FRACTURES DU BASSIN
La forme particulière du bassin, la sorte de cercle ou d’arcade qu'il présente et la force et l’épaisseur remarquables des divers os qui le composent sont des circonstances qui se r unissent pour nous démontrer qu’il ne peut être brisé que par suite de violences considérables et extraordinaires exercées directement sur lui; telles que le passage d’une lourde voilure sur le bassin ou sa compression entre la roue d’une voiture et un mur ou une borne. D’après la manière dont ces fractures arrivmt ordinairement, il est évident que la lésion faite aux os n'est malheureusement pas la partie la plus grave du désordre; en général les parties molles et souvent la vessie ou le colon sont sérieusement blessés. Quelquefois la vessie ou les intestins sont rompus, quelquefoisdu sang est extravasé dans l’abdomen ou le bassin, et dans d autres cas où les branches, de l’ischion et les pubis sont brisés, des. éclats d’os peuvent s’enfoncer dans lai vessie ou dans l’urèthre. On voit au Muséum du collège de l’Université une:
préparation qui offre une fracture de lai branche de l’ischion, l'un des fragments > a déchiré l’urèthre, ce qui eut pour conséquence un épanchement d'urine dans ■ le tissu cellulaire du périnée, et la gangrène de toutes les parties au milieu desquelles l’urine avait passé. Une autre préparation de la même collection est fournie par un individu dont le rectum.; a été déchiré par une portion du sacrum, fracturé. En pareils cas, le résultat fré — I queut est une paralysie de la vessie et I des extrémités inférieures. Dans lesfractures du bassin par suite de coups de." feu, des esquilles peuvent être enfoncées complètement dans la vessie et devenir ensuite le noyau de formations!
calculeuses qui forcent le malade à subii: l’opération de la taille.
Les fractures de l’épine antérieure et supérieure et de la crête de l’os des île: -, peuvent avoir lieu sans être accompagnées d’autres lésions considérables l mais d’autres fractures du bassin son j souvent fatales. J ai vu deux cas dan ; lesquels l’accident était du au passage d> > lourdes voitures sur le bassin; un de ce deux individus mourut au bout d ui quart d’heure. Souvent il se fait ui épanchement de sang dans l'abdomen et dans d’autres cas la vessie ou les intestin sont rompus. La fracture séteud qucL
DE PATHOLOGIE
quêtais jusque dans la cavité cotyloïde, et alors on peut prendre cet accident pour une luxation de la hanche ; parce que le fragment supérieur est entraîné en haut et le membre se trouve par conséquent raccourci, tandis que le grand trochanter est rejeté un peu en avant : et ce sont là deux symptômes de luxation le la hanche. Cependant, si l’on applique la main sur la crête iliaque et si 1 on fait alors exécuter un mouvement de rotation au fémur, on n’éprouvera aucune difficulté à reconnaître la nature de l’accident ; car il y aura de la crépitation et on ne sentira pas cette tarte résistance au mouvement du fémur que ’on rencontre si invariablement dans la luxation.
A l’égard du traitement des fractures lu bassin, si nous en exceptons les antiîhlogistiques, nous avons peu de moyens t leur opposer. On peut appliquer un jandage autour du bassin, mais, comme on utilité est contestable, les chirurgiens les plus exercés n’y ont pas recours, du doit saigner le malade abondamment jour prévenir l’inflammation des visières contenus dans le bassin, et si la /essie ou l’urètre sont rompus ou paraysés on doit introduire une sonde dans !.a vessie pour empêcher l’épanchement ,1e l’urine. Dans ce dernier cas, la sonde devra être laissée à demeure de peur quel’urine ne s’échappe par la déchirure lans le tissu cellulaire; ce qui occasionaerait un désordre considérable et dont es conséquences seraient quelquefois atales. Le repos, les moyens an t i phi o—
■ :istiques et une attention constante à 1 ombatlre tous les symptômes qui pour- > aient survenir et en particulier la réc ention d’urine , sont les principaux i- «bjels qu’on doit avoir en vue dans le :• raitement des fractures du bassin.
ii Quelques fractures du bassin ont une U erminaison favorable, les os se réunisent et le malade revient à la santé. Une i- réparation du Muséum du collège de ti Université est fournie par un individu f ui avait eu le sacrum et l’os innominé • ’acturés simultanément; cependant les (Parties brisées se réunirent de telle rq Jrle que le malade vécut probablement 4 >ng-temps après l’accident. Néanmoins ï « chances de guérison dépendent du y egré de violence avec lequel la lésion a i' té produite et de ses effets sur les viscè- 1 2s ; etsi la vessie, les intestins, la moelle jf pinièreet les autres organes importants o chappent à l’accident, le malade peut
S . Cooper.
se rétablir complètement. Quelquefois il meurt de la péritonite ainsi que j’en ai vu plusieurs exemples.
