AMPUTATION
L’amputation des membre^ se pratique, soit, dans leur continuité, soit dans une de leurs articulations ; on ne peut cependant pas toujours recourir indifféremment ii l’un ou l’autre de ces modes; le choix entre ceux-ci dépendant de la. situation, de l’étendue et de la nature de la maladie ou de l’accident pour lesquels l'ablation de la partie devient indispensable. Dans toutes les amputations dans les articulations il est de règle générale de faire un lambeaude parties molles pourcouvrir l’extrémité de l’os , mais quand l’opération est pratiquée dans un autre point du membre le chirurgien est souvent libre de choisir entre l’amputation à un ou quelquefois deux lambeaux et l’am-
putation par incision circulaire ou ovale. A Londres l’amputation circulaire se pratique plus communément que l’amputation à lambeaux, qui cependant a aujourd'hui beaucoup de partisans parce qu’elle est achevée plus promptement et est conséquemment moins douloureuse que l’amputation circulaire ; les parties sont divisées d’une manière unie et laissées dans un état favorable à la réunion, on a plus facilement de quoi recouvrir les os que par toute espèce de modification de l’autre opération (l).
Je pense qu’il est généralement admis que l’amputation à lambeaux est la méthode la plus prompte et quelle offre parfaitement de quoi recouvrir les extrémités des os ; mais quelques-uns des chirurgiens les plus distingués de Londres, parmi lesquels on compte sir Astley Cooper , sont d’avis qu’après l’amputation à lambeaux le moignon fournit généralement une suppuration plus abondante et se réunit moins par première intention qu’un moignon formé par l’amputation circulaire. Ce point important est soumis à l’observation des praticiens, qui trouveront de nombreuses occasions pour arriver à une décision basée sur l’expérience. Il me semble que la rapidité et la facilité de l’amputation à lambeaux, la sûreté avec laquelle les parties molles sont divisées d’une manière unie, et la moindre fréquence de la sortie de l’extrémité de l’os au dehors , sont ses principaux avantages. Dans de certains cas c’est décidément la seule méthode applicable aux circonstances actuelles; dans d’autres le chirurgien peut choisir celle qu’il préfère.
Avant de procéder à la description des méthodes pour faire la section des membres, le lecteur me laissera lui rappeler une des règles fondamentales qui doivent nous guider dans la pratique des amputations : il faut couper des chairs le moins possible; mais plus on enlève de l’os, plus cela est avantageux (2).