ORGELET
On le compare en général à un petit furoncle environ de la grosseur d’un grain d’orge, et qui fait saillie à l’extérieur de la paupière. Sa couleur est d’un rouge foncé , il est accompagné d'abord de démangeaison et ensuite d'une grande sensibilité , et même de plus de souffrance qu’on ne devrait s'y attendre eu égard au peu d’importance de la tumeur. Quelquefois l’irritation est telle que la conjonctive s’enflamme en partie et que le mouvement de l’œil cause une grande gêne. 11 est dans la nature d’un orgelet de suppurer très-lentement; mais il suppure à la fin, il pointe et s’ouvre; et après avoir rendu une petite quantité de matière coagulée etjde tissu cellulaire désorganisé , il diminue ordinairement et disparaît. Mais , s’il reste de la matière destinée à être évacuée, l’affection est apte à se reproduire ou à dégénérer en une tumeur dure , blanche et chronique, dont les changements s’opèrent très-lentement , et qu’on appelle grêlon parce qu’on l'a comparée à un petit grain de grêle. Les jeunes sujets sont souvent affectés, pendant plusieurs semaines, d’orgelets qui se succèdent , l’un se formant aussitôt que l’autre se guérit.
On peut, au début de l’affection , essayer des applications froides, telles que la lotion d’acétate de plomb ou un cataplasme de mie de pain froid fait avec celte même lotion, ou de l’eau glacée, quoique nous réussissions rarement à résoudre complètement la tumeur de cette manière. Cependant nous pouvons essayer d’abord l’effet des applications froides et des purgatifs, et, lorsque la suppuration a positivement lieu, les changer pour des fomentations et des cataplasmes chauds.
Dès que nous voyons un point blanc au sommet de la tumeur, nous pouvons, si toutefois elle tarde à s’ouvrir d’ellemême, y pratiquer une petite ponction; mais nous ne devons pas le faire sans nécessité ou prématurément, car cela ne feraitqu’accroitre l'inflammation, et l’on n’obtiendrait aucunement l’évacuation des matières contenues dans l'orgelet.
On doit alors presser la tumeur pour en faire sortir le pus , et le tissu cellulaire converti en petite eschare, et y réappliquer un cataplasme. Quand ce tissu cellulaire sort très-lentement , on peut toucher la cavité avec le nitrate d’argent,
ou avec le bout d'une sonde trempée dans l’acide sulfurique.
La meilleure manière de traiter la tumeur appelée grêlon ou clialaze est de 1 ouvrir, d en faire sortir par la pression les matières qui s’y trouvent contenues, et de loucher 1 intérieur du kyste avec la pierre infernale taillée en pointe (I).