ARTÈRE ILIAQUE PRIMITIVE
Rien n’est moins constant que l’étendue en longueur des iliaques primitives.
Tantôt en effet c’est sur le corps de la quatrième vertèbre lombaire qu'a lieu la bifurcation de l’aorte, tantôt au contraire c’est sur le corps de la cinquième. Ou conçoit qu’a lors l’origine des iliaques primitives se trouve plus rapprochée de l’angle sacro-vertébral — Tou tefois, et nonobstant les variétés qui peuvent exister, on peut dire d une manière générale que l’endroit où on les rencontre ne varie guère que de G à 8 millimètres à 2 ou 3 centimètres. Quant à leur rapport avec les parties voisines, elles se trouvent l’une et l’autre situées sur le côté de l’angle saCro- lombaire,
DE MÉDECINE
les ailerons du sacrum et contre la iace interne des muscles psoas ; seulement on conçoit qu’il doit y avoir quelque différence entre celle du coté droit et celle du côté gauclie relativement aux veines : ainsi du coté droit la veine se trouve en dehors, puis en arrière, tandis qu’à gauche elle reste en dedans et n’y arrive qu’a près avoir passé sous la racine du tronc artériel du côté opposé. — Elles sont recouvertes toutes deux par le péritoine : aussi chez les sujets maigres les comprime -t-on plus facilement que les artères iliaques externes, pourvu, bien entendu, qu’on ait soin d’en éloigner la masse des intestins grêles. La circulation, après l’opération, se rétablit dans les parties à l’aide des anastomoses des artères mammaires interne, épigastrique, des dernières artères lombaires, de l’iliaque antérieure, de l’ilio-lombaire, et enlin à l’aide de l'artère et des autres branches de l’hy— pogastrique du côté sain avec celles du côté malade.
Pratiquée en 1812 pour la première fois par Gibson, et sans succès, pour une plaie d’arme à feu, la ligature de l’artère iliaque primitive réussit en 1827 entre les mains de M. Molt ; et si depuis celle époque de nouveaux revers sont venus affliger ceux qui y avaient recours, des succès bien plus nombreux encore sont venus justifier pleinement les espérances de ceux qui avaient considéré celle opération comme une des opérations régulières de l’art. Aussi au succès obtenu par Moll, il faut ajouter aujourd’hui ceux de Guthrie (18:13), de Salomon de Saint-Pétersbourg (1837), Déguisé père (1810), de Pence, chirurgien de l’hôpital de Pensylvanic (1841), de don Gaetano Garviso ( 1 843), de Ricliavd Iley (1844) : ce qui élève le nombre des succès à sept, tandis que jusqu’à ce jour on ne connaît que cinq revers : celui de Gibson ( 1 8 1 2 ), celui de sir Philip Crampton (1828), celui de Liston (1832), celui du professeur Syme d’Edimbourg (1838), enfin celui de don Gaetano Garviso (Montevidéo 1840).
Or, sur douze opérations, sept succès constituent un assez beau résultat et dont il est permis à l’art de s’enorgueillir.
MANUEL OPÉRATOIRE
Le procédé à l’aide duquel on pratique la ligature de l’artère iliaque pri-
OPÉRÀTOIRE. lUly
mitive ne diffère pas de celui auquel on a recours pour la ligature de 1 artère iliaque interne , c’est-à dire qu après avoir fait une incision en dehors de l’anneau inguinal, à un centimètre et demi au-dessus du ligament de Poupart, l’opérateur la conduit ensuite jusqu audessus de l’épine iliaque antérieure et supérieure , de manière à la rendre demi-circulaire et à lui donner une étendue de 24 centimètres environ; du moins est-ce ainsi qu’a procédé Mott.
Quant à M. Crampton, sou incision, également de forme circulaire, se trouve en rapport par sa concavité à l’ombilic; elle avait une étendue de 21 centimètres environ, et s’étendait de la dernière côte à l’épine antérieure et supérieure de l’os des iles. L opérateur, une fois le péritoine mis à découvert, détache celte membrane avec le doigt, et arrive promptement au vaisseau sur lequel il place sa ligature.