‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 74 sur 656 · AMPUTATION DES MEMBRES INFERIEURS · texte numérisé non relu

AMPUTATION DES MEMBRES INFERIEURS

Il n en est point des parties les])] us reculées des extrémités inférieures comme de celles des membres supérieurs, où la portion la plus exiguë rend encore des services incontestables eu égard aux usages auxquels la nature les a destinéesaussi, a propos de la main, nous a-t-on vu recommander de ne rien amputer qu il ne lut absolument nécessaire d’enlever : au pied , au contraire, bien que la station soit plus assurée quand la surface par laquelle les organes reposent sur le sol a plus il étendue, le corps est cependant suffisamment soutenu, alors nie nie que les orteils ont été enlevés, et 1 usage s est établi de n’amputer en effet ces organes que dans leur articulation métatarsienne ; il faut en excepter pourtant le gros orteil, où on ne doit, pas tenter,! désarticuler la phalangette, comme on le pratique d ailleurs au pouce, caria station sera plus solide en conservant la première phalange qu’en désarticulant orteil en entier ou en sciant le premier métatarsien. Celte opération a été pratiquée avec succès par la méthode recommandée pour l’amputation des doigts; seulement le manuel opératoire est peute're un peu plus difficile, mais le procédé qui consiste à tailler un lambeau du dos vers (g plante est sans contredit preterable. J’ai eu occasion d’y recourir deux lois, et avec succès: la première fois, pour une carie de la phalangette ungueale du cinquième orteil; cl la seconde pour une ulcération syphilitique qui avait altéré profondément la même partie chez un ancien militaire.

art. Ier. amputation d’un seul orteil.

Les surfaces articulaires dans lesquelles l'instrument doit pénétrer étant les mêmes (jur celles qui unissent à la main les phalanges aux os du métacarpe, les procédés de désarticulation doivent donc etre aussi les mêmes ; bien plus, il importe d ajouter que, eu égard à l’excavation naturelle que l’on remarque à l’union des articulations mélatarso- phalangiennes à |a région dorsale, et à la saillie formée au devant et au-dessous pai ' suitace plantaire de l'organe, ta melhode ovalaire, déjà préférable à

TRAITÉ

la main, offre encore ici plus d’avantages: aussi est elle généralement adoptée. — Letlran, dans son Traité des opérations de chirurgie, a émis l'opinion qu’il valait mieux scier les os du métacarpe ou du métatarse plutôt que de les désarticuler; et cela, dit-il, parce que, comme il ne s'y attache que des ligaments et clés aponévroses très-fortes, le gonflement è- ysipèlateux serait une suite presque necessaire de l’opération.

Mais cet inconvénient signalé par Ledrari, a traita tous les os des métatarses et non au gros orteil seulement; malgré ce qu’eu ont dit tous les auteurs de médecine opératoire , toujours est il que la plupart des praticiens, prenant en considération le dire de cel écrivain , préfèrent enlever la tête du premier métacarpien, plutôt que d'amputer dans l’article, et cela afin d’évitrr la saillie formée par l’extrémité antérieure du métacarpe, difficile, dit-on, à recouvrir, et qui, frottant douloureusement contre les chaussures , nuit aux usages du pied : celte opinion est loin toutefois d’être partagée par M. Blandin, qui prétend qu'a près l'ablation de cette tôle osseuse le renversement du pied en dedans est inévitable. Aious devons ajouter pourtant que nous avons vu plusieurs fois Uupuytren recourir à l’amputation dans la continuité du premier métatarsien sans que, après la cicatrisation, l’inconvénient signalé par M. Blandin se soit réalisé. D’un autre eôié nous avons désarticulé nousmème deux fois le gros orteil d >ns son articulation métartasienne , et le succès a été complel; d’où il suit que l’on peut, ce nous semble, recourir indifféremment à l'un ou à l'autre procédé. L)u reste, quand on se décide a recourir à l'amputation dans l’articulation inétarlaso-phalangienne, c’est la méthode ovalaire qu’il faut préférer, ainsi que nous l’avons établi plus haut. Ajoutons en outre que la désarticulation des doigts du milieu , alors qu’on la pratique, n'altcre presque en rien la forme du pied, ainsi que j’ai pu m’en assurer sur deux militaires qui avaient été blessés, l’un au troisième et l’autre au quatrième orteil.

ART. U. — AMPUTATION SIMULTANEE d’üN

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