FRACTURES DU FEMUR.
On les divise en trois classes eu égard au lieu qu’elles occupent : la première comprend celles de la partie supérieure ou du col de l’os; la seconde celles qui occupent le tiers moyen de sa diaphyse, et la troisième les fractures situées dans le tiers inférieur de la diaphyse ou vers les condyles. Celles du milieu de la diaphyse, ou autrement dit du corps, sont très fréquentes chez les individus au-dessous d’un certain âge, mais chez les vieillards les fractures du col de l’os ont lieu avec une fréquence remarquable.
Les fractures du corps du fémur peuvent être simples , ou compliquées de la sortie des fragments ( compound ) ; elles peuvent aussi être compliquées de la blessure de l’artère fémorale, qui cependant se rencontre rarement^ Sir Astley Cooper a vu un cas dans lequel il fut nécessaire de pratiquer l’amputation.
Les fractures du fémur peuvent encore être doubles. Chez les enfants Je corps de cet os est. souvent cassé transversalement, mais chez les autres sujets la fracture est le plus ordinairement oblique. La fracture peut être causée par une violence directe : comme par le passage de la roue d’une lourde voiture sur le membre, la chute d’un corps pesant sur lui, un coup de pied de cheval, et divers autres genres d’accidents; mais dans d’autres cas le fémur est cassé par une force quelconque qui le plie d’abord, et quand il a cédé autant qu’il le peut il se fracture généralement en quelque point •de son tiers moyen.
Quels sont les symptômes d’une fracture du corps du fémur? En supposant que la fracture soit oblique , on remarque habituellement un raccourcissement du membre , le fragment inférieur étant attiré derrière le supérieur et un peu en dedans, le membre est flexible dans le lieu de la fracture; leiragment inférieur éprouve un mouvement de rotation en dehors, ainsi que le genou, la jambe et le pied: tous les muscles les plus forts qui agissent sur cette partie de l’os brisé, tendant à la faire tourner dans cette direction. Quoique le fragment inférieur soit ordinairement attiré en haut et en dedans derrière le supérieur, ce fragment infé-
rieur peut être déplacé d’une manière différente : et, de telle sorte, qu’il se trouve visu vis le supérieur; mais cette circonstance est une exception à ce qui se passe ordinairement et s’explique par la manière parliculière dont a lieu l’accident, c’est-à-dire par l’application d’une violence directe et par l’opération de l’effort sur la partie postérieure du membre, le fragment inférieur étant poussé en avant par suite de cet effort. Un autre symptôme de fracture de la cuisse, est la crépitation que l’on peut sentir distinctement en communiquant des mouvements au membre. Si la fracture est oblique, outre le raccourcissement du membre , celui-ci se trouve dans la rotation en dehors; ou remarque ce que l’on nomme la déformation anguleuse ( angular deformity), l’axe d’une portion de l’os ne correspondant pas à celui du reste du fémur. La rétraction du fragment inférieur produit constamment une augmentation de volume ou autrement dit une grosseur plus considérable de la partie supérieure de la cuisse, parce que les attaches opposées de plusieurs des muscles se trouvent rapprochées, et leur ventre se renfle d’une manière extraordinaire. L’état dans lequel se trouve le muscle adducteur prouve la vérité de celle observation ; il forme une proémi-, nence considérable à la partie supérieure et interne de la cuisse, et lui donne une forme qui n’est point naturelle. Il n’est pas douteux que ce soient les muscles qui produisent le déplacement dans les fractures, pajce que, si les muscles du membre fracturé étaient paralysés , aucune rétraction du fragment inférieur ou aucun raccourcissementde la cuisse n’aurait lieu. Chez un individu affecté de paralysie il pourrait n’y avoir aucun raccourcissement du membre dans les premiers temps, ou pendant que les muscles seraient privés (le toute action; mais s'il arrivait que la paralysie disparût avant que la fracture se lût réunie, il s’ensuivrait alors une rétraction du fragment inférieur. Bichat , en effet, rapporte un cas de ce genre : lorsque l’accident arriva , tous les muscles de l’extrémité inférieure étaient paralyses; et, bien que la fracture fût oblique , aucune rétraction du fragment inférieur n’eut lieu. On appliqua des moxas, et en peu de jours les muscles commencèrent à reprendre leur puissance contractile; à mesure que cette amélioration s’effectuait, les extrémités de la fracture acquéraient delà tendance
