‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 3)Chapitre 86 sur 656 · ART. VI. AMPUTATION DU GENOU · texte numérisé non relu

ART. VI. AMPUTATION DU GENOU

Indiquée, dit-on, par Hippocrate, Guy de Chauliac, et plus tard par F. de Ililden , cette amputation était néanmoins restée dans l’oubli, nonobstant les efforts de quelques chirurgiens célèbres, J. -L. Petit, Hoin et Brasdor , lorsque, soumettant à un nouvel examen les arguments dirigés contre son emploi, M. Velpeau, précédé en cela par M. Blandin, vint en 1829, soutenir que, loin d’être plus dangereuse que l’amputation de la jambe ou de la cuisse dans la continuité, elle offrait au contraire plus d’avantages que la première pratiquée à son extrémité supérieure. Depuis lors, il est vrai , M. Velpeau a bien changé d’opinion ( Médecine opératoire , tom. n, deuxième édition, 1S39, p. 619 et suivantes), mais, c’est qu’aussi , depuis celte époque, M. Velpeau s’est trouvé en contact avec les difficultés de la pratique, ce juge souverain de toutes les opinions médicales et chirurgicales : aujourd’hui donc, M.

Velpeau reconnaît avec M. Larrey et la plupart des chirurgiens, qu'il survient fréquemment, à la suite de cette amputation , des accidents tels qu’/7 y a lieu véritablement d’en être effrayé (ou v.

cité, p. 621) : que deviennent donc alors toutes les raisons favorables qui, dix ans l auparavant, militaient en faveur de

I cette amputation? eh comment ne pas voir dans ce nouvel exemple de soumission aux doctrines basées sur l’expérience, une nouvelle preuve du danger des idées théoriques, quelque rationnelles qu’elles paraissent d’ailleurs ? M. Velpeau prétend aujourd’hui que le danger de cette amputation naît exclusivement du ! large et profond cul-de-sac synovial qui se prolonge sur les côtés des condyles et : la face antérieure du fémur, parce que, une lois établie sur ce point, l’inflain- ’ malion purulente s’y maintient avec un j danger égal à celui qui signale sa pré- ' sence au sein d’une grande articulation : mais qu importe ? en reste-t-il moins démontré pour cela, ainsi que les anciens"

1 1 a\ aient d abord établi, que celte amputation ne doit être pratiquée r/u'cx- ‘ ceptionnellrmenl? En vain, on s’était appuyé d'abord sur treize guérisons oh- Malle.

tenues sur quatorze cas d’amputations dans l’article : en vain on s’était évertué à prouver: 1° que la plaque cartilagineuse qui coiffe les condyles doit être, une fois mise à nu après l’amputation , considérée comme une lame protectrice tout à fait insensible et incapable de s’enflammer; en vain on avait cherché à établir que la plaie, d’abord si vaste, se réduit promptement à une blessure de peu d’étendue ; en vain on avait essayé de démontrer que celte amputation est moins douloureuse, et qu’elle laisse surtout les malades dans une posit on plus avantageuse , relativement à l’usage des moyens prothétiques ; le sort de l’amputation fémoro-tibiale n’en est pas moins, aujourd’hui, décidé. Qu’imporle, en effet, les exemples de guérisons obtenues par Dclarocque, J. - L Petit, Hoin, Gignoux , Sabatier, MM. Smith, Bourgeois, IVivert, Baudens , Cbat.met, etc., elc. ? la désarticulation du genou n’en est pas moins reléguée pour toujours parmi les opérations exceptionnelles, ainsi que l’avaient déjà fait remarquer nos prédécesseurs. Disons du reste, pour être juste, que l>s rares succès qu’on en a obtenus , font vivement regretter qu’elle présente des chances aussi défavorables ; car, sur quelques sujets, l’usage des moyens prothétiques a. été d’un si grand secours, que les opérés ont pu marcher avec un cuissard sur lequel reposaient directement les condyl s du fémur.

Il existe plusieurs procédés pour pratiquer celte désarticulation ; mais, auparavant, disons un mot des rapports anatomiques des surfaces qui constituent le genou. A vrai dire, il n'existe réellement pas d’obstacles pour pénétrer dans l’articulation, car, rien n’est risé comme de reconnaître à travers les téguments les condyles et les tubérosités qu’on y rencontre; c’est d’ailleurs à (quatre pouces) un décimètre un centimètre un millimètre du péroné que se trouve le siège précis de l’article : cri avant se rencontre le ligament rotulii n ; et sur les côtés, les ligaments Inter; ux et les expansions aponévrotiques des muscles de la cuisse qui concourent aussi a sa solidité; Ajoutez maintenant les ligaments croisés situés à l’intérieur, et vous aurez une idée exacte des tissus fibreux a diviser pendant l’opération ; quant aux vaisseaux, c’est en arrière qu’on trouve l’artère poplitée ; vaisseau qu il convient de ménager avec soin au

TRAITÉ

moment où l’on contourne le tibia d’avant en arrière, ou bien quand on incise les ligaments croisés.

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