INFLAMMATION DE LA CONJONCTIVE
On la divise ainsi qu’il suit :
1° Simple ou catarrhale.
2° Purulente ou égyptienne.
3» Ophthalmie purulente des enfants nouveau-nés.
4° Blennorrhagique.
5° Scrofuleuse.
\ t Inflammation simple de la cou ionctivc. — - L’oplilhulmie catanhale , ainsi qu’on la nomme souvent, commence en vénérai par une sensation de raideur et de cuisson dans les paupières , sem- Plaide à celle que l’on éprouve lorsqu U se trouve des grains de sable sous ccs parties- il s’y joint un accroissement dans la sécrétion de la glande lacrymale qui fait que l’œil paraît nager dans les larmes et l’on remarque de la rougeur dans cet organe oïl le malade ressent de la cène alors qu’il se trouve exposé à la lumière. Celle affection, quand elle est complètement développée-, est caractérisée par une rongeur considérable , et l’écoulement lacrymal qui avait augmenté, se change en un écoulement de mucus liquide et blanchâtre; mais la souffrance est généralement legere et il n’v a plus de pliolophobie. La rougeur est superficielle et la couleur écarlate, ce qui forme un contraste frappant avec, la teinte rouge-violet propre à l'inflammation qui a son siège dans la sclérotique. Les
vaisseaux distendus forment un réseau, et' la rougeur sc présente sous forme de plaques, quoique, lorsque l’atlection arrive à son entier développement, la surface totale de la conjonctive devienne d’un ronge brillant , cetlc couleur se montrant d’abord à la circonférence du globe de l’œil et s’avançant graduellement jusqu’à la cornée. Dans les cas graves, on peut remarquer dans la conjonctive de petites ecchymoses ou épanchements de sang, et quelquefois il s’élève sur celte même conjonctive, près du bord de la cornée, de petites vésicules remplies d’un liquide séreux.
Il est rare que la conjonctive soit considérablement enflée et elle ne l’est jamais autant que dans l’affection appelée chemosis, c’est-à-dire cette élévation excessive de la conjonctive qui est quelquefois produite dans d’autres ophlhalrnies par l’épanchement de la lymphe au-dessous de celle membrane. Cependant, dans l’ophthalinie catarrhale, il s’épanche sous la conjonctive une certaine quantité de sérosité qui l’éloigne un peu de la sclérotique.
Dès que l’écoulement de larmes, observé quand la maladie était tout à fait à son début, s’arrête, il est remplacé par une sécrétion plus considérable de mucus qui est d’abord liquide mais devient plus épaisse à mesure que l’inflammation de la conjonctive passe par diverses périodes; cet écoulement prend alors^uu aspect blanchâtre ou jaunâtre et même purulent. C’est cette sécrétion altérée qui, se séchant sur les cils pendant la
nuit, fait adhérer les paupières ensemble
de manière que le malade éprouvé de la difficulté à les ouvrir le malin.
Dans tous les cas bien caractérises d’oplillialinie catarrhale, les paupières sont affectées; et lorsque la maladie est grave , d’aulres membranes muqueuses sont aussi attaquées. C’est pourquoi le malade ressent de la douleur et de la pesanteur dans les sinus frontaux et les sinus maxillaires; scs fonctions digestives sont troublées , sa langue est chargée : il éprouve des frissons suivis de chaleur et d’autres symptômes fébriles.
L’inflammation simple de la conjonctive se distingue de l’inflammation ordinaire des tuniques externes par som origine catarrhale, par la rémission dessymptôines pendant le jour et leur exacerbation pendant la nuit ; par l’absoncei de douleur cl de photophobie alots mêmer qu’il y a rougeur considérable tt gène— ;
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raie; par la couleur écarlate de la membrane ; par la distension de scs vaisseaux et leur position nrcolaire ; et enfin par l’altération produite dans la sécrétion muqueuse de la membrane qui tapisse les paupières. On distingue cette affection de l’ophlhalmie purulente parce qu’elle est plus bénigne ; parce qu’elle n’a pas de disposition à attaquer la cornée transparente ni les tissus de l’œil plus profondément situés ; qu’elle n’est pas contagieuse; qu’elle n’a pas de tendance à développer la cbémosis , et qu’elle n’est accompagnée d’aucune des souffrances intenses qui caractérisent les cas fàcbeux d’ophlhalmie purulente.
L’origine de celte maladie est généralement attribuée à des causes atmosphériques , à l’exposition à des .courants d’air ou des vents frais; à des transitions rapides du chaud nu froid. Souvent elle sévit sous forme d'épidémie dans certaines villes et certains districts, ce qui est dû à des états particuliers de l’atmosphère que l’on ne peut définir d’une manière précise , et parfois elle se montre avec violence dans les écoles. Pour la guérison de celte affection il sera généralement suffisant d’un traitement antiphlogistique doux , et il ne sera pas nécessaire d’affaiblir le malade autant que dans quelques autres affections inflammatoires de l’œil , à moins qu’il ne soit pléthorique ou que les deux yeux ne soient gravement atteints. Il n’est donc pas toujours nécessaire de recourir aux saignées par hr lancette. Dans les cas ordinaires il suffira d’employer les ventouses et les sangsues. On devra cependant tenir le ventre très-libre, et si la langue est chargée , faire suivre la déperdition de sang de l’administration de l’émétique. On peut aussi donner à diverses reprises des médicaments salins et sudorifiques , tels qu’une solution de sulfate de magnésie dans laquelle on met une proportion de tartre stibié , et l’on doit faire prendre le soir un bain de pieds chaud.