au déplacement, qui ne s’était pas montré jusqu’alors, et une rétraction consi- ; dérable du fragment inférieur s’ensui- ( I vil. Dans les fractures transversales du Q corps du fémur, il se peut qu’aucun B raccourcissement du membre n’ait lieu ; ] cependant on observera la déformation 1 anguleuse et la rotation du membre en fl dehors. D’après les observations précé- fl dentes, il est manifeste que c’est surtout I la portion inférieure du fémur fracturé I qui se déplace , mais il serait inexact de S croire que le déplacement affecte seule- J ment et exclusivement le fragment infé- 1 rieur. Quand le malade est placé sur un lit trop mou, qui cède sous le poids du \ tronc, le bassin s’y enfonce et entraîne ; en même temps le fragment supé- i rieur , de telle façon qu’il est disposé à être poussé sur le fragment inférieur. 4] En supposant aussi la fracture située ] juste au-dessous du petit trochanter, les ! muscles psoas et iliaque, qui s’attachent à ; cette éminence osseuse, pourraient agir -lj très-puissamment en déplaçant le fragment supérieur en avant et en haut.
C’était principalement à l’égard des fractures de l’extrémité inférieure que | Pott recommandait la méthode qui consiste à mettre les muscles dans le relâchement, comme étant le meilleur moyen pour faciliter la réduction et obtenir le maintien des fragments dans la place qu’ils doivent occuper. On supposerait, d’après plusieurs passages de son traité, I qu’il croyait réellement possible de re- I lâcher complètement tous les muscles en I plaçant le membre dans une certaine po--j sitiôn , et cela de manière à empêcherM totalement les extrémités de la fracture*! de subir aucun déplacement occasionné*. I pàr l’action de ces muscles. Cependant i quelque position que l’on puisse donner * j| au membre, aucune n’agira aussi effica-- j cernent que cet illustre chirurgien était porté à le croire. Il est vrai qu’en pla--lj çant le membre dans une certaine position, on relâchera les muscles qui sonttt les plus capables de déplacer les frag'-H ments de la fracture ; mais la masse dess libres musculaires restant dans l’état de tension , cette circonstance sera toujours ; suffisante pour opérer un dérangement:
dans la fracture : et conséquemment la* position seule, quelque importante et utile qu’elle soit, n’effectuera pas exac— fl teincnt ce que Pott en attend; elle ne i prive pas efficacement les muscles de i toute puissance capable de déranger les-i fragments. Ce fait nous prouve combien
DE PATHOLOGIE CHIRURGICALE
il est nécessaire de recourir à d’autres moyens pour maintenir la réduction , et surtout combien il importe d’employer à cet effet les meilleurs appareils mécaniques. Le principe que je signale ici est tellement vrai, que si la position particulière donnée au membre, afin de relâcher les muscles, était incompatible avec l’emploi de l’appareil le plus eflxcace, le traitement serait alors défectueux, parce que, quelque avantageuse que puisse être une position propre à rej lâcher les muscles les plus puissants qui s’attachent au membre brisé , il importe encore davantage de s’aider d’un appareil efficace. On peut voir, d’après ce que j’ai constaté dans mes observations générales sur les fractures dans la prei mière section de cet ouvrage, que mainiemant on discute même quelquefois l’utilité ide mettre les muscles dans le relâche- 'inent, et que la méthode qui consiste à les maintenir dans la condition opposée est vantée comme préférable.
