TESTICULE IRRITABLE OU NEVRALGIE DU TESTICULE
Cette affection est analogue au tic douloureux, ou à la névralgie des antres parties du corps. Elle consiste dans une vive sensibilité et dans un état douloureux de l’organe, avec ou sans cause qui l’explique, les souffrances qui en résultent étant souvent intolérables et de longue durée, bien que sujettes parfois à des rémissions. La partie n’est point ou n’est que peu gonflée, et à la dissection on ne découvre aucune altération de tissu. Cependant dans un cas d’affection de ce genre présenté par un élève en médecine, pour lequel j’ai été consulté dernièrement , et sur lequel aussi sir Astley Cooper donna son avis, le testicule avait été le siège de gonflement à diverses reprises, mais ce gonflement passé, il était rare que l’organe présentât un volume quelque peu supérieur à celui qu’il avait dans l’état sain. Le traitement dont on obtient le plus de succès est celui qui consiste à administrer de fortes doses de sulfate de quinine, ou de carbonate de fer; ou encore, si la maladie prend un type intermittent, on donne de la liqueur arsenicale. On peut aussi employer l’opium , l’acétate ou l’hydro* chlorate de morphine, l’extrait de ciguë, la jusquiame et d’autres narcotiques associés au calomel. Lorsque les sécrétions de la peau et du foie sont altérées, on peut recourir à l’usage combiné du calomel, de l’opium et de l’antimoine.
Comme traitement local je conseillel’emploi des sangsues , de la glace ou d’un emplâtre composé d’un tiers d’extrait de belladone , et de deux tiers «le cérat savonneux. On peut essayer de l’onguent de vératrine. Dans un cas de ce genre, le professeur Gibson a inciséles tissus jusque sur les nerfs spermatiques , et les a divisés ; cette opération est difficile mais on dit qu’elle a réussi (l).
11 n’est pas douteux que la névralgie du testicule dépende souvent de quelque désordre général de l’économie qu’il est
(I) Gibson’s Institutes, etc. , of Surgery, vol. ii , p. 179 , ed. 5. Philadelphie, 8 vol. 1838.
essentiel de faire disparaître pour arriver à la guérison. Les douleurs intenses que le malade ressent dans le testicule peuvent provenir de la sympathie existant entre cet organe et d’autres parties du corps, le premier n’ayant subi aucune altération dans son tissu; nous voyons la preuve de ce fait dans les cas où la descente d’un calcul provenant des reins, dans l’urètre, occasionne de très- vives douleurs au testicule. Dans quelques exemples particuliers on peut cependant observer un certain gonflement de la partie , le développement variqueux des veines spermatiques, ou même de l'induration eu du gonflement à l’épididyme.