Dans un cas grave on pourrait , après la déplétion sanguine, mettre le malade dans un bain chaud le soir, et, immédiatement après l’en avoir retiré , lui administrer une forte dose de la poudre d’ipécacuanha composée.
Comme applications locales on peut fomenter l’œil avec une décoction de “tes de pavots; mais ensuite, quand l'in* «amination est à son déclin , il est salutaire d’employer des lotions astringentes
contenant trois ou quatre grains de nitrate d’argent ou de sulfate de cuivre dans quatre onces d’eau distillée. Ces topiques, joints à des vésicatoires sur la nuque ou derrière l’oreille , compléteront généralement la guérison au bout de peu de temps : sinon on pourra se débarrasser des derniers restes de la maladie en introduisant dans l'œil, une fois par jour, une goutte de laudanum ou d’eau minérale. On devra, pour empêcher l’ag-glutinalion des paupières pendant la nuit, enduire leurs bords avec l’onguent de blanc de baleine au moment où le malade se met au lit.
2. L’ophtha/mie purulente ou égyptienne, que l’on croit contagieuse , est itne des formes les plus violentes de l’ophlhalmie. La première période dans laquelle il n’y a aucune sécrélion de pus , ne dépasse jamais trente-six heures, et souvent est de plus courte durée. Au bout de ce temps il se trouve toujours de la matière purulente sur quelque portion de la conjonctive. Souvent le malade ne se plaint de rien avant le moment où il trouve ses paupières agglutinées le matin , ou jusqu’à ce qu’il éprouve à un degré intolérable la sensation d’un corps étranger dans l’œil. Dans quelques cas une douleur lancinante soudaine dans le globe de l’œil ou le front , est le premier signe de l’invasion du mal ; tandis que dans d’autres l’angmentation de vascularité de la conjonctive se fait remarquer d’abord. L’œil droit est plus fréquemment attaqué que l’œil gauche. La maladie sévit généralement aussi avec plus d'intensité et amène plus souvent la perte de la vue à droite. Dans quelques cas un seul œil est malade ; mais le plus communément les deux yeux le sont en même temps, bien que souvent il y ait un intervalle de plusieurs jours entre le début des accidents inflammatoires du coté primitivement affecté et l’apparition du mal de l’autre côté. Une excessive démangeaison se fait d’abord sentir le soir, ou bien il semble que 1 on éprouvé la sensation déterminée par la presence de poussière dans 1 œil qui devient larmoyant; ensuite les paupières sont agglutinées et lourdes le matin, elles paraissent gonflées. Leur surface interne est enflammée, tuméfiée et éminemment vasculaire ; la caroncule lacrymale est augmentée de volume et rouge. Généralement, au bout de vin^tquutre ou trenle-six heures, l’écoulement fourni par chaque paupière est
déjà considérable. La matière est d’abord claire mais bientôt devient visqueuse et opaque et va particulièrement se loger vers l’angle interne. Un écoulement abondant de larmes ou épipliora a fréquemment lieu aussi surtout quand l’œil est exposé à un courant d’air. Le malade éprouve toujours une sensation pareille à celle qui se produit dans l'œil quand il est plein de sable ; mais cet organe semble comparativement parlant peu souffrir de la lumière.
Dans la seconde période l’écoulement devient réellement purulent, et, dans bien des cas, si abondant que, quand le malade ouvre ses yeux, la matière coule instantanément sur la joue , qu’elle irrite et excorie. La quantité de cette matière va quelquefois jusqu’à plusieurs onces par jour. Tout le tissu de la conjonctive semble gonflé et épaissi , sa vascularité est augmentée et sa couleur d’un rouge brillant très-intense. La surface muqueuse est devenue villeuse, pulpeuse et granuleuse comme la surface villeuse de l’estomac du fœtus ; et c’est de cette surface de sécrétion ainsi modifiée que vient l’écoulement puriforme. Si on ne la réprime par un traitement efficace, cette espèce d’ophlhalmie attaque bientôt la •;ouche de la conjonctive qui s’étend .nu devant de la cornée (1), l’épaissit et 1a rend plus ou moins opaque. Ces altérations diminuent beaucoup la vision, et fort souvent l’opacité et la diminution de la vision qui en son la conséquence continuent après la cessation de tous les symptômes aigus. Mais l’altération de la cornée n’est pas bornée à cette affection delà couche délicate de la conjonctive qui recouvre sa surface , il y a souvent une déposition interstitielle entre ses lames, d’où résulte une opacité d’une espèce encore plus fâcheuse, et souvent son tissu se gangrène ou s’ulcère. La chambre antérieure étant ouverte se vide de ses humeurs , et un prolapsus de l’iris en est trop fréquemment la-conséquence.