On traite les fractures du fémur d’après trois méthodes différentes, dont on préfère l’une ou l’autre suivant le cas. Dans la •première, le membre est maintenu dans l’extension et le malade est couché sur le dos; position désapprouvée par Pott parce qu’elle ne relâche pas les muscles qui sont les plus puissants à produire le déplacement, c’eA-à-dire ceux qui sont capables d’attirer le fragment inférieur en haut, en dedans et derrière le supérieur: ou, en d’autres termes, les muscles qui s’attachent d’une part au bassin et de l’autre au fémur, à la rotule, au tibia ou au péroné, et qui, faisant du bassin leur point fixe et de la portion du membre au dessous de la fracture leur point mobile , déplacent le fragment inférieur dans la direction que j’ai signalée (l).
(1) Bien que dans les fractures du fé- )mur le déplacement soit habituellement tel qu’on vient de le dire ici , il faut être prévenu qu’on peut rencontrer un cas idans lequel il se fai! tout différemment; c’est lorsque la fracture a lieu immédiatement au-dessus des coridyles du fémur : alors le fragment inférieur est entraîné en arrière et en bas dans le creux du jarret par les muscles jumeaux , plantaire grêle et poplité; ce qui déforme le ‘jarret d’une manière remarquable. Pour ne point être obligé de revenir sur ce sujet je vais indiquer ici le genre d’appareil qu’il convient d’appliquer en pa-
Quand on a recours à l’extension , on se sert de longues attelles de diverses espèces. Desault employait trois attelles : une au côté, externe du membre, une seconde au côlé interne, et une troisième à la partie antérieure de la cuisse. Il avait grand soin de placer le malade sur un lit dur qui ne se laissât pas déprimer, car. si le bassin s’enfonce dans un creux qui se forme dans les matelas, ce mouvement dérangera inévitablement la position des fragments. Il commençait par appliquer le bandage à dix-huit chefs , puis une longue attelle bien rembourrée qu’il mettait au côté externe du membre ; il appliquai! ensuite sur le périnée, ou plutôt sur la tubérosité de l’ischion , un mouchoir ou une bande dont il faisait passer les bouts à travers un trtm pratiqué dans la partie supérieure de la longue attelle externe, à l’effet d’empêcher l’atlelle de glisser en haut. Puis il maintenait aussi le pied dans l’immobilité , en passant un mouchoir ou bandage à travers un trou pratiqué dans la partie inférieure de l’attelle; ce bandage était portésurle pied en croisantsur le coudepied, et on le rattachait ensuite à l’attelle. Ainsi le membre se trouvait fixé et assujetti en même temps à la hanche et au pied. On faisait cependant usage d’autres attelles : l’une , placée au côté interne du membre , s’étendait depuis l’aine jusqu’au pied , et l’autre , plus courte, allait de l’aine à la rotule , le long de la partie antérieure de la cuisse.
Boyer a inventé un autre appareil destiné aussi à être employé lorsque le membre est dans l’extension. Sa longue
reil cas, il a été imaginé par A. Cooper. On met le membre dans l'extension, puis on fait sur le genou plusieurs tours de' bande; on prend un morceau de carton long de seize pouces environ et assez large pour contourner complètement l’articulation : ce morceau de carton ayant été ramolli préalablement clans l’eau, on 1 applique dans cet état sur le genou, qu’il dépasse en haut et en bas et qu’il entoure en s’accommodant à la forme des parties, lorsqu’il se dessèche il forme une sorte d’étui régulier qui maintient les fragments en place. On lait un certain nombre de tours do bande par-dessus ce carton pour le fixer invariablement, cl on consolide même si on vent cet appareil en appliquant deux ou trois
aUdlcs. (Note du trad.)
attelle est munie, à son extrémité inférieure, d’une vis au moyen de laquelle ont peu l’allonger ou la raccourcir à volonté. Le but de cet appareil est de maintenir l’extension d’une manière permanente; mais pour que la vis ait tout son effet, il est nécessaire d’assujettir solidement l’extrémité supérieure de l’attelle au bassin. C’est pour arriver à ce dernier but que Boyer plaçait une courroie qui contournait la tubérosité de l’ischion , a peu près de la même manière que le mouchoir ou la bande employée par Desault, mais la portion de celte courroie ou sous-cuisse qui se trouvait au-dessous de la crête iliaque, au côté externe du bassin , avait une espèce de gousset ou poche destinée à recevoir l'extrémité supérieure de l’attelle et à empêcher ainsi celle-ci de glisser en haut ou d’éprouver aucun mouvement latéralement. Le membre ayant été d’abord entouré avec le bandage à chefs , la longue attelle externe rembourrée avec des substances molles est appliquée, le pied est ensuite fixé à peu près comme le faisait Desault, et les attelles interne et antérieure sont placées ; l’extension est maintenue en allongeant l’attelle externe , ce que l’on obtient en tournant la vis placée^ à la partie inférieure de l’attelle. A l’hôpital du collège de l’Université, nous adoptons la position droite ou étendue; et nous employons seulement la longue attelle externe, qui, avec le mouchoirroulé et rempli de substances molles et le bandage roulé , compose tout I appareil. Si nous nous demandons quelles sont les indications à remplir, nous voyons qu’il faut maintenir la partie brisée de l os dans l’immobilité et faire conserver au membre sa longueur normale ; enfin , qu’il faut l’empêcher de se tourner trop en dehors ou en dedans. Pour remplir ces indications, on a besoin d’un point d’appui auquel on attache le membre.
