÉ DE MÉDECINE OPÉRATOIRE

extrêmement solides : aussi les a-t-on comparées à autant de racines fixes propres à s’opposer au déplacement de l’aorte dans un sens ou dans un autre, à moins de s’exposer à les rompre. Or, on conçoit que pour découvrir l’aorte l’opérateur doit rejeter à droite les intestins grêles, ou du moins les écarter n’importe de quelle manière : en agissant de la sorte en effet, il doit arriver assez aisément à exercer un point de compression sur ce vaisseau, qu’il appuie contre les vertèbres, soit entre les deux artères mésentériques, soit immédiatement au-dessus de sa bifurcation.

— Ces deux points du reste sont les seuls qui offrent des chances de réussite au chirurgien; aussi devrait-il y appliquer le pouce, à travers les parois du ventre, s’il y avait nécessité d’arrêter incontinent une hémorrhagie grave du système artériel de ces régions, sauf à recourir ensuite à des moyens plus efficaces. Asti. Cooper, James et Murray, ont, on le sait, eu recours à la ligature de l’aorte abdominale, mais sans que le succès soit venu couronner une seule fois l’opération. Ainsi le malade de Asti. Cooper, opéré à Londres le 25juin 1817, a succombé au bout de quarante heures; celui de James, opéré à Dublin en 1829, n’a survécu que trois heures; et au bout de vingt heures après l’opération qui eut lieu au cap de Bonne-Espérance en 1834, celui de Murray avait cessé de vivre. Quoi qu'il en soit nous n’en décrirons pas moins le manuel opératoire qui se rapporte à cette ligature, pour ceux de nos lecteurs qui seraient tentés d y avoir recours, le cas échéant.

Procédé d'Astl. Cooper. Une inci-

sion de 8 centimètres doit être pratiquée le long de la ligne blanche, et disposée de telle façon qu’elle réponde par son milieu à l’ombilic et qu’elle soit dirigée un peu à gauche, en forme de cercle, afin d’éviter cette cicatrice. — Une fois la ligne blanche incisée, l’opérateur pratique au péritoine une petite ouverture afin de pouvoir introduire le doigt indicateur; puis, avec un bistouri boutonné, il agrandit cette ouverture, de manière à lui donner la même étendue que celle de l’incision extérieure. Portant ensuite le doigt jusqu’à la colonne vertébrale, en refoulant à droite et à gauche les intestins, il cherche à reconnaître les battements de l’artère, et, une fois qu’il les a sentis, il déchire le péritoine avec l’ongle sur le côté gauche du vaisseau; à l’aide de mouvements latéralisés, il engage le doigt entre l’aorte et le rachis, et déchire la membrane séreuse du côté droit et de dedans en dehors. — Le doigt placé comme nous venons de le dire peut ensuite servir de conducteur à une aiguille courbe et mousse, ayant son chas près de la pointe ; et, une fois qu’elle a dépassé le vaisseau , on dégage la ligature et on enlève l’aiguille. Un soin tout particulier que doit avoir l’opérateur est d’éviter l’intestin, afin de ne pas le comprendre dans la ligature qui doit être convenablement serrée, et dont les chefs doivent être laissés sur l’abdomen du côté gauche. — Quant à l’épiploon , il doit être porté en bas autant qu’il est possible, afin de faciliter la réunion ; puis la plaie extérieure est réunie à l’aide de la suture et des bandelettes agglulinatives.

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