De cette manière la fonction et la forme de l’œil peuvent se trouver détruites.
Da ns quelques cas le travail inflamma-
(1) Je me suis expliqué, dans une de mes notes précédentes, à l’égard de l’exislence de cette expansion de la conjonctive au-devant cle la cornée transparente; aussi cette phrase de l’auteur ne me semble-t-elle demander aucunes explications nouvelles au sujet de cette question anatomique. (Noie du Iracl.)
toirc est encore plus intense; il s’étend même aux tissus intérieurs de l’œil et s accompagne d’urie douleur profonde , pulsative, survenant par paroxysmes dans cet organe mais quelquefois sans rémission jusqu’à ce que la cornée se soit perforée. La durée et le retour des paroxysmes de douleur sont irréguliers. Us surviennent cependant le plus ordinairement de dix heures du soir à minuit, et correspondent à une augmentation delà sécrétion de la glande lacrymale et à une diminution de l’écoulement purulent.
Quelquefois le gonflement de la conjonctive est tel que la paupière supérieure ne peut se relever et se projette en avant , au point de cacher entièrement la paupière inférieure. La rougeur intense des téguments s’étend jusqu'aux joues et au front.
Dans bien des cas la conjonctive forme une tumeur rouge et proéminente tout autour de la cornée, de manière à offrir l’aspect d’un anneau de chair épais qui entoure celte dernière membrane , laquelle semble pour ainsi dire enfoncée dans l’œil , et dont une très-petite portion tout à fait centrale se laisse seule apercevoir. C’est cet état que l’on nomme che’mosis. Si on laisse la matière purulente quelque temps à la surface de la cornée, elle peut acquérir une consistance épaisse et ressembler à une membrane tombant en gangrène, de sorte qu’un chirurgien inexpérimenté pourrait supposer que la cornée est détruite.
L’infection peut-elle se propager d’un individu à un autre par des miasmes répandus dans l’air et dégagés d’un œil malade? C’est un sujet de contestation , mais il est suffisamment démontré qu’elle peut se transmettre par l’application directe de l’écoulement d’un œil malade à un œil sain. Dansl’Asile militaire royal, et quelques autres établissements publics, la matière de l’écoulement de l’ophthalmie purulenle a été quelquefois appliquée par inadvertance à l’œil d’un individu sain, et la maladie s’est développée. Il est cependant curieux de remarquer que les chirurgiens de l’armée française en Égypte n’ont jamais soupçonné sa nature contagieuse.
En Égypte , et en quelques autres pays où elle sévit avec intensité , son origine est ordinairement assignée au double effet de l’exposition de l’œil à la lumière et à la chaleur vives réfléchies pendant le jour par un sol sablonneux , et à un air froid et humide pendant la nuit.
DE PATHOLOGIE
Les symptômes généraux sont ordinairement en rapport avec le degré de douleur et d’inflammation; le pouls est fréquent mais mou , la chaleur à la peau n est pas Irès-considérable, la langue est Manche, le malade éprouve peu d'altération, l’appétit se conserve, les fonctions intestinales languissent. En un mot, l’économie souffre moins que l’on ne pourrait s’y attendre.
Voici quelques-unes des différences existant entre celte affection et l’ophthalmie catarrhale, ce sont : premièrement, l’altération particulière produite dans le tissu de la membrane muqueuse qui tapisse les paupières ; secondement , la duree souvent longue de la maladie; troisièmement , sa disposition aux récidives ; quatrièmement , sa tendance à la chémosis ; cinquièmement, le gonflement plus considérable des paupières; sixièmement, une augmentation nolable de vascularité et de rougeur dans la conjonctive ; septièmement, un écoulement purulent considérable.
Le traitement est purement antiphlogistique; on commence par la saignée que l’on peut porter chez les sujets'jeunes et robustes à trente ou quarante onces en une fois. Ceci est absolument nécessaire si la chemosis existe déjà ; on devra aussi appliquer les sangsues environ deux heures après la saignée par la lancette , que l’on devra répéter suivant les circonstances, le retour de l’action inflammatoire et l’état du pouls.
Il est généralement utile de revenir à la saignée aussi long temps qu’il y a de la douleur pulsative dans le globe de l’œil et dans l’orbite. M. Tyrrell a publié le «compte rendu d’une méthode qui a eu beaucoup de succès, pour arrêter la destruction de la cornée transparente causée par l’inflammation purulente aigue (1). » 11 pense que la cornée se gangrené par suite de la strangulation de ses vaisseaux produite par la chemosis ou par la tension et l’élévation de la conjonctive qui recouvre la sclérotique.
En conséquence il fut porté à essayer quel avantage on pourrait obtenir d’un moyen qui détruirait immédiatement la tension de la conjonctive causée par la chemosis. Il pensa qu’il fallait tenter de diviser largement la conjontive cri eVinnl avec soin le trajet clc ses vaisseaux principaux.
midico "riT-yrreI1 ’ Ies Transactions mcuico-chirurgicales, t. xxi, p. 414.