L’attelle fournit ce point d’appui, parce que son extrémité supérieure est fixee au côté du bassin avec le mouchoir qui passe sous la tubérosité de l’ischion , et dont les bouts sont ramenés au trou pratiqué au bout supérieur de l’attelle , et alors noués à celle-ci de manière à l’empêcher de glisser en haut. Lors donc que le membre a été enveloppe avec le bandage , que la longue attelle a été placée au côté externe du membre , et que le pied et le reste du membre ont été fixes dans la meilleure position à celte attelle avec des tours de bande presque jusqu au
niveau de la fracture, il faut établir le degré d’extension nécessaire et alors attacher les deux bouts du mouchoir au trou pratiqué à la partie supérieure de l’attelle , de manière à l’empêcher, et conséquemment à empêcher en même temps le membre qui y est attaché, de se retirer en haut. Tels sont les simples et vrais principes d’après lesquels seulement on peut traiter avec succès les fractures de cuisse.
La seconde méthode employée pour le traitement des fractures du corps du fémur est celle recommandée par Pott et d’après laquelle on place le membre et le bassin sur leur côté externe, la cuisse étant à demi fléchie sur le bassin et la jambe modérément fléchie sur la cuisse.
Lorsque l’on adopte ce procédé , on applique quelquefois deux et généralement quatre attelles. La fracture est réduite par un aide , qui tient le membre audessus de la partie brisée de l’os et accomplit la contre-extension tandis que1 le chirurgien fait l’extension en saisissant: une partie du membre située au-dessous:
de la lésion. On met le malade sur le: côté , en inclinant autant que possible le: bassin dans la même direction. On place, le membre sur son côté externe, la cuisse étant à demi fléchie sur le bassin , et la . jambe fléchie au même degré sur la cuisse. Avant de réduire la fracture, la longue attelle avec son coussin de remplissage, et par dessus ces deux pièces d’appareil, le bandage à dix-huit chefs,, doivent être placés sous la cuisse; il faut j alors réduire la fracture et appliquer:
ensuite méthodiquement les chefs du.
bandage l’un sur l’autre , en commençant par ceux qui sont situés juste au— j dessus du genou. Le bandage à dix huit: chefs est très-beau quand il a été régulièrement appliqué et est fort commode, ,1 car il peut être ouvert sans déterminer Le moindre mouvement dans la fracture oui le membre. Dans la pratique particulière j on a l’habitude d’appliquer sous le ban- j dage un morceau de diachylon brun suie les téguments, au voisinage de la frac-' turc. En procédant ainsi que je l’ai ex-: pliqué, les autres attelles peuvent être appliquées avec la plus grande facilité Quand on adopte la position de Pott, um 1 chose importante est de donner au pieo un support convenable; et l’on emploi généralement à cel effet un coussin 01 un oreiller mou, on doit supporter aussle genou à l’aide de moyens semblables- Mais le traitement des fractures de cuiss-
DE PATHOLOGIE
par la flexion et le malade placé sur le côté ne s’accorde pas réellement avec les principes les plus rationnels. D’abord, une règle générale, reconnue par tous les chirurgiens les plus instruits , est de maintenir dans un repos absolu toutes les articulations qui ont quelque connexion avec l'os fracturé ; or, ici on ne prend aucune mesure pour remplir cet objet si important, au contraire, le malade peutmouvoir toutes les articulations sans aucune gêne. Les attelles ne réduisent à l’immobilité ni l’articulation de la hanche, ni celle du genou , ni celle du cou-de-pied; conséquemment je dirai que cette méthode de traitement est inférieure aux autres, et je ne suis pas surpris qu’elle occasionne plus de difformité qu’aucune autre et qu’elle perde chaque jour des partisans. Mais, en supposant qu’à certains égards cette position fût la meilleure qu’on put choisir ; comme on ne pourrait la maintenir pendant long-temps, elle n’aurait aucune efficacité. En effet, en prenant toutes les précautions possibles, le malade ne restera jamais long-temps dans la position que l’on a indiquée , et se tournera toujours sur le dos, et ainsi la fracture se dérangera de nouveau.
