CASSE
amère, qu’une très-petite quantité suffit pour communiquer la même saveur à une grande quantité d’eau, en l’y infusant soit h chaud, soit à froid.
§ II. Notions chimiques. — Un principe jaune, mou et tenace, mais facile à solidifier, d’une amertume extrême , a été extrait par Morin du simaruba exce/sa et du bois de casse. Thompson l’a désigné sous le nom de quassine. Il est probable que c’est dans ce principe que réside la faculté thérapeutique du bois de casse. I.a quassine est soluble dans l’alcool et dans l’eau.
§ III. Effets sur les animaux.— Pour garantir lès plantes des insectes, Maerklin se sert de l’infusion aqueuse du bois en question , en les en mouillant et les faisant dessécher ensuite (44). Les mouches sont tuées par celte infusion ; on les y attire en sucrant les bords du vase (45). En général, les animaux un peu grands n’en ressentent pas l’action ; pourtant un lapin auquel on appliqua, sur une blessure faite exprès, cinq centigrammes d’extrait alcoolique de casse, mourut en trente heures. L’autopsie ne présenta rien de notable.
§ IV. Effets sur l'homme bien portant. — L’infusion aqueuse du bois de casse donne de l’appétit , et si on ne le satisfait pas, il se change bientôt en un sentiment pénible d’épuisement et de défaillance. J’ai essayé plus d’une fois ce remède sur moi-même ; un jour que' j’avais déjà l’estomac très-faible pour en avoir pris une certaine dose, j’ai voulu en hasarder une nouvelle dose avant de manger : j’ai éprouvé des vertiges, des obscurcissements à la vue , une faiblesse générale, jusque dans le poulS; et je fus obligé d’avoir recours à quelque aliment pour reprendre vigueur le plus tôt; possible. — Ce fait ui’a convaincu d’une manière incontestable de l’action hyposthénisante du bois de casse. Ce qui m’a Æonhriné dans la même croyance, c’est que dans d’autres circonstances la même substance m’a donné de la force,, lorsqu’à la suite d’un repas plus copieux que de coutume je me trouvais dans un étal de plénitude, d’engourdissement et.
de dégoût , ce qui était le résultat d’un excès de stimulation. La casse a dans ce
(44) Mémoires de la Société scienti-- Cque de Paris. Nov. 1824, p. 421.
(45) Brandi, Botanique du droguiste»