Ce procédé consiste à faire maintenir la paupière supérieure relevée et à pratiquer alors des incisions suffisamment larges dans la conjonctive oculaire et le tissu cellulaire sous-jacent engorgé sans intéresser les autres tissus de l’œil. Il est essentiel que les incisions s’étendent jusqu’au bord de la cornée où la tension et la pression sont plus grandes , et il faut aussi que ces mêmes incisions soient faites dans une direction correspondant aux intervalles existant entre les insertions des muscles droits, de manière que les vaisseaux principaux de la conjonctive ne puissent être compromis.
La méthode ancienne, de scarifier la conjonctive, méthode dont on n’a jamais obtenu de bien heureux résultats, différait de cette dernière en ce que les incisions étaient faites circulairemenl dans la direction du bord de la cornée.
On doit administrer les purgatifs tels qu’une dose de jalap et de calomel , suivie d’une solution de sulfate de magnésie contenant par chaque dose un quart de grain de tartre stibié. Quand le malade ressent pendant la nuit de vives douleurs dans l’orbite, on a vu de trèsbons effets résulter de l’administration de deux grains de calomel et d’un grain d’opium chaque soir; traitement que l’on doit continuer jusquà ce que la bouche se trouve affectée; mais, dans d’autres cas , 1 usage abondant du mercure ne peut-être utile pour l’ophthalmic purulente. Quand l’affection arrive à l’état chronique, si le malade et très débilité, et si l’écoulement est abondant, on prescrit quelquefois le quinquina et d’autres toniques. Lorsque la cornée transparente menace de se gangrener on administre parfois ce même remède.
Le traitement local est tout aussi important que le traitement général. La piemiere chose est de nettoyer les yeux en enlevant complètement et fréquemment, dans le cours des vingt-quatre heures , la matière puriforme qui en découle. Ceci doit etre fait en partie avec un morceau d’éponge , et en partie au moyen d une petite seringue et avec une faible lotion d’alun, un demi-gros pour une pinte d eau distillée, ou avec une solution tiede d’un grain de deutochlorure de mercure dans huit onces d’eau distillée. On s’accorde généralement à penser maintenant que le topique astringent le plus propre à arrêter la sécrétion est une solution de nitrate d’ argent de quatre à six grains pour une once
(l’eau distillée appliquée une fois, ou au plus deux fois, dans les vingt quatre heures. Le docteur Rîdgway a même osé administrer jusqu’à douze grains pour une once d’eau , et a publié un rapport à l’appui de cette forte dose ; tandis que M. Gulhrie donne la préférence à un onguent contenant dix grains de nitrate pour un gros d’axonge. Au début de la maladie on pourra aussi obtenir des résultats heureux de l’emploi des fomentations anodines , de la poudre composée (Fipécacuunlia , et , le soir, de l’application d’un onguent doux pour empêcher l’adhérence des paupières entre elles (1).
3. On pense que Vophthalmie purulente des nouvcau-ncs provient souvent de ce que les yeux se trouvent en contact avec l’écoulement blennorrhagique pendant l’accouchement. Dans la plupart des cas , la mère est affectée d’un écoulement vaginal; on rencontre cependant des exceptions; et alors on soupçonne ordinairement , comme pouvant être la cause de la maladie, ou l’influence de courants d’air froid ou celle d’une vive lumière sur des yeux qui n’y sont pas encore accoutumés. M. Hugh Carmichaël, considérant le peu de fondement sur lequel s’appuient. les opinions admises aujourd’hui relativement aux causes de cette aft'ection , fait observer que les intestins sont toujours plus ou moins dérangés , et qu’il est possible que ce désordre puisse agir comme cause (2).
(1) Les formules des divers pathologistes anglais dont on parle ici me paraissent offrir une dose de nitrate d’argent bien considérable. J’obtiens les résultats les plus avantageux avec deux grains de nitrate d’argent par once d’eau distillée; et dans les cas d’ophlhalmie légère un grain par once remplit parfaitement l’indication. Ce collyre liquide con. vient surtout lorsque l’on veut agir sur le globe de l’œil ; mais, quand c’est le bord et la surface interne des paupières qui réclament l'emploi de cette substance, une pommade contenant un ou deux grains de nitrate d’argent par gros d’axonge est préférable, parce qu’elle séjourne et demeure mieux en contact avec les parties malades. On voit qu’il y a loin de cette formule à celle de Gutbric, qui conseille une dose plus forte que celle employée par presque tous les ophlhalmologistes.
(Note du trad.)
(2) Voyez le Journal des Sciences médicales de Dublin, t. xv, p. 210.
En général , on remarque d’abord que les paupières s’agglutinent ensemble environ le troisième jour après la naissance, mais quelquefois beaucoup plus tard. — Lorsqu’on les ouvre , il eu découle une goutte de matière épaisse et blanche, et l’on trouve leur surface interne gonflée et vasculaire. Si l’on n’arrête la maladie, le gonflement de la conjonctive s’accroît rapidement et l’inflammation s’étend de la conjonctive palpébrale à la conjonctive oculaire.