On a proposé et adopté une troisième méthode : elle consiste à placer le malade sur le dos, la cuisse fléchie sur le Lassin et la jambe fléchie sur la cuisse, pendant que le membre est supporté dans cette position sur un double plan incline. L’instrument le plus simple de ;i cette espèce, consiste simplement en deux planches de la longueur convenable clouées ensemble à angle, présentant une autre planche destinée à supporter ■ile pied, avec quelques chevilles le long 1 bords pour empêcher les coussins de 1 glisser hors de 1 appareil. Cependant on : a aujourd’hui porté les doubles plans inclinés à unegrande perfection, et les lits
• à fracture, comine on les appelle, sont généralement construits de manière à rem-
* plir ce but.
L’appareil d’Amesbury, qui présente c‘ un double plan incliné , est excellent ;
: jmais, à l’hôpital du collège de l’Univer- ;1 sité, toutes les fois que j’ai adopté cette :f position pour une fracture de cuisse, j’ai o donné la préférence à l’appareil de M. f fntyre,qui est plus simple et pour lequel ) d n’est nécessaire d’ajouter à l’attelle ant î crieure ni attelles latérales, à moins que > la cuisse ne soit très-volumineuse, ni h même le bandage à dix-huit chefs , car
on applique un bandage roulé ordinaire qui renferme en même temps le membre et l’appareil sur lequel il repose, et qui, par conséquemment, peut être retiré sans occasionner aucun dérangement dans la partie. Tous les doubles plans inclinés bien faits peuvent être fixés à chaque angle au moyen d’une vis. Dans l’appareil d'Amesbury , on peut allonger ou raccourcir la partie qui soutientla cuisse, à la volonté du chirurgien, ce qui est un avantage , la partie métallique se laissant glisser suivant le cas dans l’une ou l’autre direction. On peut aussi changer la planche qui supporte le pied ; et sa position et sa longueur peuvent être appropriées aux circonstances que présente chaque cas particulier. Si l’on fait usage de ce double plan incliné ou de tout autre il n’y aura pas lieu d’ajouter d’attelle postérieure , parce que la surface de la machine elle-mênfe en tient la place. On maintient Je cou de-pied dans l’immobilité au moyen d’une pantoufle ou étui en cuir dans lequel on met le pied. On peut employer l’appareil de M. Intyre sans aucune autre attelle, bien qu’une attelle antérieure soit utile lorsque la cuisse est très-volumineuse. L.e membre , après avoir été entouré d’une bande roulée, est placé sur l’appareil, et l’on fait la coaptation ; ou entoure ensuite le membre et en même temps l’appareil avec une autre bande roulée depuis le pied jusqu’au bassin. Ainsi le membre sera maintenu parfaitement fixé, et toutes les articulations demeureront immobiles. Le souscuisse appartenant à l’appareil , il en résulte que le bassin et l’extrémité inférieure sont, pour ainsi dire, d’une seule pièce et ne peuvent être mus l’un sans 1 autre. On passe la courroie antérieure du sous-cuisse autour du bassin et à travers le trou situé dans la partie supérieure de l’attelle externe, près du grand trochanter. Le plan incliné d’Amesbury est parfaitement exécuté; les attelles sont d une bonne forme et sont légères, bien que fortes. Avec cet appareil, pour les fractures de cuisse, on doit appliquer trois attelles et aussi le bandage à dixhuit chefs. Dans quelques hôpitaux, on préfère la méthode qui consiste à placer la cuisse cassée sur un double plan incliné à la méthode de Desault avec toute sa simplicité et toutes les améliorations qu ou lui a fait subir et qu’elle présente maintenant. On doit toujours bien recouvrir un double plan incliné avec des substances douces et mollettes, surtout
vers l’angle qui se trouve sous le jarret (1).