‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 5)Chapitre 199 sur 242 · DE LA BLESSURE DE L’ARTERE MONTEUSE INTERNE · texte numérisé non relu

DE LA BLESSURE DE L’ARTERE MONTEUSE INTERNE

Il n’est pas douteux que quelquesunes des hémorrhagies abondantes qui ont eu lieu dans l’opération de la taille n’ont pas été fournies par l’artère honteuse interne elle-même , mais qu’elles provenaient soit de l’artère du bulbe, quand l’incision était faite trop haut, soit dans d’autres cas du tronc de l’artère du périnée. Je suis cependant surpris île voir M. Roux (2) affirmer qu’en dirigeant l’incision trop loin sur le côté, il n’y a aucun danger de blesser 1 artère honteuse interne. Cette remarque est complètement erronée et pourrait encourager les partisans des gorgerets larges et à long tranchant à continuer k se servir de ces instruments jusqu’à ce qu ils aient appris par expérience que la taille ne peut jamais être pratiquée avec sûreté à moins que l’incision soit faite nonseulement de grandeur suffisante, mais dans une direction convenable. Klein

(1) Lectures, vol. 2 , p. 2G9.

(2) Relation d’un voyage fait à Londres en 1814, ou Parallèle de la chirurgie anglaise avec la chirurgie française.,

eut deux fois le malheur de blesser le tronc de l’artère honteuse interne. Ce fut la première fois chez un enfant de quatre ans; l’hémorrhagie fut arrêtée en introduisant dans la plaie un morceau d’éponge qui fut enlevé le cinquième jour ; la partie fut cicatrisée au bout de. quinze jours , mais une incontinence d’urine continua neuf semaines et on l’attribua à la pression qu’avait déterminé l’éponge (1). Le second accident de cette nature arriva chez un individu de vingt-six ans pour avoir iucisé trop sur le côté avec le gorgeret de Cline. Après l’extraction du calcul, la plaie fut distendue avec une tente de charpie et un morceau d’éponge, et le malade fut maintenu dans un repos absolu sur la table à opérations pendant vingt-quatre heures, durant lesquelles les aides se remplaçaient alternativement et sans interruption pour faire la compression de la plaie. Le malade perdit quatre livres de sang dans l’opération , sou pouls était très-faible et rapide, sou visage d’une pâleur cadavéreuse et ses forces tellement abattues qu’on eut les plus grandes craintes pour sa vie.

Quand le tronc de l’artère honteuse interne est ouvert, le calcul doit être retiré et la plaie distendue avec une éponge (2). Si la ligature de cette artère était praticable, on ne pourrait y recourir avant d avoir extrait la pierre dont le passage au-dehors entraînerait inévitablement la ligature posée sur le vaisseau (3). Dans un cas où sir Everard Home ht l’opération, sir Benjamin Brodie passa une ligature autour de l'artère honteuse interne avec une petite aiguille d’argent flexible. Le malade était un homme fort maigre (4). La compression de l’artère dans le point où elle passe sur l’épine de l’ischion servit à arrêter une hémorrhagie alarmante fournie par un ulcère phagédénique du pénis chez un malade soigné par M. Travers (5) : ce même

(1) Chirurgische Bemerkungen, p. il.

(2) Une canule doit trauverser cette éponge pour que l'évacuation de l’urine soit facile. Voyez C.-J.-M. Langenbeck übereinc einefacheund sichere Méthode des Sleinschnittes, p. 58. 4 to. Würaburg 1802.

(5) Klein, ouv. cit., p. 12-21.

(4) Sir B. Brodie, Maladies des organes urinaires, p. 299, éd. 2.

(5) Voyez Uarrison, Anatomie chiruc»

DE PATHOLOGIE CHIRURGICALE

moyen mériterait aussi qu’on l’essayât pour arrêter l’hémorrhagie après l’opération de la taille.

DE L’INFLAMMATION A l’iNTÉrIEUH DE

l’abdomen ArRÈs l’opération.

La majorité des malades exempts d’affections viscérales antérieurement à l’opération, qui meurent par suite de la lithotomie, succombent à l’inflammation du péritoine, conséquemment s’il survenaitdela sensibilité, de la douleur et de la tension à l’abdomen, avec une grande agitation, de la soif, de la chaleur à la peau, et un pouls petit et fréquent, on devrait pratiquer une saignée abondante. En même temps on devrait appliquer vingt ou trente sangsues à la région hypogastrique. On tirera aussi un grand avantage des bains et des fomentations ; tièdes, des vésicatoires, de l’administration de l’huile de ricin et des lavements émollients.

J’ai vu plusieurs sujets âgés succom- : ber à un état d’irritation qui, après que la pierre avait été extraite, continuait ! dans la vessie malade, dont les parois ! s’étaient épaissies. Us ne présentaient I pas les symptômes aigus, la fièvre inflammatoire, la sensibilité et la tension gé- ■ nérales de l’abdomen que l’on remarque ; dans la péritonite ; mais ils rapportaient . leurs souffrances à la partie inférieure du bassin, et, au lieu de mourir dans t l’espace de deux ou trois jours comme i ceux qui succombent à la péritonite, ils I languissaient pour la plupart pendant * deux ou trois semaines. En pareil cas, il convient d'administrer des lavements landanisés et d’appliquer des vésicatoires sur la région hypogastrique.

I Dans quelques cas il se forme des col- J lections purulentes dans le voisinage du

col de la vessie. On évitera vraisenibla- : ! blement la gangrène du scrotum due à la < violence employée pour extraire la pierre, i et l’épanchement d’urine dans le tissu

I I cellulaire , en faisant une ouverture di- Jirecte à la vessie et en ne commençant

pas l’incision trop haut vers le scrotum. ilDans le même but beaucoup d’opérateurs i évitent de porter l’incision de la prostate ’l.itu delà de la base de cette glande (l).

i gjcale des artères, vol. H, p. 101 , et

i (Morton, Anatomie chirurgicale du néri- |'»ée, p. sa. * i * 1

O) Un de nos collaborateurs, U. Malle,

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