L’écoulement purulent devient abondant ét la peau des paupières prend une couleur rouge-brun. La lumière est maintenant excessivement pénible à supporter ; l’enfant en détourne la tête et résiste à tout effort tenté pour lui ouvrir l’œil. Les yeux peuvent demeurer en cet état pendant une semaine environ sans que leurs parties transparentes s’affectent en aucune manière si l’on en excepte un léger épaississement de la cornée.
Cependant, le douzième jour environ , la suppuration se forme généralement entre les couches de la cornée dont le tissu se détruit, et s’ulcère; les humeurs s’échappent et l’iris fait saillie au dehors.
Si l’on reconnaît la maladie avant que la cornée n’ait souffert, le pronoslic est favorable. Si la cornée s’est gangrenée, ulcérée, la perte de la vue est inévitable.
Dans la troisième période il y a une diminution graduelle de tous les symptômes; la rougeur, le gonflement et 1 écouleinent purulent sont moindres; le malade peut supporter la lumière et il est plus aisé d’examiner l’œil.
Traitement. On peut appliquer une ou deux sangsues sur la paupière supérieure qui se trouve gonflée. La déperdition du sang résultant des piqûres affaiblira souvent un enfant d une manière sérieuse, et peut-être est-il mieux, dans ‘les cas ordinaires , de se con'enter d une seule sangsue. On doit laver 1 œil, pour le nettoyer de la matière purulente qui s’y trouve, avec une faible solution d alun ou de deutochlorure de mercure, solution qui doit cire tiède. Ou devra ouvrir les paupières avec précaution et enlever le pus avec un petit morceau d’éponge. La paupière supérieure a de la tendance à demeurer retournée en dehors , mais on peut ordinairement la replacer si l’on a soin de repousser la conjonctive en arrière dans sa position normale , au moyen d une sonde. Afin !
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■ d’arrêter l'écoulement, nous pouvons employer une solution de sulfate de cuivre ou de nitrate d’argent à la dose de quatre grains de nitrate ou de six grains de sulfate pour une once d’eau , eu l’appliquant une ou deux fois par jour avec un pinceau de poil de chameau sur toute la surface de la conjonctive enflammée.
M. Hugh Carmicliaël préfère cependant les collyres plus faibles, tels qu’un grain de nitrate d'argent ou deux ou trois grains d’alun pour une once d’eau distillée. Nous ne devons pas oublier non plus d’appliquer l’onguent de blanc de baleine afin d’euipècher les paupières de s’agglutiner ensemble pendant la nuit.
S’il y a de la tendance à la chémosis ou ne doit jamais omettre l’application d’une ou deux sangsues ; on doit tenir le ventre libre au moyen de l’huile de ricin , et mettre un vésicatoire derrière l’oreille. Dans les cas de longue durée , je donne habituellement de petites doses de calomel. Le laudanum est un des remèdes les plus propres à faire disparaître le relâchement dont la conjonctive demeure affectée lorsque l’écoulement a complètement cessé. Quelquefois la maladie a été combattue avec succès au moyen de l’onguent de nitrate d’argent à la dose de dix grains pour une once d’axonge. L’état granuleux de la conjonctive cède généralement aux astringents ou au nitrate d’argent, ou au sulfate de cuivre.
Considérant la connexion qui exisle entre celle inflammation de l'oeil et l’état des intestins, M. Ilugh Carmicliaël recommande de donner l’hydrargyre associé a la craie en doses d’un grain ou d’un demi-grain administrées deux ou trois fois par jour. Dans les cas invétérés il conseille aussi de changer la nourrice , dont le lait pourrait entretenir le dérangement des intestins. Il blâme l’emploi de la bouillie composée de pain et de lait , parce que cet aliment est de nature à surir. Le pain devrait être de la meilleure qualité et d’abord ramolli dans l’eau ; et le lait devrait être mêlé avec moitié ou deux tiers d’eau , et quelquefois avec un peu de magnésie calcinée. 11 insiste sur l’administration de quatre grains de calomel et quatre gouttes de teinture d’opium divisées en quatre ou six doses dont on prendra une chaque soir. Ce moyen a été très-sou-
’v?nÇ entre scs mains , suivi de bons résultats.
L’application des vésicatoires, chez
les enfants du premier âge, est généralement désapprouvée , mais M. Hugh Carmicliaël a remarqué qu’on oblenait les meilleurs effets en plaçant derrière les oreilles deux ou trois fils de laine enduits de pommade épispastique. Quand la cornée suppure, M.IIugh CarmichaëL conseille les sangsues, le tartre slibié , à la dose d’un sixième où d’un huitième de grain , trois fois par jour; l’application d’une pommade vésicante d’après la méthode que je viens de signaler, une lotion alumineuse ou l’alun calciné. Si la cornée s’est transformée en eschare gangreneuse il approuve, ainsi que le fait M. Saunders , l’extrait de quinquina donné à la dose de seize à dix- huit grains par jour, mêlé à la bouillie (l).
