‹ Encyclopédie des sciences médicales (volume 5)Chapitre 90 sur 242 · MALADIES DE L’OREILLE · texte numérisé non relu

MALADIES DE L’OREILLE

Ce qu’on appelle ofn/gie provient souvent de l’iriQammation du conduit auditif ou du tympan lui- même. Les douleurs sont quelquefois fort intenses , circonstance que l’on a remarquée comme accompagnant l’inflammation de tous les lissus qui, par leur nature et leur situation, se prêtent plus difficilement au gonflement qui est le résultat ordinaire de cette affection. L’inflammation de l’intérieur de l’oreille peut conduire à la suppuration , et l’abcès peut se frayer un chemin au dehors, à travers le conduit auditif externe, la trompe d’Eustache ou la membrane du tympan, ou même par derrière l’oreille, soit qu’il traverse les cellules de l’apophyse mastoïde et occasionne la carie de l’os, soit qu’il ne cause ni l’un ni l’autre de ces désordres. D’après l’expérience que j’ai acquise, je vois que les suppurations de l’oreille de la plus mauvaise nature se développent chez les enfants scrofuleux; et dans ce cas elles sont souvent accompagnées par une destruction partielle de

(1) Les maladies cancéreuses du globe de l’œil sont plus graves encore que les cancers d'autres parties; cependant c’est à tort que dans tons les cas on les abandonnerait à elles-mêmes, ainsi que quelques personnes paraîtraient portées à lo faire. L’opérateur a encore des chances de succès. J’ai à citer un cas où l’extirpation de l’œil a été suivie d’une guérison complète; on peut , je crois, la regarder comme telle, car la malade, qui n aujourd’hui plus de soixante-dix ans, a été opérée il v a cinq ans et demi , et jouit d’une santé parfaite. ( Note du irad.)

la membrane du tyjnpan et par une affection des parties osseuses de l'organe qui, dans quelques cas, est suivie de la nécrose et de la séparation des osselets de l’ouïe. L inflammation et la suppuration de l’interienr de 1 oreille peuvent nonseulement avoir ces conséquences et occasionner une surdité plus ou moins complète, mais encore étendre leurs effets jusqu’à la dure mère et causer ainsi la mort du malade. Quand des exfolia lions ont lieu, c’est principalement aux dépens du conduit auditif externe ou des lames osseuses extérieures de l’apophyse mastoïde.

L’inflammation aiguë de l’oreille requiert un traitement antiphlogistique énergique. Pour les adultes, il faut recourir à la copieuse saignée et pour les enfants aux sangsues. Un doit ajouter à ces moyens les fourni alions et les purgatifs, que l’on doit faire suivre de l’application de vésicatoires.

Si après avoir réduit l’inflammation on voyait continuer l’écoulement purulent, et si le malade paraissait être scrofuleux, on pourrait employer les altérants, tels que l’iode à l'intérieur et les lotions d’iode ou une injection d’une faible solution de nitrate d’argent. Quand un os est malade, on conçoit que l écoulement ne saurait s’arrêter jusqu’à ce que l’exfoliation soit complète.

Souvent le conduit auditif se trouve bouché , et le côté extérieur de la membrane du tympan est couvert de masses dures de cerumen desséché, de manière à rendre le malade complètement sourd, les fragments de cire, durcis, peuvent, si on les abandonne à eux-mêmes, causer* à la fin une très-grande irritation suivie par l’inflammation et l’ulcération de la membrane du tympan , et de la membrane qui tapisse le conduit ; la présence de ce cérumen donne toujours lieu à une sensation de sons faux et confus dans l’oreille, ce qui est véritablement insupportable.

Le traitement consiste à laver le conduit auditif au moyen d’une seringue capable de contenir au moins quatre ou six onces d'eau chaude. Un doit lancer l’eau dans le conduit de manière à la faire regorger avec une grande rapidité. 11 faut généralement renouveler celle manœuvre plusieurs fois, avant que ces fragments soient assez détachés pour être entrâmes au dehors par l’eau.

Le conduit audit f es t parfois le siège de polypes et d’autres excroissances .

Lorsqu’ils sont situés près de l'orifice, on peut les saisir avec une érigne et les exciser; mais dans d autres cas il est préférable de les extraire avec des pinces et d’appliquer le nitrate d’argent ou la teinture de muriate de fer sur la partie où ils étaient situés.

Corps étrangers clans le conduit auditif externe. Lorsque des insectes se sont introduits dans 1 oreille, la meilleure méthode esl, si l’on peut les voir, de les retirer au moyen d’une paire de pinces. Sinon l’on se sert il une meclre de charpie trempée dans le miel ou dans l’huile, et adaptée au bout d’une sonde; ces substances, à raison de leurs qualités glutineuses, s’empareront de tout insecte de petite dimension et l’attireront au dehors de l’oreille. L’on doit ensuite laver le passage avec une seringue. Je considère que la méthode qui consiste à seringucr dans l’oreille est la meilleure de toutes, non-seulement pour extraire les insectes, mais encore les pois, les petits cailloux, etc. L’action de l’eau qui rejaillit au dehors réussit rapidement à les faire sortir, tandis que tous les autres moyens échouent. Un jour, je visitais l’infirmerie Fleet-Prison, on m’amena un enfant qui avait dans chacune de ses oreilles un caillou, et cet état, qui remontait à une année de date, excitait chez le malade, à l’époque où je le vis , des souffrances et une inflammation trèsintenses , accompagnées d’une surdité complète. Divers chirurgiens avaient échoué dans leurs efforts pour extraire ces corps étrangers. J’imaginai immédiatement de me servir d’une grande seringue et j’eus la satisfaction d amener les cailloux si près de l’orifice externe, que je pus les saisir avec une sonde courbe. Dans quelques cas, on a jugé nécessaire de diviser les parties molles du coniluit auditif; mais il doit y avoir rarement une nécessité réelle de recourir à ce procédé.

L’huile d’amandes douces, que l’on fait tomber par gouttes dans l’oreille, détruit bientôt tout insecte qui pourrait s’y trouver.

La surdité clue à des causes plus pro fondes que celles que j’ai signalées est un sujet trop long et trop compliqué pour être truité dans un ouvrage comme celui-ci. Elle peut provenir d’obstructions produites dans la trompe d’Eustache par le mucus, ainsi que cela a lieu dans un catarrhe intense; de la pression exercée par une tumeur comme on en

voit quelquefois des exemples lorsqu’il existe des polypes ou un gonflement des amygdales, ou à la suite d’une ulcération syphilitique ou d’une angine gangréne use.

Sir Astley Cooper a conseillé pour détruire la surdité due à une obstruction permanente de la trompe d'Eustache, de pratiquer une petite ponction dans la partie antérieure et inférieure de la membrane du tympan; cette méthode a été suivie avec quelques succès, mais ou ne doit pas entreprendre l’opération sans une mûre considération et sans une distinction judicieuse des cas auxquels elle est seulement applicable.

Les affections du labyrinthe ou de l’appareil compliqué qui compose l’oreille interne, sont des cas qui, généralement parlant, déjouent l’art et la science de la chirurgie. 11 est rare que nous ayons jamais aucune donnée relativement à leurs causes ou même aux parties précises qu’elles affectent, de sorte que l'on ne devra pas être surpris en voyant combien le traitement de ces sortes de surdités est accompagné de peu de succès.

Parmi les diverses maladies qui peuvent affecter le labyrinthe, je citerai :

1 . Les maladies de la fenêtre ovale et de la fenêtre ronde, telles que l’ulcération et l’épaississement.

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