DE LA SUBSTANCE DU TESTICULE
Celte affection peut suivre la formation et l’ouverture d’un abcès du testicule, ou survenir à une époque avancée de l’inflammation chronique de cet organe. Le testicule adhère a la peau dans un point, il s’enflamme et s’ulcère, et aiors un tongus de petite dimension se projette au dehors par l’ouverture ulcérée ; celui-ci acquiert graduellement un volume plus considérable, et se fraie une voie par des ouvertures, non seulement dans la tunique vaginale, mais encore dans tout le scrotum. D’après l’opinion qu'ont donnée à sir Benjamin Brodie les recherches qu’il a faites sur ce sujet, on peut alors reconnaître sur la surface de ce fongus la môinc so' le de matière jaune que l'on trouve dans la portion glanduleuse du testicule; le parenchyme de l’organe s’échappe jusqu’à ce qu’il ne reste à l’intérieur du scrotum aucune partie du testicule, et l’on peut reconnaître distinctement le cordon spermatique dans le centre du fongus. Lorsque la destruction du parenchyme est encore plus complète, le cordon se termine par un petit noyau, seul reste de l’organe. La hauteur a laquelle s’élèvent ces chairs fongueuses empêche la peau de se cicatriser sur elles; mais on peut généralement, ou les réduire par la pression au moyen d’une petite compresse fixée sur elles avec du diachylon , ou les faire disparaître par l’application d’escliarrotiques. Cependant, le mode de traitement le plus sûr est d’exciter la partie qui fait saillie au dehors, au niveau de la tunique vaginale réfléchie, en faisant deux incisions demi-circulaires. Sir Benjamin Brodie n’approuve pourtant pas ce procédé parce qu’eu l’employant on tranche les conduits séminifères; c’est pourquoi il préfère saupoudrer le fongus avec du précipité rouge et administrer le mercure. Puis, aussitôt que les bourgeons charnus de bonne nature se forment, il panse la plaie avec une solution de sulfate de cuivre dans de la mixture camphrée. Je crois que lorsque des abcès du testicule laissent des ouvertures profondes et fistuleuses , il est très-sage d’administrer le calomel associé à l’opium de la manière
indiquée par sir Astley Cooper, et d’injecter dans les trajets fistuleux une lotion de sulfate de cuivre ou de deulochlorure de mercure.