(1) Nous venons de voir que les sangsues et les purgatifs doivent être employés au début, et qu’ensuite l’application du nitrate d’argent en substance est le meilleur moyen à opposer à cette formidable maladie. Je dirai de cette espèce d’affection comme de toutes les autres inflammations de la conjonctive, que c’est à l’époque où elles donnent lieu à un écoulement muqueux ou purulent que le nitrate d’argent convient. A cette période des conjonctivites, la membrane muqueuse a effectué ce travail qui la rend villeuse, donne un volume plus considérable aux glandes mucipares, et la place dans des conditions telles que son mode de vitalité puisse être avantageusement changé par l’application d’un caustique dont l’action ne devra porter qu’à la superficie. Dans les conjonctivites ordinaires, on obtient souvent avec le nitrate d’argent les résultats les plus satisfaisants, c’est-à-dire des guérisons complètes et sans aucune altération de tissu; mais l’ophthalmie purulente des nouveau-nés a une marche tellement rapide, que le remède par excellence , c’est-à-dire le nitrate d argent en forme de crayon promené rapidement à la surface intérieure des paupières, ne réussit souvent pas à prévenir l’ulcération de la cornée et la perte de 1 organe. Il est de la plus haute importance de reconnaître la maladie à son début, et de la combattre par les antiphlogistiques, d’après les principes exposés dans ce chapitre. C’est généralement le troisième jour après la naissance que le mal se développe, et son invasion est marquée , suivant l’observation de M. Baron, par la formation d’une strie saillante d un rouge pâle qui vient remplacer le pli transversal de la paupière supérieure. Peut-être qu’en portant une
4 . 1 'J ophthalmie blennorrhagique (chez 1 es adultes) dans sa forme aiguë est une inflammation violente de la membrane muqueuse du globe de l’œil et des paupières , accompagnée d’un écoulement abondant de matière ressemblant parfaitement, dans toutes ses propriétés sensibles, à celle qui découle de l’urètre enflammé dans la blennorrhagie, maladie avec laquelle cette opblhalmie offre une sorte de connexion.
C’est l’inflammation la plus grave et la plus rapidement destructive à laquelle l’œil soit sujet; mais c’est heureusement une des plus rares. Elle n’est pas la conséquence de la suppression subite de la blennorrhagie; car, dans la plupart des cas, l'écoulement blennorrhagique n’est Ças arrêté , quoique la gonorrhée puisse etre à son déclin lorsque l’affection de l’œil commence. La blennorrhagie étant aussi commune et celle sorte d’ophthalmie si rare , on a souvent élevé des doutes relativement à sa connexion avec la gonorrhée. Il est vrai que le mode d’infection a été rarement reconnu d’une manière non équivoque; mais il paraît bien prouvé, d’après des faits recueillis par M. Lawrence , que la matière découlant de l’urèlre d’un individu, appliquée sur l’œil d’un autre sujet y développera la maladie ; et même nous voyons que le pus blennorrhagique appliqué sur l’œil du malade lui-même, fera naître cette ophthalmie destruclive : nous en avons la preuve dans les accidents qui résultent de la coutume vulgaire d’essayer de guérir les maux d’yeux en les lavant avec l’urine même du malade ; car, s’il arrive qu’il soit affecté deblennorrhagie, la matière se trouve alors appliquée directement à l’œil, et il en résulte une ophthalmie purulente destructive , ainsi que le rapporte M. Laxvrence dans son ouvrage sur les maladies vénériennes de l'œil. Les symptômes sont ceux de l’ophlhalmie purulente sous la forme la plus grave : rougeur intense , gonflement étendu , chémosis et écoulement abondant d’un liquide épais et jaune, symptômes que suivent bientôt l’ulcération , la gangrène et l’opacité de la cornée.
Le traitement ne diffère pas essentiel-
atlention particulière au développement de ce nouveau signe on parviendrait, presque dans tous les cas , à enrayer la marche de celle maladie désastreuse.
{Note du trad .)
lement de celui des autres ophthalmiespurulentes graves. Les mesures antiphlogistiques les plus énergiques doivent etre mises en usage : la saignée copieuse, les ventouses scarifiées aux tempes, les larges applications de sangsues, etc., suivies de vésicatoires et de l’emploi des collyres chauds ou froids, suivant l'effet) qu’ils semblent produire chez le malade. Quelquefois on arrête la maladie en employant une forte solution de nitrate d’argent , dix grains pur once d’eau distillée, ou une pommade contenant une forte dose de la même substance.
Lorsque la cornée se gangrène et que le malade est affaibli , nous pouvons administrer le quinquina. Dans l’ophlhalmie blennorrhagique la structure de la conjonctive palpébrale n’est pas altérée, c’est-à-dire qu’elle ne devient pas granuleuse. Il n’y a souvent qu’un œil qui soit affecté et la maladie peut commencer sur la conjonctive oculaire. Ces caractères sont tout différents de ceux qui sc remarquent dans l’ophlhàlmie purulente ordinaire des adultes (1).
