‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 5)Chapitre 81 sur 242 · MALADIES DE L’OEIL · texte numérisé non relu

MALADIES DE L’OEIL

Je vais maintenant décrire les maladies de l'œil lui-même, et je commencerai par Y inflammation de cet organe, que l’on nomme ophlhalmie ■■ c’est la plus commune de toutes les affections de l’œil,

et elle peut sc trouver jointe avec toute autre maladie de cet organe comme cause ou comme effet. C est seulement depuis ces dernières années que les, diverses affections inflammatoires de l’œil ont été bien distinguées entre elles; car on était dans l’habitude d’appliquer le nom d’ophthalmie à toute inflammation de l’œil ou de ses dépendances, que le tissu principalement affecté lût la paupière , la conjonctive, la sclérotique, l'iris ou la rétine ; et quoique l’on fit un usage fréquent des épithètes benigne et intense, sèche et humide, externe et interne, on négligeait complètement les distinctions plus rationnelles que 1 on peut établir d’après le tissu principalement affecté dans différents cas, d’après les symptômes caractéristiques de chaque sorte d’affection et d’après le traitement qui lui est le plus propre. Quelles que soient les parties ou l’inflammation survient , nous savons que ses eûets sont toujours modifiés par le tissu qu elle affecte. L’œil, malgré la petitesse de sa dimension, contient une grande variété de tissus, chacun d’eux possédant lespropriétés physiques et vitales qui lui.

(1) 11 ne s’agit ici que de 1 ankyloblé pbaron incomplet; lorsqu’il est complet c’est-à-dire quand le bord des deu» paupières est uni dans tonte son étendue, on doit inciser doucement vers 1 endroit correspondant à l’angle externe de 1 œil,

ci même un peu plus en dehors; introduire la sonde cannelée, et continuer :

inciser sur elle de l’intérieur à I cxlo rieur; il faut surtout s’opposer au réta blissement des adhérences.

(iYoïe du trad.)

DE PATIÎdLOGlE

sont particulières et par conséquent offrant sous l’influence de l’inflammation les phénomènes qui lui sont aussi particuliers. Les modifications de l’inflammation provenant des différences de tissus, se montrent souvent d’une manière très-remarquable dans Ics'maladies de l’œil; et cela tellement distinctement, que les différents caractères extérieurs et les diverses altérations que produit l’inflammation de cet organe, sont généralement cités par les pathologistes de toutes les écoles comme présentant peutêtre les documents les plus exacts sur plusieurs points très-importants, relatifs a la nature du travail inflammatoire.

Il y a un fait dont il est, je crois, utile de se bien pénétrer, c’est que l’inflammation de l’œil commence généralement dans un seul tissu auquel elle est d’abord restreinte et au delà duquel elle ne peut réellement s’étendre si on la traite d’une manière rationnelle. Mais, si elle est négligée ou mal traitée, elle dépassera bientôt ses premières limites, et peut-être envahira à la fin toutes les parties de l'organe. La conjonctive , la sclérotique , la cornée; l’iris, la capsule du cristallin et la rétine présentent en particulier une série de modifications de l’inflammation résultant de la qualité particulière du tissu. Nous signalerons comme autant d’exemples des modifications de l’action inflammatoire et de ses conséquences diverses dans les différents tissus de l’œil, les faits suivants ; le tissu de la conjonctive sécrétant une quantité abondante de matière purulente comme dans 1 ophthalmic des enfants nouveau-nés; la sclérotique, affectée pendant des mois d une inflammation ihumatismale ; la cornée transparente devenant opaque ou se détruisant couche par couche, par l’ulcération ; Yiris perdant tout pouvoir d’exécuter ses mouvements d’expansion et de contraction ; la capsule du cristallin faisant découler de sa surface séreuse de la lymphe coagulable et cette lymphe devenant l’intermédiaire d’adhérences morbides; enfin la rétine, trop profondément située pour qu on puisse l’observer immédiatement, perdant en peu d’heures sa sensibilité spécifique et si admirablement exquise.

Les inflammations de l’œil, outre les modifications qu’elles présentent suivant es < îllcrences de tissu, reçoivent aussi

ne influence considérable des parlicula constitution, des maladies sucrâtes qui frappent actuellement l’é-

. Cooper.

conomie, et de certains états accidentels de la santé; elles sont sujettes à des variations sans nombre déterminées par ces connexions inexplicables que l’on nomme sympathies. Les scrofules, la syphilis, la goutte, le désordre des organes digestifs et cet état d’altération de l’économie que l’on nomme quelquefois mercurialisme, sont tous en particulier capables , ou d’exciter l’inflammation dans différentes parties de l’œil, ou du moins d operer dans le caractère d’une inflammation duc a d autres causes des altérations telles qu’elles rendront souvent difficile le diagnostic de la maladie que nous aurions reconnue très-aisément quand elle se présentait sous une forme simple.

A l’égard du traitement de l’inflammation de l’œil en général : je ferai observer que si l’on n’arrête pas promptement cette affection par des moyens effectifs et actifs, elle s’étendra bientôt du tissu atteint dans l’origine à d’autres tissus; et si elle se prolonge au delà d une certaine période, elle détériorera pour toujours les tissus délicats de l’organe ou même causera la destruction complète de ses fonctions. C’est pourquoi il est nécessaire d’adopter un traitement très-actif, non pas que la vie soit en danger, ni qu’il y ait à redouter des souffrances extraordinaires , bien, qu’elles puissent être vives; mais afin de prévenir ces alterations de tissu qui affaibliraient la vue ou la détruiraient.

C est pour cette raison que nous pratiquons souvent des émissions sanguines aussi abondantes pour une inflammation de œil que pour une inflammation de la plèvre ou des poumons, de l’estomac ou du cerveau, ou de tout autre organe interne de la plus grande importance, oi i on n adopte pas un traitement prompt et énergique au début des affections inflammatoires de l’œil, il arrivera fréquemment que de la lymphe s’épanchera, ou que de la matière opaque se trouvera déposée dans les parties transparentes de 1 œil souvent la rétine éprouvera des altérations plus ou moins considérables dans son tissu et sa sensibilité ; la pupille deviendra irrégulière; les mouvements de 1 .ns seront empêchés par des adliérences, ou la maladie dégénérera eu une affection chronique, qui est qaelguefoi

difficile a guérir et qui diminue toujours les chances d une guérison assez parfaite pour ne laisser après elle ni imperfection ni faiblesse de l’œil soit dans ses parües

mobiles, soit dans ses parties transparentes ou nerveuses.

L’inflammation externe de l’œil peut avoir son siège dans la conjonctive seulement, ou dans la sclérotique et daus la cornée. L’inflammation simple de la conjonctive est une affection beaucoup moins sérieuse que celle de la sclérotique. Cependant les inflammations spécifiques de la conjonctive sont des cas excessivement pressants, telles sont par exemple les opblhalmies violentes, purulentes et blcnnorrliagiques qui, si elles sont traitées sans succès, produisent dans l’organe un désordre incurable. Dans l’inflammation de la sclérotique, la cornée transparente étant intéressée et 1 inflammation se transmettant rapidement à liris, l’organe est toujours exposé à de grands

dangers. .

Je passerai de ces remarques préliminaires à la considération des principales variétés de l’opbtbalmie en commençant par l’inflammation de la conjonctive.

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