MALADIES DES AMYGDALES
Quand les amygdales sont tellement gonflées par suite d une inflammation aiguë que la déglutition et la respiration se trouvent sérieusement entravées, on doit les scarifier largement ; après cette opération l’hémorrhagie qui en résultera, accompagnée de la saignée par la lancette, de l’application de sangsues , et d’autres moyens antiphlogistiques, réussira, en général, à réduire le gonflement.
Si cette même affection déterminait la formation de matière purulente, on devrait ouvrir l’abcès avec un bistouri long, étroit, et à pointe acérée, dont la lame pourrait être en partie couverte avec du linge, afin que son tranchant ne blessât pas la langue (I).
Les amygdales sont sujettes aussi à un gonflement chronique, surtout chez les individus scrofuleux. C’est une simple hypertrophie sans aucune tendance à la dégénérescence cancéreuse ou de mauvaise nature. Les amygdales peuvent subir un gonflement si considérable, qu’il arrive jusqu’à fermer l'ouverture
existant entre la bouche et le pharynx, et à former un obstacle total à la déglutition, et à produire une grande gêne dans la respiration.
Si ces gonflements résistent à l’usage interne de l’iode ou à l’emploi de pet i tes doses de dcutochlorure de mercure avec la teinture de rhubarbe ou la teinture de quinquina, et à l’application du nitrate d’argent ou de l’acide nitrique, on devra enlever les amygdales ou plutôt leur partie excédante, au moyen d’une ligature ou de l’instrument tranchant.
Ce n’est pas un mauvais procédé que celui de Cheselden, qui consiste à faire passer une ligature à travers l’amygdale malade, h l’aide d’une aiguille courbe fixée dans un manche et percée d'un trou près de sa pointe. Graefe a aussi inventé un instrument très-ingénieux pour cette opération. L’excision d’une partie de l’amygdale est cependant préférable, et peut être pratiquée avec sécurité à l’aide d’une érigne et d’un bistouri droit boutonné; car l’hémorrhagie n'offrira jamais aucune gravité si l’on a soin de diriger l’instrument en bas et en dedans, en évitant l’artère carotide.