PRÉFACE DU TRADUCTEUR
Fidèle au plan qu’elle a adopté , l’Encyclopédie doit offrir un traité de chirurgie comme elle en donne un sur toutes les branches des sciences médicales. Il faut qu'il soit élémentaire, mais assez détaillé pour réunir toutes les matières que comporte un ouvrage complet ; sans être trop volumineux, il doit entrer dans toutes les explications que l’on a le droit d’attendre d’un traité classique. Rien de plus difficile que le choix d’un livre de cette nature. Il existe dans la science un grand nombre de traités partiels de chirurgie ; mais il en est fort peu qui la présentent dans son ensemble. Cependant quelques ouvrages s’éloignent moins que d’autres des conditions désirées. Nous n’avons pas cru pouvoir en choisir un meiileur que celui du célèbre chirurgien anglais S. Cooper. Son ouvrage intitulé : First Unes of surgery jouit en Angleterre d’une réputation bien méritée. Malgré son titre modeste : Premières lignes de chirurgie, il réunit toutes les conditions que nous devons chercher. L’auteur traite successivement toutes les matières dites chirurgicales , il fait à part l’histoire de chacune des maladies , en décrit les symptômes , rapproche ceux qui sont saillants , les groupe et en fait ressortir les caractères distinctifs avec cette netteté, cette précision qui appartiennent aux grands maîtres. Dan les sujets généraux , il s’élève à des considérations physiologiques de la plus grande importance , et aborde les plus hautes questions de philosophie médicale; enfin, dans la partie thérapeutique, il donne les conseils les plus sages et les présente d’une manière simple , claire et toujours essentiellement pratique. Cet ouvrage, qui n’a paru que depuis peu de temps , a déjà eu en Angleterre un succès tel que l’on vient d’imprimer la septième édition, qui est infiniment plus détaillée et plus correcte que les précédentes.
Chargé de traduire ce livre, j’ai tâché de reproduire fidèlement les idées de 1 auteur, et j ai tout sacrifié pour les rendre dans les mêmes termes, le style dùt-il en souffrir un peu. Malgré le mérite de cet ouvrage, il m’a paru présenter quelques lacunes ; certains articles sont traités d une manière trop succincte, et m’ont semblé réclamer des additions. D autre part, la thérapeutique des Anglais diffère quelquefois de la nôtre, et ces dissemblances avaient besoin d’être signalées. Pour remplir ces
lacunes de diverse nature , j’ai fait des notes toutes les fois que le sujet m’a paru l’exiger. Je me suis elTorcé de compléter ce qui ne me semblait traité que d’une manière superficielle ou môme ce qui m’a paru oublié. Je m'estimerai heureux si ces notes ne sont point jugées indignes de se trouver placées à côté des œuvres du célèbre professeur anglais.
Le plan de cet ouvrage est fort simple et nous n’avons pas cru devoir le changer. Dans une première partie, l’auteur a traité tous les sujets généraux, tels que la gangrène, les ulcères, etc. On sera peut-être surpris de le voir commencer par un article sur l’inflammation ; mais, si l’on y réfléchit, on se convaincra bientôt qu’un sujet pareil, examiné d’une manière générale , est fort bien placé dans un traité de chirurgie ; car l’inflammation se rencontre dans un grand nombre de maladies dites chirurgicales. Dans une seconde partie , l’auteur comprend toutes les maladies ou lésions des organes et des régions. Enfin , la troisième partie de cet ouvrage est un manuel opératoire complet, offrant tous les procédés décrits par les meilleurs chirurgiens tant anciens que modernes.