(1) En France, nous sommes loin do regarder le mode de produclion de l’ophthalmie blennorrhagique des adultes comme parfaitement connu. D’après ce qu’en dit ici le savant professeur de Londres, on voit qu’il ne croit guère l’infection de l’œil possible que par l’application directe du pus blennorrhagique à l’œil. Telle était l’opinion de Dupuylren, mais les observations de Sanson semblent en désaccord avec elle; et, dans certains cas, il a paru difficile de supposer que du pus produit par un écoulement blennorrhagique ou que la matière muqueuse connue chez les femmes sous le nom de (lueurs blanches avaient pu être porlésaux yeux : d’autre part, Sanson n’a jamais vu l’écoulement uréiral se supprimer chez les individus affectés d’ophthalmie blennorrhagique; ce qui semblerait écarter l’idée d’une métastase invoquée par d’autres pathologistes pour expliquer le phénomène. Je ferai cependant observer que la métastase de la blennorrhagie sur les articulations ne saurait êtremise en doute, car elles peuvent, en circonstance pareille, devenir le siège d’un gonflement inflammatoire et d’hydropisie. Sanson pense que le transport delà maladie aux yeux peut être dû à la sympathie exercée sur la muqueuse oculaire par la muqueuse urélrale. Ce profond I et consciéncieux observateur, dont la science et l’humanité déplorent la perte i
DE PATHOLOGIE CHIRURGICALE
5. Inflammation scrofuleuse de la conjonctive. — Les symptômes caractéristiques de celle affection sont une rougeur légère, une photophobie prononcée , et le développement de boutons ou petites pustules sur la conjonctive. Il est rare qu’elle attaque les enfants à la mamelle, mais elle affecte ceux qui se trouvent dans la période comprise entre l’époque du sevrage et la huitième année. Au début de la maladie la rougeur de la conjonctive est très-légère et se manifeste par des plaques constituées par des amas de vaisseaux ; mais ensuite elle s’accroît , devient plus uniforme , et la sclérotique semble participer à l’inflammation.
a imaginé un procédé hardi à l’aide duquel il est parvenu à sauver un œil à un individu qui venait de perdre l’autre par suite de l’oplit liai mie blennorrhagique. Ce procédé devant trouver des applications dans la pratique, je crois utile de reproduire ici les faits cités par Sanson , et je suis heureux de donner une nouvelle publicité au résultat brillant obtenu par mon ancien maître : — Un jeune liomrne, affecté depuis vingt-quatre heures seulement d ophthalmie blennorrhagique des deux yeux , entra à l’Hôtel-Dieu; on lui fît une saignée abondante, puis une autre saignée à l’artère temporale; des sangsues furent appliquées un grand nombre de fois pendant quatre jours; on mil un séton a la nuque, on donna des purgatifs drastiques, et on fit bassiner les yeux avec un collyre contenant du sublimé :
cependant les deux cornées se perforèrent , et le malade perdit les yeux. 11 y avait peu de temps que ce fait désastreux s’était rencontré quand un malade, atteint d ophthalmie blennorrhagique d’un des deux yeux, entra dans le service de Sanson. Trente-quatre heures s’étaient écoulées depuis le début des accidents.
Le malade étant entré le soir, on lui appliqua vingt-cinq sangsues à la tempe, le lendemain malin il fut largement saigné, et on lui mit un séton à la nuque dans la' journée. La potion de Chopart fut prescrite, le malade fut ensuite purgé avec un drastique; le soir étant arrivé, on appliqua de nouveau des sangsues, et on en réappliqua successivement quelques-unes de manière à avoir un écoulement de sang permanent toute la nuit et la première partie du jour suivant , pendant qu’on taisait entre les paupières des injections astringentes. Malgré ce traitement éner- 8l(Iue, la cornée se ramollit, et le lendc-
Au sommet de chacun de ccs amas de vaisseaux s’élève une ou plusieurs pustules de petites dimensions; quelquefois c’est un seul point proéminent d’un blanc opaque près du bord de la cornée , et quelquefois ce sont de nombreuses pustules disséminées sur différentes parties de la conjonctive. Dansquelques cas elles sont petites et remplies d’un liquide clair et incolore , on les appelle alors phlyc~ tenes ; dans d’autres exemples elles sont plus grosses et contiennent un liquide ressemblant davantage à du pus. On ne sait s’il existe aucune différence spécifique entre les cas où se produisent des phlyctènes et ceux où se produisent des pustules ; mais le docteur, Mac Kensiede Glaseowa observé que ces dernier? cas sont en général accompagnés d’une pho-
main de son entrée le malade perdit l’œil. Cet individu, fort affaibli par les souffrances qu’il venait d’éprouver et par les moyens énergiques que l’on avait mis en usage, était encore à l’hôpital, lorsqu’au bout de quatre jours l’autre œil commença à offrir les accidents alarmants de l’ophthalmie blennorrhagique.
