‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 5)Chapitre 77 sur 242 · OPIITIIALMIE DU BORD DES PAUPIERES OU PSOROPIITHALMIE · texte numérisé non relu

OPIITIIALMIE DU BORD DES PAUPIERES OU PSOROPIITHALMIE

Cette affection est simplement une inflammation chronique de la membrane muqueuse qui tapisse les paupières, ou plutôt leur bord; inflammation qui occasionne leur agglutination pendant la nuit, rend ces parties malades, y produit de la cuisson et cause la chute des cils. Elle attaque d’unemanière notable lesglandesde • Meibomius. Quand le bord des paupières a été souvent le siège d’une inflammation chronique , surtout chez les vieillards , non-seulement lescils-sont délruits, mais les bords des paupières, au lieu d’être angulaires, sont arrondis et présentent un aspect d’un rouge vif (ce que les Anglais appellent lippitudo oa blearedness) .

Lorsque la psorophtbalmie a duré pendant long-temps ou a été négligée, les orifices des canaux des glandes de illeibomius , placés le long du bord interne d’une des paupières ou de toutes les deux , peuvent se trouver oblitérés en partie ou en totalité , et c’est surtout dans des cas de ce genre que les cils se détruisent et que les bords des paupières s’arrondissent. Quelquefois le renversement de la paupière inférieure en dehors a lieu par suite d’une réaction des parties souvent excoriées de la peau de la joue à sa jonction avec la paupière , et quelquefois le renversement de cette même paupière en dedans se produit par suite d’ulcérations antécédentes dans sa partie interne.

Quand un individu est affecté d’une ophthalmie du bord des paupières, ou psorophtbalmie, il ne doit jamais essayer d’ouvrir les yeux le malin jusqu’à ce que la matière gtutincuse, qui fait adhérer ensemble les paupières et les cils , ait été convenablement ramollie et dissoute , de manière qu’il puisse le faire sans douleur. Dans ce but, on devra enduire les bords des paupières et les cils d’une petite quantité de cérat de blanc de baleine; puis on devra tenir sur l’œil, pendant quelques minutes, un morceau d’éponge que l’on pressera après l’avoir trempé dans l’eau chaude ; l’œil pourra ensuite s’ouvrir sans douleur. On doit enlever avec précaution toute la matière gommeuse, parce qu’aussi long-temps qu’elle demeure aucune eau, aucune

pommade ne peut arriver à se trouver en contact avec les parties principalement affectées.

La première indication , celle de diminuer l’inflammation , peut être encore remplie en employant les fomentations sur les paupières avec une décoction de fleurs de camomille, en y appliquant les sangsues et en administrant les purgatifs.

Dans les cas les plus fâcheux , on peut appliquer sur les paupières , pendant la nuit, un cataplasme demie de pain renfermé dans un sac de mousseline fine , en ayant d’abord soin d'oindre les bords des paupières avec un peu d’onguent de blanc de baleine.

On remplit la seconde indication, celle de cicatriser les parties ulcérées et excoriées de la paupière , en y appliquant l’onguent de nitrate de mercure, plus ou moins affaibli d’abord par une certaine proportion d’axonge ; ou les pommades qui contiennent le précipité rouge ou blanc de mercure , à la proportion de dix ou douze grains du premier, ou de trente grains du second pour une once d’axonge.

Lorsqu'on remarque de petites ulcérations sur les bords des paupières , on doit les toucher avec le nitrate d’argent ou une forte solution de ce même nitrate ; et , dans les cas fâcheux , ce qu’il y a de mieux à faire est d’arracher les cils avant de se servir du caustique, car si on laisse détruire leurs bulbes par l’ulcération ils ne se reproduiront pas.’,;

La troisième indication , celle d’améliorer la santé générale , nécessite l’emploi de remèdes toniques et altérants , les bains de mer, l’air pur et un exercice régulier (1).

(1) En France, nous n’arrachons jamais les cils dans les cas de psorophlhalmie, à moins que, par suite d’une inversion de la paupière résultant d’adhérences vicieuses entre les points enflammés, quelques cils- sc trouvent dirigés de manière à irriter le globe de l’œil par leur contact. Je pense que l’on ne saurait, du reste, s’opposer efficacement par l'arrachement des cils à la destruction de leurs bulbes. A l’exemple de M. Velpeau, j’emploie dans ce cas une pommade contenant un grain de nitrate d’argent par gros d’axonge : c’est le topique qui semble le mieux réussir de tous ceux qui ont été essayés. J’aurai lieu d'en reparler à propos des diverses maladies des paupières.

C Noie du trad.)

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