‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 5)Chapitre 100 sur 242 · DIVISION DU TREIN DE LA LANGUE · texte numérisé non relu

DIVISION DU TREIN DE LA LANGUE

La langue des enfants n’cst pas aussi souvent liée que les nourrices et les mères se l'imaginent; et l’on peut être sur qu’une fois que l’enfant a pu tcler convenablement, quelle que soit la difficulté qu’il éprouve actuellement à le faire, elle n’est pas due à ce que sa langue se trouve retenue par le frein, mais probablement à la dimension trop considérable du mamelon , à l’excoriation des lèvres de l'enfant ou à d'autres causes que l'on doit rechercher avec soin.

Lorsque réellement le frein relient la langue trop attachée nu fond de la bouche, le chirurgien ne pourra l'élever jusqu’au palais avecses doigts. Quelquefois, cependant, le frein est véritablement si court qu’il gêne les mouvements que l’organe doit exécuter dans la succion, la déglutition et dans l’articulation des mots. Le chirurgien doit alors le diviser; il peut le faire avec une paire de ciseaux à extrémités mousses, en ayant soin de diriger l’incision en bas de manière à ne pas intéresser les artères ranincs.

Une incision trop considérable exposerait à deux dangers : l’un est l’hémorrhagie; l’autre, c’est que la langue se trouve tellement détachée qu'elle puisse être entraînée en arrière dans le pharynx par l’acte de la déglulion, et causer ainsi la suffocation. On a vu un accident semblable se produire après une opération dans laquelle on avait enlevé la mâchoire inférieure.

A l’égard de l’hémorrhagie, on sait que les enfants sont constamment disposés à sucer et à avaler tout ce qui se trouve dans leur bouche : c’est pourquoi ils expirent quelquefois, leur eslo-

ment il convient seulement de cautériser avec le fer rouge, ce qui a le double avantage d’arrêter l’hémorrhagie et d’agir comme un préservatif contre les chances de récidive malheureusepaent si communes. Quant à l’enlèvement de la langue, autrement que par l'instrument tranchant, à l’aide d’une double ligature passée dans son centre, ce procédé compte peu de partisans; il a réussi, il est vrai, entre les mains de M. Mayor, mais il a quelquefois aussi été suivi des résultats les plus fâcheux : on doit, je pense, recourir à l’instrument tranchant toutes les fois que cela est possible, et ne point perdre un temps précieux à empt yer des remèdes inutiles.

( Note du trad.)

mac étant rempli de sang; même alors que les branches seules de l’artère ranine sont blessées , et que le tronc ne l’est pas. On dit même que parfois les veines ont produit une quantité de sang assez considérable pour mettre en danger la vie du malade, qui l'a avalé (t).

grenouïllettk.

C’est une tumeur située sous la langue , et que l’on croit généralement due à une dilatation du canal de la glande salivaire sous-maxillaire. La tumeur est ordinairement située sur un des côlés du frein, et quand elle est considérable elle s'étend en avant sous le bout de la langue. Elle contient généralement un fluide glaireux ressemblant au blanc d’œuf; mais quand la tumeur subsiste depuis long- temps ce fluide peut devenir d’une consistance beaucoup plus épaisse, et même être mêlé à de la matière calcaire. La grenouillette, lorsqu’on la néglige, peut atteindre une dimension considérable, et non seulement entraver le mouvement de la langue, mais encore produire par sa pression de la gêne et des désordres sérieux dans les dénis et la mâchoire inférieure. En général , cependant, quand elle atteint le volume d’une noix, elle s’ouvre, la plaie se cicatrise , et ensuite elle se remplit et s’ouvre de nouveau.

Quelquefois la grenouillette résulte de l’obstruction du canal, dont on doit par conséquent examiner l'orifice ; et si î’on sent avec le stylet un morceau de calcul , il faut l’enlever : cela seul suffira pour amener la guérison. Dans les cas ordinaires on peut guérir celte maladie en ouvrant la tumeur et en excisant une partie du sac, de manière à empêcher la partie de se refermer de nouveau. La simple ouverture du kyste sans excision d’une partie de celui-ci, n’est pas toujours suffisante. C’est aussi une bonne méthode que d’appliquer à sa surface intérieure de la charpie trempée dans une faible solution de nitrate d’argent. J'ai soigné il y a peu de temps une jeune femme qui était affectée d'une grenouillette, laquelle ne cédait à aucun

(t) Lorsqu’il y a une hémorrhagie après l’opération, on l’arrête en louchant l’endroit qui la fournil avec le bout d’un stylet rougi au feu; on doit d ailleurs surveiller la bouche de l’enfant pendant les premières heures qui suivent l'opération. (i Vote du trad.)

DE PATHOLOGIE CHIRURGICALE

«les modes ordinaires de traitement. Je l’ouvris, j'enlevai une portion considérable du kyste, et je remplis la cavité avec de la charpie ; mais ce moyen échoua. J’excisai alors une seconde portion du kyste, et je pansai la cavité avec de la charpie trempée dans une solution de nitrate d’argent; celte méthode aussi fut suivie de récidive. Je passai à celte époque un séton à travers la grenouilletlc, et je l’y maintins pendant deux ou trqis semaines; ce lut sans succès. A la fin je fis une petite ouverture dans laquelle je plaçai un petit tube d’argent que la jeune femme porta environ cinq ou six semaines, cl la maladie n’a jamais reparu. Ce dernier mode de traitement, qui consiste à ponctionner la grenouillette et à placer dans l’ouverture un petit tube à peine long d’un demi-pouce, et muni d’un bord qui le relient dans la partie, était souvent employé par Dupuytren.

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