Le malade était beaucoup trop faible pour pouvoir supporter un nouveau traitement antiphlogistique et révulsif, qui avait d’ailleurs complètement échoué. Le professeur Sanson imagina alors qu’eri retranchant l’organe producteur d'une sécrétion corrosive qui semblait avoir une action si destructive sur la cornée, il suivrait la seule indication qui pût encore offrir des chances de conserver la vue; il retrancha donc en l’excisant toute la conjonctive oculaire, et, comme la conjonctive palpébrale est trop adhérente pour être disséquée de la sorte, il la cautérisa entièrement avec le nitrate d’argent. Ce moyen eut un succès complet , l’œil se guérit, et ce fut à celle tentative hardie que le malade dut d’échapper à l’horrible infirmité de la cécité. Si donc on avait déjà suivi infructueusement le traitement habituellement mis en usage en pareille circonstance, et surtout dans le cas où le malade aurait déjà perdu un œil, on devrait imiter la conduite de Sanson. Ce célèbre chirurgien déclare même, dans son article Ophthalmie du Dictionnaire, où les faits que je rapporteici se trouvent aussi relatés, que si legonflemenl des paupières qui accompagne l’optilhalmie blennorrhagique était tel qu’il rendit leur écartement impossible, il fendrait leur commissure externe pour les écarter et appliquer le procédé que nous avons décrit. (iYotc dit tracl.)
tophobie moins intense. Les phlyctènes et les pustules peuvent s’absorber ; alors, si elles sont situées sur la cornée , elles laissent derrière elles une tache d’un blanc opaque : effet dît à l’épancliement de la lymphe qui entoure tout abcès circonscrit, mais qui disparaît généralement après un certain temps. Parfois , cependant, il reste une tache vasculaire dont il est plus difficile d’obtenir la disparition.
Il est tout aussi fréquent que ces pustules où phlyctèncs s'ouvrent et se convertissent en ulcères, quelquefois superficiels et d’une étendue considérable, mais plus ordinairement profonds et infundibuliformes. S’il arrive qu’ils transpercent la cornée, l’humeur aqueuse s’écoule et une portion de l’iris fait saillie au dehors et s’unit aux parois de l’ouverture qui se ferme par une cicatrice opaque et indélébile obstruant la vision en partie ou en entier ; mais la cicatrice d’un ulcère superffciel peut ne pas laisser d’opacité permanente.
L’extrême photophobie qui accompagne i’ophlhalmie scrofuleuse est un des symptômes les plus alarmants. L’enfant est dans l’impossibilité complète d’ouvrir les yeux à la lumière naturelle ordinaire ; et tout effort de sa part pour lever les yeux d’une manière instantanée produit une forte contraction spasmodiquedes paupières. C’est le matin que la douleur causée parla lumière est plus forte ; car dans l’après-midi la photophobie est quelquefois tellement diminuée que le malade peut ouvrir l’œil. Nonobstant la souffrance violente que produit la lumière, il n’y a souvent que peu de rougeur; et souvent aussi la cornée demeure parfaitement transparente , ou l’on y remarque seulement une petite tache opaque , et l’on voit quelques vaisseaux rouges ramper sur la sclérotique. La photophobie est toujours accompagnée d ’e'pipliora, les larmes coulant abondamment à la suite de chaque effort lait pour ouvrir l’œil. C’est pourquoi les paupières et les joues sont quelquefois excoriées et gonflées.
Parfois cette maladie est jointe à l’iri— tis ; mais elle est plus souvent liée à la psorophlhalmie et à d’autres affections scrofuleuses.
Dans le traitement , les antiphlogistiques énergiques sont moins nécessaires que pour quelques autres inflammations de l’œil. Dans la première période , qui est de courte durée, nous pouvons appliquer quelques sangsues que nous fe-
rons suivre d'un vésicatoire derrière les oreilles ou à la nuque. On doit s’efforcer de ramener à leur type normal les sécrétions de la peau et du canal alimentaire. Dans ce but nous prescrirons l’acétate d’ammoniaque liquide combiné avec le vin émétique et une petite quantité de sirop de pavots : ou bien nous pourrons donner de la rhubarbe et du carbonate de soude à parties égales avec ou sans une petite quantité de mercure associé à la craie.
La solution de nitrate d’argent est la meilleure application dont ou doive se servir pour les ulcérations de la cornée. Ou devra préserver l’œil de la lumière au moyen d’un garde-vue vert ou en rendant obscur l’appartement du malade.
Si la cornée est opaque , on devra administrer le calomel ou la pilule bleue de manière à obtenir une action générale.
Lorsque la première période inflammatoire est passée, on obtient ordinairement des résultats heureux de l’emploi des toniques et surtout du sulfate de quinine; pendant ce traitement l’alimentation du malade doit être légère mais substantielle.
Les meilleures applications sur l’œil lui-même sont les lotions lièdes légèrement astringentes , telles que la décoction de tètes de pavots dans laquelle on mêle une petite quantité d’alcool ou une faible solution d’acétate d’ammoniaque, ou une solution d’un grain de deutochlorure de mercure dans huit onces d’eau distillée. En France, les collyres, pour les affections scrofuleuses de l’œil , consistent souvent en une faible solution d’iode dans de l’eau distillée jointe à une petite quantité d’hydriudate de potasse.