BOIS DE CASSE
cas produit promptement le même effet que le repos , la diète et les autres mesures de sagesse qu’on a coutume d'opposer aux stimulations trop fortes. On comprend par là comment des auteurs ont pu, par une fausse interprétation des faits, attribuer la faculté tonique à ce remède; de ce nombre sont entre autres Farley
(46), Bergius (47), Severius (48), Murray (49). Ils conviennent pourtant tous qu’il n’excite jamais au point d’augmenter la chaleur animale, quelle qu’en soit la dose. Ebeling prouva par beaucoup de faits que le bois de casse n’augmente jamais directement les forces ni le rhythme du pouls (50). — Tout le monde peut vérifier une observation de Schleger, savoir que les liqueurs spiritueuses préparées avec le bois de casse perdent toul-à-fait leur propriété enivrante (51); ce qui vient à l’appui de l’opinion que la casse a une action opposée à celle des alcooliques , savoir qu’elle est hyposlhénisante.
§ Y. Effets dans les maladies. — L’opinion que nous venons d’émettre sur l'action du bois de casse n’aurait pas assez de force si l’expérience clinique ne venait à son aide. Or, l’expérience nous apprend que toutes les maladies qu’on est parvenu à guérir à l’aide de cette substance étaient de nature hypersthénique. Les fièvres intermittentes ont été traitées avec celte plante par Fermin (5-2), par Patris (53), par Clerc (54) ; Schleger coupa à son aide une fièvre quarte opiniâtre, accompagnée de dyspnée et d’enflure de tout le corps (55). Le caractère phlogislique de ces affections est désormais incontestable. Mais si cela n'en est pas une preuve pour quelques personnes, nous leur dirons que les fièvres rémittentes et celles qui sont accompagnées d’exacerbation toujours crois-
(46) Phîl. trans., t. lviit, p. 81.
(47) Mat. rr.ed., p. 355.
(48) Com. in quo nied. quass. virt.
exp., p. 76.
(49) Appar. medic., I. ni, p. 254.
(50) Diss. de quass. et licli. isl. Glosg., 1779, p. 24.
(51) Berl. Samml., 11 Bd., p. 156.
(52) Doser, gcn. hist. et geogr., 1769, t. i, p. 212.
(53) Rozier, Observations sur la physique, 1777, p. 144.
(54) Histoire naturello de l’homme, t. i, p. 427.
(55) Berlin, Samml. cit.
sanie, ont été combattues avantageusement à l'aide du même moyen par Linné (5G) ; les fièvres continues l’ont élé également par de la Borde (57) ; les bilieuses et la fièvre étique, par Schleger (58). Ces maladies ne sont certainement pas hyposlhéniqucs. Le même praticien la conseille contre la leucorrhée, dépendant d’une métrite chronique , et contre l’aménorrhée, q ui suit l'accouchement , maladie bien sûrement inflammatoire.
Le docteur Alix s’est bien trouvé de cette pratique (59). — L’arthrite a élé guérie à l’aide du bois de casse par Sandifort (60), par Bergius (61), par Wahlbom (62), lors même qu’elle était accompagnée de douleurs intenses abdominales et d’asthme (63). Les hémorrhagies, et plus particulièrement l'hématurie et la métronhagie , ont été arrêtées par Bergius (64) et par Schleger (65) ; ces faits appuient parfaitement l’action hyposlhénisànte du remède. Quelques médecins opposeront peut-être une foule de faits contraires pour prouver la prétendue action stimulante du bois de casse.
Ces faits se rapportent à des maladies connues sous les noms de faiblesse d’estomac, langueur des forces durant les
longues convalescences, inappétence, etc.
Les personnes cependant qui sont au courant de ta science savent que les dérangements des fonctions de l’estomac, les langueurs , les dyspepsies , tirent leur source des excès de l’alimentation , et par conséquent des phlogoses sourdes du tube digestif. En conséquence, loin de la contredire, celte objection confirme notre manière de voir.
On comprend que le vulgaire ne puisse pas concevoir que le manque d’appétit, la faiblesse d’estomac, l’abattement général, puissent se rattachera une condition inflammatoire; mais quel est le médecin qui ignore que la langueur d’une fonction est l’effet de l’hypersthénie de l’organe, et que, pour fortifier cette fonction, il faut des remèdes hypo-
(56) Amœnitat. Acad., t. vi. n. 416
(57) Rozier, cité.
(58) Ibid.
(59) Obs. chirurg., t. i, p. 73.
(60) Vct. Acad. Handl., 1770, p. no
(61) Mat. med., p. 355.
(62) Medic. Verkels tilstand., p. 105.
(63) Linneo, Amocn. Acad. cit., n 4e)»
(64) Ouv. c., p. 355. 1 ’
(65) Ouv. c., p. 160.
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sthénisanls ou anti-phlogistiqucs d’après le langage reçu? — L’appétit est un état négatifqui ne peut être produit par 1rs substances hypersthénisantes ; les liyposthénisanU seuls jouissent d’une pareille faculté. Le bois de casse, en effet, n’a é té donné avec avantage que dans la dyspepsie des crapuleux, des buveurs, des goutteux, de ceux qui, par des excès dans les plaisirs vénériens, exaltent leur système circulatoire et bouleversent leur système sensitif (GCJ ; dans la dyspepsie des fièvres lentes ou aiguës (arténtes) (67), etc. Le bois de casse agit merveilleusement dans l’iiypochondriase , accompagnée d’ambliopie et de congestion vers la tète (GS), de vertiges, de douleurs gravatives , de bourdonnement (GO); dans la constipation habituelle, dans la tyinpanite des gens de lettres qui boivent volontiers des alcooliques dans leur vie sédentaire (70) ; dans les distensions considérables de l’abdomen , avec douleurs cardialgiques après le repas (71); dans la dysphagie complète (72) , dans la diarrhée (73), dans la dysenterie (74), dans la colique venteuse (7 5) et dans celle due aux hémorrhoïdes de la vessie urinaire aveç fièvre (76) ; enfin, dans la hernie avec vomissement, tuméfaction abdominale et douleur d’entrailles (77). Toutes ces affections peuvent bien rendre languissante la digestion pendant quelque temps après leur disparition , mais elles sont toutes plilogistiques, de sorte que, si le bois de casse rétablit la digestion, il doit être regardé dans ce cas comme hyposlhénisant.
§ VI. yJppre’çialian de l'action. — D’après ce que nous venons de dire des
(06) Gazette salutaire, 1775.
(67) Patris, cité. — • Rozier, Observations sur la physique.
(68) Wahlbm., ouv. c,
(09) Schleger, cil., p. 102.
(70) Tissot, Sur les maladies des gens de lettres, p. 225.
(71) Gesner, Samml. u. Ilcob. u. d.
Arzneygel, 5 Bd., p. 225.
(72) Todo, Coll. Soc. med. llanu.,
(75) Schleger, cil.
(74) Gotling. Anz. 1778, Zug., p. 736.
— Haller, Præf. ad pbarm. llelv., p. 10.
(75) Linneus, cit.
(76) Schleger, cil., p. 161.
(77) Thorstensen, Diss. de lig. quass.
us. med. Hafn. 1775, p. 3$.