HERNIE CRURALE OU FEMORALE
On se sert de celte dénomination quand le sac herniaire et son contenu soi lent sous le ligament de Poupart au côté interne de la veine fémorale, de façon que la hernie a son siège dans le pli de l’aine, sur le muscle pectine, entre les muscles droit interne et co.utu-
(1) Je crois que dans ce cas il faut craindre d’abuser des purgatifs. Les lavements émollients conviendront pour dégager l'intestin des matières qui peuvent y séjourn e; si la constipation était manifeste, l'huile de ricin serait, je pense, le seul purgatif auquel on pourrait recourir sans craindre d’exciter de l’inflammation dans l’abdomen.
(Note du irait.)
crurale se trouve sur le ligament de Pou-
rier. La hernie se fait véritablement en traversant l’anneau crural ou fémoral , et elle a son siège dans la gaine crurale destinée au passage des vaisseaux absorbants de l’extrémité inférieure. Quand le sac est descendu au niveau de l’ouverture delà veine saphène, dans le fascia lata, la hernie a plus d’espace pour s’étendre en avant et de chaque côté, et les téguments se soulèvent de manière à former une tumeur ovale dont le plus grand diamètre est presque transversal.
La hernie fémorale est fréquente chez les femmes (1) qui ont eu des enfants, et elle est rare chez les jeunes tilles. Quand les hommes sont affectés d’une hernie , celle-ci se forme plutôt dans le canal inguinal en suivant le cours des vaisseaux spermatiques, que sous le ligament de Poupart ; mais ce dernier cas est loin d'être aussi rare chez les hommes qu’on se le ligure quelquefois.
On peut prendre la tumeur produite par une hernie fémorale pour une g lande augmentée de volume. Une glande ne peut augmenter de volume que par les effets graduels de l’inflammation, tandis que la tumeur produite par une hernie fémorale se développe subitement; et lorsqu’elle est étranglée, elle occasionne les symptômes déjà décrits, que ne pourrait jamais exciter l'augmentation de volume d’une glande. Ainsi que le fait observer judicieusement mon ami M. Morton, il résulte de la nature extensible et souple des feuillets profondément situés du fascia fémoral superficiel, que l’on peut facilement, au moyen delà pression latérale , faire mouvoir les tumeurs glanduleuses sur leur base, et que l’on peut même, en les saisissant entre les doigts, au-dessous de leur base, les soulever pour ainsi dire et les détacher du fascia de la cuisse. D’autre part, le col de la tumeur formée par une hernie fémorale est plus profondément situé et plus fixe.
Quand la partie saillante d’une hernie
(1) Parmi les malades que j’ai opérés, se trouvait un grand nombre de vieilles femmes. L’une d’elles, que j’ai opérée vers la fin d’octobre 1859, à l’hôpital du collège de l’Université, avait qualrevingi-sept ans, et aujourd’hui (2 novembre 1859) elle est presque rétablie. Je no me rappelle pas un seul exemple où l’opération ait élé pratiquée sur un sujet aussi avancé en âge.
part, on peut prendre celle-ci pour un bubonocèle; mais on pourrait toujours reconnaître la nature du cas en observant que le ligament de Poupart est audessus du collet d’une hernie crurale.
Dans le bubonocèle, l’épine du pubis est au-dessous et en arrière du collet du. sac; mais dans la hernie fémorale, celte épine se trouve horizontalement sur le même niveau et un peu en dedans.
Quand une hernie fémorale s’étend dans le pli de l’aine, sa forme est ovale et son plus grand diamètre est dans la direction transversale; mais, quelle que soit lu dimension d’une hernie inguinale oblique, sa forme est oblongue et pyramidale, son fond n’étant pas incliné vers l’os des iles , mais vers le scrotum, dans la direction du cordon spermatique.
Outre les symptômes communs à toutes les tumeurs herniaires, la hernie fémorale, lorsqu’elle est d’une certaine dimension, en offre quelques-uns qui lui sont particuliers, tels que la stupeur, une sensation de pesanteur dans la cuisse, et quelquefois l’œdème de la jambe et du pied : circonstances qui s’expliquent par la pression qu’exerce la hernie sur les vaisseaux sanguins, les vaisseauxlymphatiques et les nerfs qui sortent du bassin dans le voisinage de la hernie (1).
(1) Pour réduire une hernie crurale, if faut coucher le malade, incliner le tronc en avant, fléchir les cuisses en les tournant un peu en dedans, de manière ât mettre l’arcade crurale et toutes les par- • ties aponévrotiques adjacentes dans le relâchement; on dirige ensuite la près- • sion suivant le trajet que les viscères lier-niés ont parcouru, c’est-à-dire de bas em haut; si la tumeur encore peu volumi-neuse est contenue dans le canal crural,, ou bien si la tumeur est sortie de ce ca- ■ liai et remontée jusqu’au-devant du ligament de Poupart, on doit d’ubordl presser en bas et un peu en arrière, puis? en haut . Ainsi que je l’ai dit à propos de la hernie inguinale, le bandage contentif, doit exercer sa pression suivant le trajet: que décrit le canal par lequel sortent lesviscères herniés; l’inclinaison delà pe— lote qui maintient une hernie crurale doit donc être telle que cette pelote presse de bas en haut, d’avant en arrière1 et de dedans en dehors. A l’aide de l’application méthodique du bandage on obtient la contention des hernies crurales,, mais rarement et difficilement leur cur&’ radicale. (Noie du trad.)
DE PÀTH8L0GIE